Assemblée des Hauts-de-Seine

Publié le 16 avril 2025

Notre assemblée des Hauts-de-Seine fut un beau succès. Nous étions 46 présents et 43 camarades ont partagé l’excellent repas concocté par Dominique Délot.

En cette année du 80e anniversaire de la capitulation sans condition de l’Allemagne hitlérienne, les vétérans du 92 ont eu le plaisir d’accueillir Louis Poulhès, docteur en histoire, contributeur et ami du journal l’Humanité, pour une conférence sur la montée du nazisme dans les années 1940-1941. Louis est un ancien élève de l’École nationale d’Administration. C’est l’occasion de rappeler que l’ENA est une belle idée d’Hippolyte Carnot (décret du lundi 8 mars 1848), vite mise au placard dix-huit mois plus tard. Cette idée est reprise par le ministre du Front populaire, Jean Zay, assassiné par la milice le mardi 20 juin 1944. L’École nationale d’Administration va vraiment naître en 1945, issue du programme du Conseil national de la Résistance (CNR). Le mardi 9 octobre 1945, par ordonnance du gouvernement provisoire, c’est Maurice Thorez, ministre d’État, qui va mettre en œuvre « la refonte de la Fonction publique et le statut du fonctionnaire, afin de faire naître le sens du service public et de l’intérêt général. »

Le jeudi 8 avril 2021, le partisan du « en même temps » a mis fin à l’ordonnance de 1945, une coupe politique voulant faire des hauts fonctionnaires les responsables des malheurs de la France, oubliant qu’il n’y a pas que de mauvais soldats, il n’y a que de mauvais Présidents...

L’extrême droite progresse en France de façon inquiétante. Dans notre pays, avec un front républicain vacillant, une gauche affaiblie, le Rassemblement national surfe sur la pauvreté, les difficultés de la vie, les racismes, la méconnaissance de ce qu’il est réellement, le danger qu’il représente. Ainsi, il engrange les victoires électorales. Marine Le Pen a été condamnée ce lundi à quatre ans de prison dont deux aménageables sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende et surtout à cinq ans d’inéligibilité. Un certain nombre de cadres du RN ont également été sanctionnés. La présidente du tribunal, Bénédicte de Perthuis, a tenu à s’expliquer dans un rapport de 152 pages !

N’en déplaise à la droite et extrême droite, ce jugement est justifié. Il s’agit d’un détournement de fonds publics de près de trois millions d’euros sur une période de onze ans, de 2004 à 2016. En mettant en cause la séparation des pouvoirs, l’extrême droite s’en prend ouvertement à un fondement de notre République démocratique. Les attaques prennent aussi la forme de menaces contre une juge et contre le syndicalisme dans la magistrature.

À gauche, communistes, socialistes et écologistes prennent acte du jugement. On peut regretter les propos de LFI, « …qui n’a jamais eu comme moyen d’action d’utiliser un tribunal pour se débarrasser du RN ». Évidemment le RN fait appel.

Dans de nombreux pays, dans le monde et en Europe, les extrêmes droites progressent. Aux USA, l’élection de Trump marque une nouvelle étape dangereuse. Il veut imposer un nationalisme US protectionniste aux relents xénophobes et décide de surtaxes douanières. Il prend de nombreuses décisions antisociales.

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, on a pu croire que les idées d’extrême droite étaient éradiquées en raison des horreurs engendrées, mais elles n’étaient pas mortes. De 1991 à 2001, l’Europe a connu la guerre en ex-Yougoslavie ; depuis février 2022, Poutine a relancé une guerre d’agression contre l’Ukraine ; le Moyen Orient connait une répression sanglante et impitoyable menée par un gouvernement d’extrême droite qui refuse à un autre État le droit d’exister. Et il y a aussi l’Afrique…

La question de la paix se pose à nouveau très fortement avec le renforcement des tensions internationales. Nous ne devons rien lâcher, et avec nos moyens lutter contre toutes idées de haine, défendre la démocratie, le pacifisme. Pour faire avancer ces idées et battre les extrêmes droites, encore faut-il les connaitre, affuter nos arguments pour convaincre les gens de ne pas se fourvoyer en leur donnant trop de pouvoir.

Louis Poulhès, qui a écrit L’État contre les communistes de 1938 à 1944, détaille les évènements des premières années d’occupation. On voit ce que les nazis et certains Français ont fait subir à notre parti, surtout aux Jeunes Communistes et à notre pays. L’ennemi à abattre était bien le communisme, avec successivement interdiction des journaux, internements administratifs, déchéance des élus et peine de mort. Et la répression touche ensuite tout le peuple.

Éric Le Lann, Gérard Le Puill et Henri PouiIllot étaient présents et ils ont pu vendre leurs livres. C’était la première fois depuis longtemps que les Vétérans organisaient ce genre d’initiative, et nous recommencerons.

Annick Herbin 

Article publié dans CommunisteS, numéro 1038 du 16 avril 2025.

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