En cette rentrée 2026, ils sont 126 652 candidats à s’être retrouvés sans aucune proposition à l’issue de la phase principale de Parcoursup, le 11 juillet. Un chiffre qui donne le vertige. La phase complémentaire, qui se poursuit jusqu’au 10 septembre, n’avait permis à guère plus de 83 000 candidats de décrocher une place l’an dernier. De nombreux jeunes quittent leur cursus après la rentrée.
À quelques jours de la rentrée, les jeunes arrivent la boule au ventre, avec le devoir de choisir leur vie dans l’urgence.
Cette angoisse n’est pas anecdotique. 86 % des jeunes se déclarent inquiets lorsqu’ils pensent à leurs choix d’orientation. Comment pourrait-il en être autrement ? Les jeunes sont de plus en plus exposés à la précarité. Au deuxième trimestre 2026, le chômage atteint 21,6 % chez les 15-24 ans, contre 8,3 % pour l’ensemble de la population active.
Autrement dit, on demande aux jeunes de bien choisir leur orientation sans perspectives d’emploi pour les accueillir.
Une course à l’orientation sans ligne d’arrivée
Face à cela, le gouvernement ressort toujours la même carte.
En 2026, l’exécutif a reconduit les aides aux employeurs qui recrutent des apprentis, principal levier d’attractivité de la filière. Sauf qu’un jeune n’a pas son avenir assuré simplement parce qu’on lui a trouvé une place en apprentissage. Encore faut-il que la formation lui corresponde et qu’un statut juste le protège, lui permettant de se former efficacement et en sécurité.
Une génération qui commence en retard
Derrière les 126 652 candidats de Parcoursup, il y a des jeunes qui attendent, qui doutent, qui actualisent leur dossier en boucle. Des jeunes désorientés.
Derrière les 21,6 % de chômage, une génération commence sa vie professionnelle en retard.
Tout ce temps qu’elle passe à attendre, notre génération ne le consacre pas à l’urgence écologique, à la sécurité de son parcours de vie, à son émancipation. Les gouvernements, qu’ils soient libéraux, sociaux-démocrates ou réactionnaires, ont prouvé leur incompétence et ne savent pas planifier.
Parce qu’à force d’accompagner les jeunes dans l’urgence, on finit par construire une société en retard. Ce n’est pas une fatalité ; c’est un choix de société.
Nadja C-A
Article publié dans CommunisteS, numéro 1099 du 9 septembre 2026