Fête de l'Humanité 2025 - Discours de Fabien Roussel

Publié le 17 septembre 2025

Mais quel monde ! Quelle fête de l'Huma ! Quel anniversaire pour ces 90 ans ! Je vous remercie d'être toutes et tous présents et si vous me permettez, je ne vais pas saluer les personnalités qui sont venues assister à ce discours, parce que vous êtes tous et toutes des personnalités, et je vous porte dans mon cœur.

90 ans pour la Fête de l'Huma, 90 ans et les communistes peuvent être fiers, fiers de tous ces combats portés ici pour la justice sociale, pour la paix, pour le sport et la culture, contre le colonialisme, contre l'appartheid et pour la liberté des peuples, et contre toutes les formes d'impérialisme. Tous ces combats sont tellement d'actualité, ce sont aussi les nôtres.

Vive la fête de l'humanité !

Et je voudrais avoir une pensée pour un ami, José Fort, un grand journaliste de l'Huma, chef du service inter, qui a beaucoup œuvré au succès de la Fête de l'Humanité et un grand internationaliste et qui a eu la coquetterie de nous quitter hier. Je pense à lui, à sa femme, à ses enfants et à tous les amis du journal l'Humanité qui perdent un grand journaliste.

José, on pense à toi. Et je pense bien sûr à l'équipe de l'Huma d'aujourd'hui qui réussit cette fête. Je les salue. Sofia, bien sûr, la directrice de la fête et Fabien Gay, le directeur du journal qui se bat pour faire vivre ce journal contre vents et marées. Bravo à vous et merci. Merci aux milliers de militantes et militants communistes sans qui cette fête n'existerait pas.

C'est vous les bâtisseurs de la fête avec ce bracelet rouge. Merci.

Et merci à toutes celles et ceux qui viennent ici débattre, participer à nos réflexions, confronter les idées : forces de gauche, syndicales, associatives et que l'on soit d'accord ou pas entre nous, c'est le respect du débat et des idées qui domine ici. Vous serez toujours les bienvenus.
Mes chers amis, mes chers camarades, vous le savez mieux que moi, la chute du gouvernement Bayrou ne réglera rien, ne règle rien des problèmes de la France.

Comme on dit. Le fusible a sauté, mais le tableau électrique est toujours en place. Et nous on pense qu'il faut changer le sens du courant. On a besoin d'un courant alternatif - J'ai pas dit radioactif !

Oui, nous devons obtenir un changement de politique et il y a urgence. Il y a urgence pour le pouvoir d'achat, Urgence pour la démocratie, urgence pour le climat, urgence pour la paix. Celles et ceux qui se sont mobilisés ce mercredi 10 septembre l'ont exprimé avec force. Avec détermination. Et d'abord, ils l'ont fait de manière joyeuse, pacifique, avec parfois des formes de mobilisation originales.

Je les salue et je voudrais dénoncer les provocations policières suscitées par les instructions du ministre de l'Intérieur et je dis à Monsieur Retailleau : c'est vous qui provoquez le désordre et mettez le feu à la France. On ne veut plus de vous, monsieur Retailleau ! Vous faites peur aux Français.

En plus, ce ministre de l'Intérieur, il est nul, et il est chargé du renseignement. Et il a dit à Monsieur Macron ne vous inquiétez pas. Ils seront 100 000. Nous étions plus de 250 000 à nous mobiliser et mercredi dernier, il y a eu plus de 1000 grèves dans le pays, dans les entreprises et surtout beaucoup de jeunes mobilisés, joyeux, heureux de se retrouver dans la rue.

Vive la jeunesse ! C'est à elle de prendre les choses en main. Bravo à vous !

Ils se sont tous retrouvés dans leur diversité. Ils ont exprimé avec force leur colère contre un gouvernement méprisant, contre un président hors sol perché dans son château à l'Elysée, coupé de la réalité de notre pays et de la vie des gens. Ceux qui bloquent le pays aujourd'hui, ce ne sont pas les jeunes, ce ne sont pas les salariés, ce ne sont pas les grévistes.

Les bloqueurs en chef, c'est le président de la République, c'est lui l'ingénieur du chaos. Et nous lui demandons avec force qu'il quitte, qu'il arrête, qu'il lâche prise et qu'il laisse enfin la place à une autre politique en France. Place au peuple, à nous de prendre le pouvoir.

Et c'est pour cela que tout de suite, j'en viens au fait. Le seul message que nous avons à faire passer en cette fête de l'humanité, le seul message, c'est de faire appel à l'intervention des salariés de la jeunesse et d'être nombreux, très très nombreux. Jeudi 18 septembre prochain, à l'appel de l'intersyndicale pour exprimer nos revendications, soyons nombreux partout mobilisés dans les entreprises, dans les lycées, dans les universités.

Notre beau et grand pays à l'histoire si riche, au peuple si fier, qui a su réaliser des exploits, qui a su abolir la monarchie, se libérer du nazisme, gagner de grandes conquêtes sociales. Ce pays reste toujours un beau et grand pays. Et c'est parce que justement nous l'aimons tant que nous voulons tout simplement pouvoir y vivre heureux, en paix, en fraternité, à égalité.

Mais aujourd'hui, malheureusement, la France, qui est la septième puissance économique mondiale, est aussi un pays où des salariés qui travaillent et qui travaillent parfois durement n'arrivent pas à payer leurs factures. Où un retraité qui a cotisé toute sa vie se retrouve avec une pension inférieure au seuil de pauvreté. Sans parler des temps partiels occupés majoritairement par des femmes qui survivent avec des salaires de misère.

Vous voyez, j'ai entendu à la boucherie un monsieur qui venait acheter seulement une tranche de jambon en expliquant au boucher qu'il n'avait plus les moyens d'en acheter plus pour la semaine. Un Français sur trois est obligé de sauter un repas par jour. J'ai vu cette femme faire 20 kilomètres tous les jours à vélo, sous le vent, sous la pluie, pour faire des ménages et pour gagner 900 € par mois.

J'ai rencontré ce jeune couple qui n'arrive pas à se loger parce qu'ils vivent tous les deux à temps partiel. Les loyers sont trop chers et les places en HLM sont rares. 3 millions de nos concitoyens, de nos concitoyennes sont mal logés.

J'ai réuni et rencontré quinze présidents d'université française. Ils ne sont pas d'accord sur tout et d'horizons différents, mais ils alertent sur une chose. Nos universités sont quasiment toutes en faillite. Les étudiants, la recherche sont abandonnés et je leur dis à ces présidents et à ces étudiants nous ne vous abandonnerons pas, nous n'abandonnerons pas les étudiants, l'enseignement supérieur, la recherche et la science. Parce que quand l'obscurantisme avance, nous avons besoin de vous plus que jamais et nous serons à vos côtés pour défendre vos budgets.

J'ai aussi été alerté par le mouvement associatif. Le mouvement associatif, c'est 16 millions de bénévoles dans notre pays, 1,8 million de salariés dans la culture, dans le sport, pour la petite enfance, le handicap pour les personnes âgées. Toutes les associations sont mises à la diète. 186 000 emplois sont menacés. J'appelle toutes les forces de gauche à se mobiliser pour soutenir le mouvement associatif et à refuser toute saignée dans leur budget.

Soyons à leurs côtés. Les associations, c'est un modèle unique dans toute l'Europe. Enfin, à quelques mois des élections municipales, j'entends les maires de gauche et de droite, des maires aussi, sans étiquette de toutes tendances, tous se disent inquiets de devoir faire un budget avec des dotations en baisse et des factures en hausse.

Vous voyez, avec tout ça, j'enrage. Oui, j'enrage de voir comment notre République si forte hier, recule partout, en train de perdre tout ce qu'elle a de meilleur, de beau, d'original. Et voilà pourquoi cette fête, elle est exceptionnelle cette année, car jamais elle ne s'est tenue dans un tel contexte, avec cette colère qui monte, une colère énorme qui monte dans tout le pays, de toutes les générations.

Et cette colère, elle porte en elle quelques germes d'espoir qu'il faut entretenir. Car nos concitoyens commencent à prendre conscience que tous ces gouvernements qui se sont succédés depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, tous ces gouvernements sans exception, nous ont fait les poches pour remplir celles des riches.

Et cette prise de conscience d'une conscience de classe, oserais je dire. Elle grandit, elle grandit devant l'indécence des grandes familles, du Medef qui nous demandent encore aujourd'hui d'accepter de nouveaux sacrifices.

Il faut le dire et être clair là dessus, nous serons sans compromission, intransigeants, irréductibles même. Les sacrifices et les efforts demandés au peuple, aux travailleurs, aux retraités, à la jeunesse, c'est terminé. On a assez donné qu'ils prennent aux riches, mais plus à nous. Terminé.

Et il faut répéter ce chiffre. Moi, je prends la référence de 2017 quand Emmanuel Macron a été élu pour la première fois président de la République : le patrimoine des 500 plus grandes fortunes à son arrivée était de 600 milliards d'euros. Aujourd'hui, huit ans après, il est de plus de 1200 milliards d'euros. Ils ont multiplié par deux leur patrimoine.

C'est tout simplement et purement un braquage des finances publiques, de nos poches vers leurs poches. Cet argent, c'est celui de notre travail. C'est celui de nos richesses, c'est celui de nos impôts. Je leur dis une chose rendez-le nous.

Et ce que je vous dis, c'est réel. Cela a été documenté par différents instituts à l'Assemblée nationale, par nos groupes qui y travaillent. Ils se sont enrichis sur notre dos, vraiment à coups de baisses d'impôts sur les dividendes, à coups de suppression d'ISF, à coups de baisses d'impôts sur les grandes sociétés. Ils ont vidé les caisses de l'État de plus de 60 milliards d'euros par an avec leurs baisses d'impôts sur le capital.

Ne cherchez pas d'où vient le déficit, il vient de là, tout simplement. Il est dans le patrimoine de Bernard Arnault, de François Pinault, de Mittal, de Total, des banques et des assurances. C'est un vol en bande organisée des richesses nationales. C'est le plus grand hold up de toute l'histoire de notre pays.

Ce hold up, il est réalisé sur le dos des classes populaires, de toutes celles et ceux qui contribuent par leur travail, leurs cotisations et leurs impôts à la richesse nationale. Il faut en finir avec ce système. Il faut en finir avec le capitalisme. Que les riches sortent leur porte monnaie et qu’ils rendent notre argent et que les délinquants en col blanc finissent en prison.

Il y a urgence à ce que le peuple soit enfin respecté. Entendu. Il y a urgence à ce que l'État retrouve sa place, toute sa place et que la République revienne. Il y a besoin d'un État qui joue tout son rôle, tout son rôle pour la planification écologique, pour investir, pour former, pour révolutionner nos modes de consommation, de déplacement, de production, pour garantir notre souveraineté et notre indépendance.

Nous avons besoin d'un Etat plus fort, d'un Etat stratège qui organise la relocalisation de la production, qui organise les filières, qui nationalise quand c'est nécessaire, comme à Arcelor, comme dans la chimie avec Vencorex et avec Sanofi. Un Etat juste, un Etat social. Et je pense à ces salariés de ces entreprises qui d'ores et déjà appellent à se mobiliser le 18 septembre prochain.

Et nous leur disons que nous, communistes, avec nos parlementaires, nous nous battrons pour la nationalisation de ces entreprises indispensables à l'industrie et au climat.

Enfin, nous avons besoin d'un Etat qui protège ses enfants, qui prend soin de son peuple, tout simplement. Or, à force de vider les caisses de l'Etat, ils ont abîmé la République, ils ont abîmé nos services publics, ils ont laissé même parfois les mafias prospérer dans les quartiers, dans nos villes. Pauvre France, ma pauvre France ! Comment s'occupe t il de tes enfants ?

Et pour en rajouter, voilà qui nous impose une économie de guerre. Et je voudrais m'arrêter un instant sur ce sujet pendant que tout le monde s'agite pour savoir qui sera ministre demain. Les bruits de bottes claquent en Europe et l'industrie de la guerre tourne à plein.

Nous avons, nous communistes, toujours été clairs sur ce sujet et sur ce conflit en Ukraine. Oui, il y a un pays qui a violé le droit international, la Russie, et un autre qui est occupé, l'Ukraine. Et cela fait trois ans que cela dure trois ans, sans chercher d'autres options que l'option militaire. Et aujourd'hui, l'économie de guerre s'impose à toute l'Europe avec d'immenses sacrifices pour tous les peuples.

Ceci est dangereux et le président de la République, quand je le vois réunir une coalition dernièrement, je le dis le Président de la République française est un va t en guerre qui ne pense plus qu'à une chose prendre la tête d'une grande coalition prête à faire la guerre à la Russie. Nous en voulons pas. Nous ne voulons pas de cette guerre.

Et il faut y mettre un terme.

Mais cette escalade est dangereuse. Vous avez vu ce qui s'est passé avec les drones qui ont survolé l'espace aérien de la Pologne dernièrement ? C'est grave. Cela doit nous alerter tous parce que cela s'est déjà produit par le passé. La moindre étincelle, la plus petite provocation, la moindre barbouzerie organisée, tout cela, d'où que cela vienne, peut conduire à la guerre totale et au feu nucléaire.

Alors oui, clamons le, il faut arrêter avec la logique de guerre. Il n'y aura pas de solution militaire à ce conflit. Tout doit être fait pour mettre fin au carnage.

Je vois que vous partagez cette colère qui monte de plus en plus et que vous entendez comme moi contre l'économie de guerre. Mais parce que nos concitoyens commencent aussi à le ressentir et à le comprendre, c'est que l'économie de guerre, non seulement c'est pour acheter des bombes, mais aussi ça coûte cher pour notre pays. Eh bien quand justement tout le monde dit que le pays est en crise et en crise économique, eh bien il faut savoir où on met l'argent.

Est ce qu'on met l'argent dans les bombes ou est ce qu'on met l'argent dans les écoles ? Pour nous, c'est clair, je préfère 1000 fois faire pousser des têtes que de les couper.

Mettons l'argent dans les écoles et dans les hôpitaux. Pas dans les armes, pas dans les bombes. Notre camp sera résolument celui de la paix, celui du respect du droit international, celui de la sécurité des peuples européens. De Brest à Vladivostok. Et cette paix, nous ne la construirons pas en restant enfermés dans l'OTAN et alignés sur les Américains.

Les guerres par procuration, c'est terminé aussi. Il faut imposer la paix en Ukraine, sortir de l'OTAN et travailler à la sécurité collective des peuples européens. Et sans les Américains.

Tout cela, je le dis aujourd'hui à Monsieur Lecornu, Monsieur Lecornu. Parlons en. D'abord, Monsieur Lecornu, et c'est pour cela que j'ai commencé par l'Ukraine. C'est le ministre de la guerre, et je vois bien justement pourquoi Monsieur Macron l'a nommé Premier ministre. C'est pour lui une garantie d'avoir les mains libres concernant l'Ukraine et cela, ça doit nous interpeller.

C'est aussi le cinquième Premier ministre depuis 2022. Alors avant, on disait tout changer pour que rien ne change. Aujourd'hui, on ne peut même plus le dire car c’est devenu : rien changer pour que rien ne change.
Et chez moi, à Saint-Amand-les-Eaux, quand ils ont vu Sébastien Lecornu, ils se sont dit : Mais c'est qui celui là ? Puis ils ont vu le pédigrée.

Ça fait huit ans qu'il est ministre de tous les gouvernements. Alors ils se sont exclamés Monsieur Lecornu, c'est vert chou et chou vert, Bayrou Lecornu, c'est du pareil au même. C'est bouc et bique et bique et bouc. Je ne vais pas vous faire toutes les expressions. Mais c'est ce qui ressort de ce changement de Premier ministre.

Il est toujours issu du même camp et il a une lourde responsabilité. D'abord celle d'entendre ce qui se dit dans le pays et de répondre à la colère, aux angoisses de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Et je veux aussi être très clair là dessus et je profite de cette tribune pour lui faire passer ce message.

Que les choses soient claires. Pour nous, oui, il y a besoin de ruptures claires et franches et nous ne transigerons pas sur ces questions. Et je le préviens que sans rupture claire et franche, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et s'il le faut, nous appuierons sur le bouton de la censure et il sera démis de ses fonctions.

Nous n'avons pas peur de cela. Que ce soit bien clair.

Et si le président de la République vient nous menacer en nous disant Mais si vous le censurez, c'est une nouvelle dissolution et bien dont acte.
Nous n'avons pas peur de retourner au peuple. Nous n'avons pas peur des élections. Ils ont plus à perdre que nous. La gauche. Nous sommes prêts et nous y travaillons.

Mais avant d'en arriver là, nous voulons, nous communistes, d'abord faire appel au mouvement social, à l'intervention des salariés dans cette période, exprimer ce que nous voulons clairement. Et c'est pour cela que c'est à vous, c'est à nous, c'est aux syndicats, à la jeunesse, aux travailleurs de prendre la main, d'imposer une nouvelle politique, de les empêcher de poursuivre leur politique de destruction.

Notre priorité, c'est de mettre la pression la plus totale, la plus forte sur le nouveau locataire de Matignon. Alors, le 18 septembre prochain, nous envahirons toutes les rues de France. Soyons nombreux, soyons forts, soyons unis.

Et pour notre part, en tant que force politique, quand nous le verrons, nous exprimerons quatre exigences. Pour être simple et clair quatre.
Premièrement, toutes les mesures toxiques et scandaleuses contenues dans le budget Bayrou. Dehors les deux jours fériés à travailler, le doublement des franchises médicales, la non indexation de l'allocation adulte handicapé, etc, etc. Niet, on n'en veut pas.

Deux. Une augmentation générale des salaires. Relancer le pouvoir d'achat, cela passe par les salaires. Le travail doit payer.

Et bien sûr. Troisièmement, nous demandons l'abrogation de la réforme des retraites. Allez-y, osez le faire. Les travailleurs vous remercieront.

Et enfin. Quatre. De la justice fiscale. Que les riches payent, que les gros paient gros et que les petits payent petit, On n'arrête pas de leur répéter et c'est ultra majoritaire dans le pays. Eh oui ! Justice fiscale. Oui, c'est possible d'établir un impôt minimal de 2 % sur les patrimoines des foyers au dessus de 100 millions d'euros.

Regardez comme nous sommes magnanimes ! Seulement ceux qui ont 100 millions d'euros de patrimoine - 1800 familles seulement concernées - et ils résistent fort quand même. Oui, il est possible de rétablir l'ISF. Oui, il est possible de faire cotiser les revenus du capital pour les retraites, pour notre modèle social, pour la sécurité sociale.

Et bien sûr qu'il est possible et même nécessaire que l'Etat demande des comptes aux grandes entreprises qui touchent 211 milliards d'euros d'aides publiques. Et merci à Fabien Gay d'avoir révélé ce chiffre énorme qui montre que l'argent existe. Qui montre que le capital, ces grandes entreprises reçoivent des sommes astronomiques provenant de nos impôts, sans rien demander, sans évaluation, sans aucun contrôle.

Ils ne savent même pas d'où vient cet argent, mais ils le prennent et ils l'encaisse. Merci à Fabien Gay pour toutes tes propositions pour ce travail remarquable. Karl Marx te le rendra au centuple.

Enfin ! Enfin, parlons de la dette. La dette, La dette, La dette, la dette, La dette. Mais ils vont arrêter avec ce discours culpabilisant sur la dette. Comme si vous qui avez déjà du mal à compter vos sous, vous seriez responsables de la dette. Les responsables de la dette, ce sont eux. C'est eux qui l’ont accrue.

L’augmentation de la dette de 1000 milliards d'euros en l'espace de huit ans, ce sont eux les responsables. Cette dette, elle sert d'excuse, tout simplement. Elle sert d'excuse pour nous faire payer toujours plus, pour que ce soient toujours les mêmes qui payent : les travailleurs et jamais le capital.
Eh bien, nous voulons tout simplement changer de logique. Nous voulons arrêter la politique de l'offre, relancer la consommation par le pouvoir d'achat, par les salaires, par de bonnes retraites, par l'investissement.

C'est cela ce que nous voulons comme rupture. Et c'est le pacte pour la France, le pacte d'avenir pour la France que nous proposons et que nous mettons en débat. C'est une promesse d'avenir.

C'est le parti pris du travail et de la paix, celui du renouveau industriel, de la relance et de la transition écologique que nous prônons. Ce que nous proposons avec ce Pacte pour la France, c'est tout simplement de mettre sur la table 500 milliards d'euros en l'espace de cinq ans 100 milliards d'euros par an, 100 milliards d'euros par an, ça peut vous paraître fou.

Alors, tout le monde vous dit : il faut faire des économies. Mais non, au contraire, comme le font d'autres pays qui font ce choix d'utiliser massivement le “bazooka monétaire” pour relancer la croissance et produire des richesses. C'est le choix que la France doit faire aussi investir, investir massivement et retrouver la France des bâtisseurs, celle qui se projette sur l'avenir, celle que nous avons su reconstruire au lendemain de la guerre.

C'est une France unie, heureuse de se retrousser les manches, de travailler, de réparer le présent et de construire l'avenir et bien sûr, à égalité, sans exploitation, sans domination et sans gavage des actionnaires.

Cela peut vous paraître des sommes folles 100 milliards d'euros par an, mais rien que pour la transition écologique des investissements colossaux sont nécessaires et nous ne pourrons pas les financer rien qu'avec un ISF ou une taxe Zucman. Le plan climat que le parti communiste français a présenté l'année dernière a chiffré à 100 milliards d'euros par an l'argent à injecter pour que notre pays respecte sa trajectoire carbone. C'est 100 milliards d'euros pour le ferroviaire, pour construire des logements, pour l'énergie, les énergies renouvelables et pour les centrales nucléaires, pour le train, pour le métro.

C'est comme cela que nous baisserons le prix de l'électricité, le prix du train, le prix des loyers.

Ce sont des sommes qui peuvent donner le vertige, mais qui sont équivalentes à ce que les marchés financiers nous prennent tous les ans en intérêts de la dette. Et c'est aussi la somme qu’ont versée l'année dernière les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires. La dette, il ne faut pas les laisser en parler comme ils le font quand ils vous parlent de la dette, parlez leur de nos enfants et de leur avenir.

Ils veulent moins d'Etat. Et bien nous on en veut plus pour protéger et pour produire. Et c'est pour cela que nous avons besoin d'un vaste plan d'investissement, que nous avons besoin d'embaucher dans nos écoles, dans nos hôpitaux, pour éduquer, pour soigner, pour protéger et renouer avec une République sociale et laïque. Le travail ne paye pas, la vie est chère.

Eh bien oui, il faut augmenter les salaires et nous demandons l'augmentation du SMIC à 2 000 € brut et une hausse de 10 % du point d'indice des fonctionnaires. Et tous les salaires doivent être indexés sur le SMIC. Cela s'appelle l'échelle mobile des salaires. Ça a existé. Remettons-la en place.

Oui, il y a besoin de redonner de l'air aux travailleurs et aux boomers. Les retraités. Mais les retraites, il faut les augmenter. Il faut supprimer la CSG. Il faut rétablir la demie-part pour les veuves.

Quand les retraites augmentent, l'argent ne part pas dans les paradis fiscaux. Ils le dépensent, ils aident leurs petits enfants, ils font tourner l'économie. Oui, il faut redonner de l'air aux travailleurs et aux boomers, car quand la France étouffe, ce n'est pas sous le poids de la dette. La France, elle, crève du libéralisme et c'est pour cela qu'on le combat.

Vous le voyez, nous ne lâchons rien de nos combats, de nos espoirs pour faire gagner les jours heureux et la paix. La paix si malmenée par tous les impérialismes qui resurgissent dans le monde. Comme si les leçons de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Oubliées. L'impérialisme, c'est cette volonté de dominer les peuples pour prendre leurs richesses et les soumettre en les privant de leur autonomie, de leur liberté, de leur indépendance.

Et c'est au nom de cet impérialisme que de nouveaux dirigeants américains, intégristes, religieux, d'extrême droite imposent à l'Union européenne et à la France d'être toujours plus leur vassal. Nous ne l'acceptons pas, nous le l'accepterons jamais. Nous refusons cette ingérence dans nos politiques et c'est aussi un message à faire passer au nouveau Premier ministre. La soumission de la présidente de la Commission européenne auprès de Donald Trump cet été est une capitulation de la France inadmissible.

Et entre nous, soit dit que la présidente de la Commission européenne fasse cela, c'est mettre fin définitivement à cette Europe libérale dédiée aux marchés financiers. Pour nous, que ce soit les droits de douane qui vont pénaliser encore plus notre économie, que ce soit le gaz naturel liquéfié américain qu’on nous impose d'acheter ou encore les 600 milliards de dollars à investir là bas au détriment de notre industrie.

Nous disons non et c'est pour cela que nous demandons que le Parlement français soit saisi. Il faut, sur ce sujet, sur ce traité, un référendum pour demander au peuple son avis et nous lui dirons de dire non. Non à cette soumission aux États-Unis.

Oui, la France doit faire respecter le peuple français, doit se faire respecter. Et si la France doit se faire respecter sur la scène internationale, elle doit aussi se faire respecter tout simplement et faire respecter tout simplement le droit international.
Ils sont nombreux et fermes à vouloir le faire respecter en Ukraine.

Nous, nous demandons de faire respecter le droit international pour tous les peuples aujourd'hui qui se battent pour leur liberté, pour le peuple cubain, pour le peuple sahraoui, pour le peuple kurde, pour tous ces peuples qui se battent avec des résolutions de l'ONU pour leur droit à vivre, libres et indépendants.

Et nous sommes à leurs côtés et bien sûr, bien sûr, nous sommes aux côtés du peuple palestinien. Qui subit un génocide. Qui subit un génocide en ce moment même…

Comment supporter l'inaction de tous ces gouvernements face à un génocide ? Comment supporter l'inaction de tous ces gouvernements et celui de la France ? Quand 18 000 enfants sont déjà tombés morts sous les bombes ou sous les balles des soldats israéliens, 18 000 enfants. Comment accepter qu'un chef d'État, Netanyahou se comporte en véritable terroriste, massacre des civils et utilise la famine comme arme de guerre ?

Ce gouvernement d'extrême droite, tout comme les dirigeants du Hamas, devra rendre compte à l'humanité tout entière.

Ce gouvernement d'extrême droite, comme les dirigeants du Hamas, devra rendre des comptes à l'humanité tout entière. Ah oui, ils ont rasé Gaza et ils cherchent maintenant à annexer toute la Cisjordanie. Alors soyons clairs, la France doit faire bien plus que des communiqués, des déclarations. Elle doit agir, agir vite car chaque jour qui passe, ce sont des dizaines de morts supplémentaires.

Monsieur Macron s'est engagé à reconnaître l'État de Palestine. Oui, c'est une étape importante. Mais maintenant, maintenant, il faut briser le blocus à Gaza et apporter l'aide humanitaire en urgence, en urgence.

Il faut protéger la flottille en route. Actuellement, mais il faut faire plus.

Et je demande au président de la République, solennellement, dès qu'il aura reconnu l'État de Palestine, de mettre en place une flottille humanitaire officielle encadrée par les marines nationales des pays qui l'accepteraient et sous mandat de l'ONU pour briser le blocus et apporter l'aide dont les Gazaouis ont besoin.

Ça, c'est concret. Oui, il faut agir et agir vite pour aider nos amis palestiniens, pour aider les otages encore détenus par le Hamas, pour libérer aussi les prisonniers politiques palestiniens encore détenus comme Marwan Barghouti, 23 ans, 23 ans de prison, 23 ans que nous sommes à ses côtés pour exiger sa libération.

Et comme Mandela avant lui, nous plaçons en Marwan Barghouti et dans l'OLP tous nos espoirs pour une Palestine libre, laïque, démocratique, vivante, en paix, aux côtés de l'État et du peuple israélien.

Et nous soutenons et nous soutenons toutes celles et ceux qui se battent là bas en Israël, subissant eux aussi les humiliations, les injures, les répressions. Et je salue la présence ici de notre ami et camarade Ofer Cassif , député communiste israélien.

Je salue aussi la délégation de l'OLP conduite par Ahmed Saïd Tamimi et je salue notre ami ambassadrice de Palestine. Cette belle délégation de Palestine. Merci d'être avec nous. Merci de ce combat que vous menez. Bravo !

Les amis ! Je vous l'ai déjà dit et je veux donner des éléments de confiance à toutes celles et ceux qui se battent pour la libération du peuple de Palestine. Je veux vous donner des éléments de confiance et vous dire pour toutes celles et ceux qui se battent depuis des années, comme pour les jeunes générations qui parfois peuvent désespérer et douter parce que rien n'avance.

Je veux vous dire cette chose. C'est que le peuple palestinien va gagner. Parce que l'histoire du Parti communiste français vous le dit. Parce que le Parti communiste français s'est battu aux côtés des Algériens et du FLN. Et nous avons gagné parce que le Parti communiste français s'est battu aux côtés des Sud-Africains de l’ANC contre l'appartheid. Et nous avons gagné.

Eh bien, le Parti communiste français se bat aux côtés du peuple palestinien et de l'OLP et nous gagnerons de la même manière.

Rien. Rien ne peut empêcher un peuple de gagner sa liberté et son indépendance. Même les armées les plus fortes et les plus grandes. Et c'est pour cela que nous sommes bien sûr aux côtés du peuple palestinien. Et je dis aussi que nous gagnerons.
Nous gagnerons en rassemblant largement. Il faut que ce mouvement soit populaire, très large, en refusant d'ailleurs d'opposer dans ce conflit musulmans et juifs, palestiniens et israéliens, en refusant le terrorisme comme forme d'action, d'où qu'il vienne, du Hamas comme de Nétanyahou.

Et je veux vous dire qu'il y a en Israël comme en Palestine, des hommes et des femmes de toutes confessions, épris de paix, de justice et de liberté, qui se battent pour une solution à deux États. Et c'est avec eux que nous voulons nous battre.

Et c'est pour cela que nous avons construit ces dernières semaines, avec l'ensemble des forces de gauche, du mouvement associatif, un rassemblement dans la diversité de nos opinions pour pousser le président Macron à ce qu'il fasse plus que la reconnaissance de l'État de Palestine. Et nous vous invitons à participer à la plus large, la plus grande des manifestations que nous devrions faire.

Le dimanche 21 septembre prochain, à l'appel de toutes les organisations qui se battent depuis le début. Faisons de cette Journée internationale de la paix la Journée de la Palestine dimanche prochain. Soyons nombreux, partout et dans toute la France. Vive Palestine ! Vive Palestine !

Mes chers amis, nous sommes, vous l'avez vu, le Parti du travail et le Parti de la Paix. Et ces deux sujets, nous voulons les mettre au cœur de cette rentrée. Nous voulons pouvoir agir sur le réel et donner de l'espoir en même temps. Et nous ne voulons pas laisser l'extrême droite, ses financiers et ses médias jeter un voile noir sur la République.

Ceux là, ces dirigeants, ne seront jamais du côté du peuple et du monde ouvrier, quoi qu'ils en disent. Ceux là, ces dirigeants du Rassemblement national et de tous ces partis d'extrême droite, ce sont des financiers, des milliardaires avec des députés du Rassemblement national qui aiment bien cumuler les mandats et cumuler les émoluments et qui gagnent jusqu'à des 10 000 € par mois et qui viennent donner des leçons aux ouvriers.

Je peux vous dire que le Rassemblement national ne soutient pas les hausses de salaires, ne soutient pas le retour de l'ISF. Ils n'ont qu'un seul mot à la bouche : l'étranger dont ils veulent faire le bouc émissaire de tous les maux de la terre. Et c'est pour cela que nous combattons toutes ces forces d'extrême droite.

Bravo au journal l'Humanité pour ces révélations sur le milliardaire Sterin et tout notre soutien aux journalistes menacés dans leur travail.

Mais pour lutter contre l'extrême droite, nous avons besoin aussi que la gauche soit au rendez vous. Nous, toute la gauche, que la gauche écoute ce que le pays a à lui dire et qu'elle parle son langage, qu'elle consacre son énergie à démontrer, sa volonté et sa capacité à transformer en profondeur la société. C'est la condition pour retrouver le chemin du peuple et la confiance d'une majorité de Françaises et de Français.

C'est la condition pour construire toutes les victoires. Celle de cette rentrée, celle de 2026 avec les municipales comme celles de 2027. Et je vous le dis, nous ferons tout, nous communistes, pour être au rendez vous des rassemblements les plus larges, les plus efficaces, les plus proches des attentes du terrain. Le rassemblement. Nous n'aurons que ce mot à la bouche.

Bien-sûr que nous avons des différences. Bien-sûr que nous avons des désaccords. Je pense plutôt que c'est une richesse et qu'il faut pouvoir les accepter, qu'il faut même pouvoir en débattre entre nous, mais en débattre surtout avec vous. Et c'est ce que je propose et que je conseille de faire. Ne faisons pas des élections, des affaires de personnes, de casting et d'ego.

Mettons-nous humblement au service du peuple, au service de nos concitoyens, au service de leurs attentes et écoutons-les.

Et en cette heure, et en cas de dissolution, mettons-nous au service d'une belle et grande dynamique en faveur du changement en se rassemblant et en nous unissant. Et pour cela, je finirai là dessus. Ça vous étonnera pas. Je vous dirai que nous avons besoin, pour que la gauche soit forte, d'un parti communiste plus fort et plus influent partout dans les entreprises, dans les quartiers, dans les villages.

N'hésitons pas à proposer aux uns et aux autres en ce moment même, de rejoindre notre beau et grand parti. Et je peux vous dire une chose et je sais qu'il y a ici mes camarades du Parti socialiste, du parti écologiste, d'autres formations de gauche et sans aucune jalousie. Je veux leur dire que je suis fier d'être le secrétaire national, peut être du plus beau parti de France, le plus généreux à la plus belle histoire, aux plus grandes conquêtes sociales.

Merci à vous, communistes français, pour votre dévouement, votre engagement, votre sincérité, votre honnêteté dans vos combats. Et à toutes celles et ceux qui hésitent encore, franchissez le pas, rejoignez la famille, rejoignez le Parti communiste français.
Nous vous attendons les bras ouverts. Nous sommes une belle, une belle force humaine au service du peuple et de la paix. Alors construisons ensemble ce rassemblement faisons ensemble ce beau front populaire, porteur d'une grande ambition pour la France, pour la République, pour des jours heureux et pour la paix.

Vive le Parti communiste français,
Vive la République laïque et sociale et féministe !
Vive la France !