Solidarité avec le peuple malien face à la menace djihadiste

Publié le 27 avril 2026

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté les attaques armées menées ces derniers jours au Mali par le "Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans", en alliance avec le Front de libération de l’Azawad. Ces offensives coordonnées contre plusieurs villes maliennes constituent une nouvelle escalade de la violence terroriste qui frappe les populations et les institutions de l’État.

Le PCF exprime sa profonde solidarité avec le peuple malien, durement éprouvé par ces attaques répétées. Il exprime sa solidarité aux victimes, à leurs familles, ainsi qu’à l’ensemble des communautés confrontées à l’insécurité et à la peur quotidienne. Face à cette tragédie, la dignité et la résilience du peuple malien forcent le respect.

Ces événements ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une séquence de déstabilisation plus large qui a connu, ces derniers mois, une tentative de blocus de l’approvisionnement en hydrocarbures, révélant une stratégie visant à fragiliser durablement l’économie malienne. Cette dynamique s’étend désormais à l’ensemble de la région, comme en témoignent les attaques du "Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans" au Bénin, au Burkina Faso, au Togo, au Ghana, au Niger ou encore en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’un arc d’instabilité qui traverse le Sahel et toute l’Afrique de l’Ouest.

Le Parti communiste français rappelle que cette situation est aussi le produit d’une histoire récente marquée par de graves responsabilités internationales. Le chaos provoqué par l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, sous l’impulsion notamment de Nicolas Sarkozy, a contribué à la dissémination des armes et des groupes armés dans toute la bande sahélo-saharienne. Ce précédent continue de produire ses effets déstabilisateurs.

Dans le même esprit, les choix opérés par les autorités françaises successives sous François Hollande puis Emmanuel Macron, à travers notamment l'opération Barkhane et diverses missions sécuritaires multilatérales, n’ont pas permis d’apporter une réponse durable à la crise. En privilégiant des approches essentiellement militarisées, ces stratégies ont souvent négligé les dimensions politiques, sociales et économiques des conflits, laissant intactes les causes profondes sur lesquelles prospèrent les groupes armés. L’escalade sécuritaire du gouvernement malien, avec entre autres l’appel à des forces de mercenariat extérieur, n’a pas davantage permis de mettre un terme aux violences et d’assurer une réelle protection des populations.

Face à cette situation, le Parti communiste français considère que seul le renforcement de la coopération régionale permettra de lutter contre les organisations djihadistes. Cette réponse ne saurait être uniquement sécuritaire. Elle doit s’accompagner d’un traitement politique des crises, d’un effort de justice sociale et de développement, ainsi que d’une lutte résolue contre les économies illicites et les logiques de prédation qui alimentent ces violences.

Le PCF appelle la France et l’Union européenne à rompre avec les logiques militarisées et néocoloniales qui ont montré leurs limites et à soutenir sans ambiguïté la souveraineté des États et des peuples ouest-africains. Elles doivent réorienter leur action vers les priorités civiles, lutter contre les circuits transnationaux qui alimentent les trafics et refonder leurs relations économiques avec l’Afrique de l’Ouest sur des bases justes et réciproques, seules à même de traiter durablement les causes des violences.

La paix au Sahel ne pourra être construite que sur la base de la souveraineté des peuples, de la coopération régionale et d’une rupture avec les logiques d’ingérence et de militarisation. Le Parti communiste français réaffirme son engagement aux côtés des peuples sahéliens pour une paix juste, durable et fondée sur la dignité.

Paris, le 27 avril 2026

Le Parti communiste français (PCF)