Acte 2 de l’autonomie des Universités : vers la privatisation rampante de l’Université publique

Publié le 06 septembre 2025

Le PCF dénonce la transformation néolibérale de l'enseignement supérieur orchestrée par le gouvernement et qui l’accélère par le renforcement de l’autonomie des universités dit « Acte 2 », via le projet de loi « Baptiste » et formalisé via des Contrats d’Objectifs, de Moyens et de Performances (COMP).

Le COMP devient l’outil de mise sous tutelle des Universités : il conditionne les subventions publiques à l'atteinte d'indicateurs quantitatifs arbitraires, décidés par le ministère ou dans les rectorats : taux de réussite, quotas d'insertion professionnelle, nombre de publications. Cette logique comptable condamne l'université à produire des statistiques, au mépris de la qualité pédagogique et de la liberté académique, et met en concurrence les établissements pour l’obtention de financements et d’étudiant·es. Pire encore, la menace plane d'étendre ce système à 100% des budgets, masse salariale comprise. Une telle pression conduira à la réduction des services d’accompagnement des étudiant·es et de l’offre de formation, et à l’éviction de la recherche sur le temps long.

Le projet de loi « Baptiste » complète cette offensive en rapprochant établissements publics et privés sous une gouvernance identique, ouvrant la voie à une privatisation déguisée alors qu’il prétend combattre les établissements privés prédateurs ! Le pouvoir de décision migrerait vers les rectorats, court-circuitant la démocratie universitaire. Cette déréglementation favorise la concurrence entre établissements, composantes et équipes – publiques et privées, l’arbitraire et la ségrégation sociale, transformant l'université en marché.

C’est d’un autre modèle d’université que nous avons besoin : démocratique, solidaire et centré sur sa mission de service public avec une gouvernance réellement partagée entre personnels, étudiant·es et collectivités ; un financement stable et redistributif garantissant l’égalité d’accès et la pérennité des formations ; la protection des disciplines non marchandes et des conditions de travail des équipes de recherche.

Le PCF appelle à résister à cette marchandisation en répondant au dogme de l’efficacité par l’émancipation. Il appelle à construire un modèle d'ESR public garant des libertés académiques, offrant des formations de citoyen·nes critiques et préparant la société aux défis collectifs, plutôt qu’une simple usine à indicateurs.

Paris, le 6 septembre 2025

Parti communiste français.

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