150 millions d’euros. C’est la valorisation annoncée pour la cession du pôle défense d’Europlasma, qui comprend notamment les Forges de Tarbes, site stratégique de production de corps d’obus. Derrière cette opération, ce sont des chasseurs de primes financiers et un système de financement opaque qui interrogent. Pour financer cette reprise, Europlasma s'appuie sur Alpha Blue Ocean, un fonds d'investissement domicilié aux Bahamas et à Dubaï.
Cette affaire n'est pas un accident de parcours : c'est le produit d'un choix politique assumé, celui de vendre les outils de souveraineté industrielle à la découpe pour les intérêts des spéculateurs et des fonds de pension. Ce soi-disant « sauvetage » est en réalité un abandon pour les intérêts d’un fonds domicilié dans les paradis fiscaux.
Il est d’autant plus scandaleux que le pôle défense d’Europlasma a été consolidé avec 15 millions d’euros de prêts et subventions publics, mobilisés depuis 2021 pour accompagner ces reprises. Cette somme a été engagée sans qu’aucune garantie n’ait été exigée sur le maintien des emplois, sur les investissements réellement réalisés, ni sur ce qu’il adviendrait de ces sites en cas de revente.
Voilà le type d'acteur auquel notre pays s'apprête à confier la production de munitions pour nos armées.
Le PCF salue la mobilisation constante des salariés et de leurs organisations syndicales, en particulier la CGT, qui alertent depuis des années sur la fragilité de ce montage et sur l'absence d'investissements réels. Ce sont eux qui, à chaque étape, ont porté l'exigence de garanties concrètes pour l'emploi et pour l'avenir industriel de ces sites.
Jusqu’à ce jour, seuls les salariés, dépositaires de l’intérêt national, avec leurs organisations syndicales, ont défendu cette industrie stratégique.
Aucune décision sur l'avenir de ces usines stratégiques ne peut se prendre sans eux : ils doivent être associés à toutes les discussions, avec un droit de regard sur les engagements du ou des repreneurs.
Le PCF et Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle, exigent :
L’arrêt immédiat de tout processus de cession du pôle défense d'Europlasma à un acteur financier n'offrant pas les garanties de transparence, de pérennité et de contrôle public ;
Le remboursement intégral, par Europlasma, des aides publiques perçues depuis 2021 : Cet argent a été versé pour maintenir une filière de défense.
stratégique, pas pour permettre à ses actionnaires de la céder et d'en encaisser la plus-value. Un groupe qui abandonne l'objectif pour lequel l'argent public lui a été confié doit le restituer ;
un audit public et transparent de l'ensemble des aides d'État mobilisées depuis 2021 pour les reprises menées par Europlasma, avec publication de leur usage réel ;
la mise en place de clauses de conditionnalité contraignantes sur les aides publiques, assorties de sanctions réelles et d'un remboursement obligatoire en cas de non-respect, portant sur l'emploi, les investissements et des critères sociaux et environnementaux ;
L’association des représentants des salariés à toutes les étapes des négociations ;
La construction d'un véritable pôle public national des industries de défense, sous contrôle de la Nation, seul à même de garantir durablement nos capacités de production, nos emplois et notre indépendance stratégique.
Notre industrie de défense n'est pas un actif financier que l'on peut brader au plus offrant depuis un paradis fiscal. C'est un outil de souveraineté nationale, qui doit rester entre les mains de la Nation et des travailleurs qui le font vivre.
Parti communiste français, 19 septembre 2026