Nouvelle Calédonie : le gouvernement doit respecter le processus issu des Accords de Nouméa

Publié le 14 mai 2024

Depuis plusieurs semaines, la Nouvelle Calédonie vit des heurts importants qui peuvent encore s’aggraver. Le gouvernement français en porte la responsabilité. Après 30 ans de paix, Emmanuel Macron a fait le choix de briser le dialogue avec les forces indépendantistes de Nouvelle Calédonie.

Le congrès de Nouvelle Calédonie a voté ce 13 mai, une résolution demandant le retrait du Projet de Loi réformant la Constitution qui sera soumis au vote de l’Assemblée nationale ce mardi. Il avait déjà dénoncé le maintien d’un référendum en pleine pandémie, sans respecter la période de deuil coutumier des familles victimes du Covid.

La volonté du gouvernement de dégeler le corps électoral, à marche forcée, en réformant la constitution rompt ainsi avec le processus de décolonisation. Le gouvernement ne respecte pas les engagements de la République. C’est lui qui embrase la Nouvelle Calédonie.

Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K, de retour de Nouvelle Calédonie où elle a pu échanger avec les différentes forces politiques Kanaks alerte également sur les risques d’embrasement si le gouvernement maintient son texte de loi.A plusieurs reprises, les députés du groupe GDR comme les sénateurs et sénatrices du groupe CRCE-K ont d’ailleurs demandé au gouvernement de privilégier le dialogue avec les forces politiques kanaks. Lors de ses rencontres avec le Président de la République, Fabien Roussel a alerté sur les risques d’embrasement et demandé l’annulation de la réforme de notre Constitution prévoyant le dégel du corps électoral de l’île.

Les annonces d’Emmanuel Macron faites dimanche 11 mai de recevoir l’ensemble des forces kanaks peut apaiser les tensions si le Président retire le projet de loi. Seule une concertation de l’ensemble des parties prenantes permettra de sortir par le haut de la crise. Le PCF demande que le gouvernement ouvre un nouveau temps de dialogue et reporte le vote prévu mardi à l’Assemblée nationale sur le dégel du corps électoral. Il appelle à la poursuite du processus de décolonisation engagé il y 25 ans. La volonté des habitants de Nouvelle Calédonie ne peut pas se fracasser contre les murs de l’Elysée.

Parti communiste français,

Le 13 mai 2024.