Sahara occidental - 50 ans après la Marche verte, le combat pour l’autodétermination continue

Publié le 26 novembre 2025

Il y a 50 ans, le 6 novembre 1975, le roi Hassan II conduisait la « marche verte ». Coran en mains, il voulait susciter autour de la monarchie marocaine un sentiment et une union nationale. Il s’agissait donc d’une instrumentalisation politique, alors que le Palais avait dû faire face à deux tentatives de coup d’État en 1971 et 1972. Il profitait aussi du fait que le Sahara occidental est alors colonie espagnole, alors que la dictature fasciste à Madrid est à l’agonie.

Le droit international est clair. Inscrit sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU, le Sahara occidental doit voir son peuple bénéficier du principe du droit à disposer de lui-même et du pouvoir de s’exprimer sur la question de sa souveraineté par la voie d’un référendum d’autodétermination. Depuis 1991, l’ONU affirme que le seul cadre conforme au droit international pouvant permettre de régler la question du Sahara occidental est l’organisation d’un référendum sous l’égide des Nations unies.
C’est la position du Front Polisario, avec lequel le PCF réaffirme sa solidarité pour une solution démocratique pour le peuple sahraoui.

La résolution du 31 octobre 2025 réaffirme l’engagement des Nations unies à soutenir un processus de paix au Sahara occidental, en :

  • Reconduisant le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), jusqu’au 31 octobre 2026.
  • Rappelant que le statut final du Sahara occidental demeure en suspens jusqu’à la tenue d’un référendum, et que le Front Polisario demeure un acteur principal dans ce dossier, en dépit des efforts continus pour le marginaliser.

À travers cette résolution, le Conseil de sécurité des Nations unies réaffirme son engagement à aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conforme aux principes et aux objectifs de la Charte des Nations unies et garantissant le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Selon le Front Polisario, le plan marocain de 2007, amendé de quelques points, peut être soumis à référendum (déclaration du ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Yeslem Beissat).

Le récent revirement de la France sur la question du Sahara occidental doit nous alerter. Le président de la République, Emmanuel Macron, a choisi de conclure un partenariat d’exception renforcé avec le Maroc, soutenant désormais sa position au Conseil de sécurité. En plus de constituer un fait du prince, acté sans aucun débat démocratique préalable, cette décision entache le crédit diplomatique de la France et la place en porte-à-faux vis-à-vis du droit international et européen. Elle est en effet contraire même à la Cour de justice de l’UE qui, en octobre 2024, a réaffirmé que : les accords commerciaux UE-Maroc de 2019 en matière de pêche et de produits agricoles, auxquels le peuple du Sahara occidental n’a pas consenti, ont été conclus en méconnaissance des principes de l’autodétermination et de l’effet relatif des traités.

Le PCF réaffirme son soutien plein et entier au Front Polisario dans sa lutte légitime pour le droit inaliénable, non négociable et imprescriptible du peuple sahraoui à l’autodétermination, qui ne peut trouver sa pleine réalisation sans l’organisation d’un référendum sous l’égide des Nations unies.

Il réaffirme également sa solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis, à l’image, entre autres, de Naâma Asfari, arrêté par les autorités marocaines alors que le peuple sahraoui retrouvait un espoir dans le contexte des révolutions arabes. Le PCF exige leur libération. L’année passée, de nombreuses fédérations et de nombreux élus du PCF avaient participé à la marche pour la liberté des prisonniers politiques sahraouis à l’initiative de Claude Mangin-Asfari.

Secrétariat du secteur international du PCF 

Article publié dans CommunisteS, numéro 1064 du 26 novembre 2025.