Série - 1936 au jour le jour #30

Publié le 09 septembre 2026

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

7/13 septembre 1936 (30) Nuremberg

Du 8 au 14 septembre se tient le congrès annuel du parti nazi à Nuremberg. Un rituel du fascisme allemand depuis 1933. Ce 8e congrès est appelé le congrès de l’Honneur, en référence à la militarisation de la Rhénanie (intervenue en mars). C’est l’occasion pour Goebbels de s’en prendre à l’URSS (« La Russie soviétique, c’est la dictature de la juiverie ») et à la France (« La France est plus ou moins aux ordres de Moscou »). C’est surtout la confirmation de la remilitarisation du Reich (et de la préparation de la guerre). « L’Allemagne du IIIe Empire, écrit Gabriel Péri (le 9), a réussi à provoquer en Europe un état d’insécurité tel qu’il faut remonter au mois de juillet 1914 pour en trouver l’équivalent. »

Au même moment se termine à Bruxelles les Assises mondiales de la paix (une préfiguration du futur mouvement de la paix ?).

En France, le mouvement social reste vivace. Dans le textile notamment. Éclipsées dans l’actualité par le drame espagnol, les grèves et manifestations (contre la vie chère) demeurent puissantes. La bataille pour le respect des conventions collectives est forte. Côté culture, la question des droits d’auteur est à l’ordre du jour.

Mais le débat politique le plus vif tourne toujours autour de la position française face à la crise espagnole. L’Espagne est de fait l’objet d’un blocus. Léon Blum vient de répéter que la France, au nom du principe de neutralité, ne commercera pas avec l’Espagne. Alors que l’Allemagne nazie, l’Italie de Mussolini (sans parler du Portugal fasciste) arment Franco, ce positionnement est vivement contesté par les communistes, par les syndicats. Un reportage d’Irun confirme que si la ville est tombée aux mains des fascistes, c’est parce que « les vaillants miliciens (étaient) sans fusils, sans mitrailleuse et sans cartouches ». Une correspondance des Basses-Pyrénées assure même que le préfet aurait fait déboulonner les rails à Hendaye pour empêcher tout passage de trains pouvant aider les Républicains.

Dans le débat public, personne ne semble demander à la France d’intervenir militairement en Espagne (avec le risque de guerre mondiale) mais d’en finir avec un blocus injuste, de livrer des armes à Madrid, de commercer avec le voisin. La CGT demande au gouvernement de Front populaire de « reconsidérer sa politique de neutralité », une formule qui sera reprise par le quotidien communiste durant la semaine. Des pétitions se multiplient demandant la « levée de l’embargo ».

Ce débat traverse tout le mouvement ouvrier européen ; c’est le cas au congrès des syndicats britanniques (qui vient par ailleurs de décider de s’opposer à l’affiliation du parti communiste).

Le 8 septembre on annonce que Jacques Duclos a rencontré à Madrid Largo Caballero, président du conseil espagnol. Alors qu’André Marty a pu visiter Irun, Barcelone, Madrid.

Gérard Streiff

Article publié dans CommunisteS, numéro 1099 du 9 septembre 2026

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