Un projet communiste pour l’école de demain

Publié le 09 septembre 2026

La rentrée scolaire, dernière du quinquennat Macron 2, se déroule dans un contexte de crises multiples aggravées par un gouvernement qui poursuit sa politique de baisse de la dépense publique en matière d’éducation.

La canicule a, une nouvelle fois, mis en évidence l’inadaptation des locaux scolaires face au changement climatique. Si des travaux sont ponctuellement engagés, ils ne peuvent faire face à l’ampleur de la situation qui demanderait un plan national ambitieux et déterminé. D’autant que perdurent des états de vétusté des bâtiments qui contraignent élèves et personnels à travailler dans des conditions indignes et insalubres. Mais le gouvernement Lecornu décide de baisser de 40 millions le fonds d’aide à l’adaptation des locaux scolaires au réchauffement climatique.

À l’instar d’autres ministères, l’Éducation nationale a été victime d’une cyber-attaque durant l’été. Ce sont des milliers de dossiers scolaires d’élèves, d’informations sur les personnels qui ont été dérobés. Dans plusieurs académies les outils informatiques de gestion administrative des établissements étaient inutilisables. Face à cela, le silence du ministère est révélateur du peu d’investissements engagés pour la sécurisation informatique des outils et des informations confidentielles des agents et des élèves.

La baisse démographique est utilisée comme un argument imparable par le gouvernement pour justifier de la suppression de plus de 4 000 postes alors que la baisse de la natalité ne concerne pas pour cette rentrée l’enseignement secondaire, collèges et lycées. Et ce serait oublier un peu vite que durant le boom des années 2000, l’augmentation des effectifs n’a pas suivi la courbe démographique, et dès 2008 on a réduit les volumes horaires d’enseignement. D’abord dans le 1er degré puis dans le secondaire, privant les élèves de France d’une année et demie d’heures de classe sur le temps de la scolarité obligatoire.

Parcoursup et MonMaster ont entraîné un nouvel été de stress et d’insatisfactions qui confirme l’incapacité actuelle de l’enseignement supérieur à rendre possibles tous les projets de poursuite d’études. Le tri social qui en résulte renforce les inégalités et signe le renoncement politique à une véritable démocratisation de l’accès aux études supérieures.

Enfin, la crise d’attractivité des métiers de l’Éducation se confirme. Les profs restent parmi les plus mal payés de l’Union européenne, la formation initiale au rabais, des conditions d’enseignement dégradées et la poursuite de la précarisation des personnels de l’Éducation en sont les causes, conjuguées à une offensive libérale et réactionnaire sur le sens de l’école, le rôle des enseignants, leurs missions.

Face à ces crises les enseignants se mobilisent au travers d’une journée d’action intersyndicale prévue le 29 septembre prochain. Dans de nombreuses communes, parents et enseignants se mobilisent contre les fermetures de classe.

Fabien Roussel, au travers d’une lettre adressée aux enseignants, leur a apporté le soutien des communistes dans les luttes qui émergent en cette rentrée et porte une autre vision qui affirme la nécessité d’investir dans l’Éducation pour permettre une démocratisation réelle qui, à l’opposé des politiques de tri social, promeut l’accès aux savoirs et à la pensée critique pour toutes et tous. Il en va de l’émancipation intellectuelle, culturelle et sociale des citoyen·ne·s et des travailleur·euse·s et de la capacité de notre pays à répondre aux enjeux des évolutions climatiques, économiques et sociales.

C’est pourquoi le PCF propose un « projet communiste pour l’école de demain ». Il témoigne de la volonté, depuis le Plan Langevin Wallon, de penser l’avenir de l’école dans les perspectives d’une égalité réelle d’accès à des savoirs émancipateurs.

Sébastien Laborde
membre du Conseil national

Article publié dans CommunisteS, numéro 1099 du 9 septembre 2026

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