Notre planète brûle. 44 000 espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction, et le seuil de + 1,5 °C fixé par les accords de Paris en 2015 sera atteint dès 2030, en moins d’une génération humaine. L’écologie d’en haut, faite de grands discours et d’engagements internationaux, peine à faire respirer notre planète. Face à cette impasse, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) le rappelle : 50 % des solutions se trouvent entre les mains des collectivités.
À Grigny comme ailleurs, à l’instar du colibri qui œuvre pour éteindre le feu de forêt, nous prenons notre part à la bataille écologique. Contrairement aux a priori, notre ville est verte et contient 50 m² d’espaces verts par habitants. Et, grâce à ses lacs, elle regorge de 644 espèces animales et végétales recensées dans un Atlas de la biodiversité communale distribué aux enfants des écoles de la ville : Mieux connaitre son environnement pour mieux le préserver dès le plus jeune âge !
Mais c’est sur le terrain de la transition énergétique que l’on peut changer le modèle de société capitaliste !
Grâce à sa société publique de géothermie étendue aux villes voisines, Grigny évite chaque année l’émission de 80 000 tonnes de CO₂. Une performance environnementale, également à visée sociale, car elle permet de contenir les factures énergétiques face aux fluctuations du prix du gaz. Fin du monde, fin du mois, même combat !
Sur l’eau, c’est la même alliance entre écologie et pouvoir d’achat. Avec la régie publique de Grand Paris Sud, nous faisons baisser les factures sur la distribution et l’assainissement. Et pour reprendre la main sur ce qui constitue un or bleu pour les financiers, nous bataillons contre Suez qui veut nous vendre des usines de production d’eau dans le Sud Francilien qui ne leur appartiennent pas après la fin depuis plus de 20 ans de la concession publique. Un scandale d’État !
Enfin, Grigny est engagé dans la transition écologique de son tissu industriel. Le départ du site Seveso Antargaz marque une rupture. Sa localisation représentait une menace grave, reconnue et démontrée pour les habitants de notre ville et les 139 000 usagers quotidiens du RER D. Nos villes de banlieue et leurs habitants ne sont pas une poubelle ! Sur le plan industriel toujours, le raccordement de l’usine d’’embouteillage Coca-Cola de la ville à nos sociétés publiques locales de géothermie et à la Régie de l’eau montre qu’une autre voie est possible.
La transition écologique passe aussi par la réhabilitation des bâtiments qui va de pair, là aussi, avec une baisse des factures énergétiques. Elle est au cœur des plans de sauvegarde des copropriétés de Grigny 2, engagés par les pouvoirs publics, qui doivent permettre une amélioration énergétique de 35 %.
À l’heure où l’urgence climatique s’accélère, l’écologie ne se décrète pas. Elle se construit aussi dans nos villes et nos villages, au plus près des préoccupations de nos concitoyens. Une écologie d’en bas, lucide et concrète, qui répond à l’appel du GIEC et donne du sens à l’action publique !
Philippe Rio
Article publié dans CommunisteS, numéro 1069 du 14 janvier 2026.