Oui à la défense nationale, non aux valets d’armes

Publié le 27 novembre 2025

De nouveau, le président de la République aura, lors de son allocution de Varces-Allières-et-Risset, revêtu les habits de chef de guerre autoproclamé. Il aura poussé encore plus loin les feux d’une politique belliciste, d’un césarisme guerrier. Il se sera inscrit dans une escalade qui peut être sans retour et prend délibérément le risque de la généralisation de la guerre en Europe. Et nul n’est dupe, par sa posture martiale et anxiogène, il aura voulu justifier et aggraver l’austérité dont sont déjà victimes les Françaises et les Français. C’est d’une ponction de 6,7 milliards d’euros supplémentaires que cette politique menace les finances publiques sur les prochaines années.

Même si Emmanuel Macron se défend de vouloir expédier les futurs recrutés de son nouveau service national hors de nos frontières, c’est bien la perspective d’un envoi de troupes en Ukraine qui constitue la toile de fond des annonces de ce 27 novembre. Cette escalade irresponsable peut demain nous mettre en confrontation avec la Russie, c’est-à-dire avec une autre puissance nucléaire, avec des conséquences incalculables !

Ce chef de l’État désavoué par l’immense majorité de nos compatriotes plonge ainsi la nation dans l’inconnu, sans que la représentation nationale ait pu en débattre et se prononcer, et choisit cyniquement de provoquer la peur pour maintenir son pouvoir vacillant. C’est un calcul irresponsable !

Un projet de service national au service d'une politique belliciste

Le projet de service national montant en puissance ne redonnera pas à la France les moyens de reprendre en main sa défense.

Conçu sur la base d’un volontariat rémunéré sous le Smic, il s’adresse manifestement à une jeunesse précarisée et privée d’avenir véritable par les politiques qui désindustrialisent régulièrement la France, rendent exsangue l’Éducation nationale et démantèlent nos services publics. Il réduit une partie de nos enfants à une force d’appoint pour une politique de guerre ouverte. C’est le retour aux valets d’armes !

Comment parler de défense nationale alors que l’exécutif s’inscrit dans la soumission à l’OTAN de tous les États membres de l’Union européenne et qu’il laisse démanteler nos industries stratégiques ? Où est d’ailleurs la réaction de la France au scandale de corruption qui gangrène l’Alliance atlantique ?

La France paie aujourd’hui le prix de plusieurs décennies de politiques libérales et atlantistes de renoncement à un outil de défense indépendant et modernisé.

Pour une défense nationale républicaine et populaire

Le Parti communiste français défend une tout autre conception de la défense nationale. Celle-ci qui doit être placée sous contrôle de la nation et de ses représentants.

Notre conception républicaine d’une défense nationale et populaire s’inscrit, non dans une montée des tensions, mais dans la construction d’une politique de paix et de sécurité collective.

C’est dans cet esprit que les communistes s’étaient opposés à la suspension de l’appel sous les drapeaux et à la professionnalisation des armées en 1996. Il sont aujourd’hui favorables au modèle d’une armée mixte. Plutôt que de se voir imposer les décisions solitaires d’un président à bout de souffle, le pays a besoin d’un grand débat national impliquant ses élus, ses forces vives, ses organisations de jeunesse, sur l’opportunité de mettre en place un service national de type nouveau.

La mobilisation de la nation et de sa jeunesse autour de nos besoins de défense supposerait, non un enrôlement au rabais de quelques milliers de jeunes sous-payés, mais l’implication de tous et toutes dans un processus associant besoins de la défense et formations professionnelles, rémunéré par une solde correcte comptant pour la retraite. Seul un tel débat démocratique de toute la société française permettra de répondre aux enjeux contemporains de cohésion nationale et de sécurité collective du pays.

La France doit agir pour la paix

La France, fidèle à son histoire et forte de sa qualité de membre permanente du Conseil de sécurité, doit prendre des initiatives politiques et diplomatiques pour la paix et la sécurité collective en Europe, de l’Atlantique à l’Oural.

Les peuples européens, le peuple ukrainien et le peuple russe partagent un seul continent et des intérêts communs pour la paix. C’est une coalition de pays volontaires pour la paix en Europe, pour une paix juste et durable en Ukraine, qu’il convient de former, sur la base de la souveraineté, de l’indépendance et de la neutralité de l’Ukraine.

Cette nécessaire refonte de la sécurité européenne, peut et doit s’opérer sur la base de l’esprit de la conférence d’Helsinki, et non dans la logique de blocs imposée par les États-Unis à l’UE. Cela implique la sortie immédiate du commandement intégré de l’OTAN, premier pas vers la dissolution de ce bras armé des États-Unis.