Série - 1936 au jour le jour #34

Publié le 07 octobre 2026

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936. 5/11 octobre 1936 (34)

Unir, unir, unir

Le Front populaire connaît quelques turbulences : agressivité de la réaction, politique économique et monétaire contestée, attitude à l’égard de l’Espagne divergente, etc. D’où l’importance du discours de Maurice Thorez au Parc des Princes, intégralement reproduit dans l’Humanité du 7 et intitulé « Unir, unir, unir ». Il rappelle comment le Front populaire a pris corps, ses premiers acquis. « Cependant il faut constater que nous n’avons pas encore assez fait pour l’application intégrale du programme du Front populaire. » On n’a pas voulu faire payer les riches, regrette-t-il, alors que la réaction est passée à la contre-offensive.

Le gouvernement a opté pour la dévaluation qui est une manière de « faire payer les pauvres ». Le PCF n’a pas voté pour la dévaluation, il a cependant voté pour le gouvernement, pour que le gouvernement Blum demeure. Il faut se soucier des classes moyennes, éviter qu’elles ne dérivent comme en Allemagne. Il faut désarmer les factieux qui rêvent de guerre civile. La politique à l’égard de l’Espagne républicaine lui fait honte. Le principe de non-intervention ne devait pas signifier mettre sur le même plan le gouvernement légitime espagnol et les rebelles fascistes. Il faut rétablir la liberté de commerce avec Madrid, aider l’Espagne républicaine. Thorez cite longuement les passages du programme commun du Front populaire consacrés à la politique extérieure, à la paix (répudiation de la diplomatie secrète, sécurité collective, pacte franco-soviétique). Et il constate : « En résumé, si la situation est sérieuse, si le fascisme relève la tête, il faut convenir que c’est en partie à cause des faiblesses, des insuffisances, voire des capitulations devant les ennemis du peuple. C’est ce que notre parti avait le droit et le devoir de dire au peuple de France. » 

Face aux propos anticommunistes tenus à gauche, il déclare : « L’heure n’est pas à la chicane, l’heure n’est pas à la polémique entre les organisations du Front populaire, l’heure est plus que jamais à l’union salutaire, à l’union féconde. » Article (le 7) de Marcel Cachin sur le week-end d’initiatives politiques que le PCF organise en Alsace/Moselle. L’appel à l’union avec les travailleurs catholiques semble avoir agacé les factieux locaux. « Les hitlériens d’Alsace ont déjà constitué des fractions de combat contre le Front populaire et contre le communisme. Il y a «La terre d’Alsace» ! Il y a «Le Front d’Alsace» ! On y appelle à une grande croisade nationale et religieuse groupant tout ce qui n’appartient pas au Front populaire. »

À la rubrique « faits divers », on annonce l’arrestation, le 8 octobre, par les gendarmes, en Haute-Saône, d’un déserteur, Armand Bolot. Il était de la classe 1909 et avait déserté en 1914. Il s’était caché pendant 22 ans, ignorant qu’il était amnistié depuis 11 ans.

Gérard Streiff

Article publié dans CommunisteS, numéro 1103 du 7 octobre 2026

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