Mardi 13 janvier, à Auch, se sont réunies plus de 120 personnes et ce n’est pas par habitude ni par confort. C’est parce que ce qui se passe aujourd’hui en Palestine, à Gaza comme en Cisjordanie, nous oblige. Nous oblige à ne pas détourner le regard. Nous oblige à prendre position. Parce que pendant ce temps-là, les grandes puissances ferment les yeux, couvrent, justifient, arment.
Les fédérations du PCF Gers et du PCF Lot et Garonne organisaient une grande réunion publique animée par Cristine Hernandez membre du PCF et à l’initiative de la campagne nationale : 1 million d’oliviers pour la paix.
Avec Jérémy Bacchi, sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Yassar Ayoub, représentant de l’ambassade de Palestine en France et responsable de la coopération décentralisée, Ofer Cassif, député communiste israélien, en visioconférence, Alain Rouy, secteur international PCF, MVP, bureau international pour la paix. En présence de l’AFPS 32 et de la librairie la Renaissance.
Yassar Ayoub est revenu sur l’histoire de la Palestine et a rappelé que tout n’a pas démarré au 7 octobre. Ses mots ont été forts, à la hauteur des horreurs subies par les Palestiniens : Ce n’est pas une “guerre”, ce n’est pas un “conflit équilibré”, c’est un génocide, c’est une entreprise coloniale, raciste et violente, menée en toute impunité par le gouvernement d’Israël, un état qui agit en dehors de toutes lois internationales, avec la complicité active des gouvernements occidentaux. «Si on arrête de résister on arrête d’exister» ; «Sans instances internationales, c’est la loi de la jungle» ; «On est condamné à l’espoir et on croit toujours» ; «4 des 5 critères du génocide sont actés, seul le 5e n’est pas affirmé car il concerne le déplacement de la population des enfants. Les enfants ne sont pas déplacés, ils sont tués sur place».
Ofer Cassif, député communiste israélien, présent en visio conférence et plusieurs fois suspendu de la Knesset pour ses positions en faveur de la paix, a donné des chiffres rappelant l’horreur vécue par les populations : Depuis le 7 octobre, 71 000 morts dont 18 000 enfants tués à Gaza ; 171 000 blessés dont 45 000 enfants. 442 morts depuis le cessez-le-feu, dont 165 enfants. 1 500 tués en Cisjordanie depuis le 7 octobre. 12 000 prisonniers dont 350 enfants. 80 % des infrastructures de Gaza ont été détruites. Il a dénoncé l’annexion de fait la Cisjordanie par les actes commis et le silence de la communauté internationale : «À l’intérieur d’Israël, ils essayent d’écarter les populations palestiniennes, et même les démocrates dans un processus totalitaire mettant à mal la résistance des forces progressistes.»
Alain Rouy et Jérémy Bacchi ont rappelé l’engagement historique et actuel du PCF et les actions politiques menées pour être utile à la cause palestinienne : Solidarité matérielle humanitaire, solidarité politique ; Campagne nationale pour exiger la reconnaissance de l’État de Palestine ; Rapprochement avec l’OLP avec des actions et des déclarations communes ; Exigence d’un cessez le feu immédiat et global ; Exigence de sanctions économiques envers Israël ; Exigence de la mise en jugement des criminels de guerre ; Libération des prisonniers politiques dont Marwan Barghouti ; Porter l’exigence du droit au retour ; Actions des collectivités locales : jumelage, coopération décentralisée, accueil de réfugiés…
Notre parlementaire a rappelé que la France a une responsabilité pour trouver une solution aux conflits dans le respect du droit international et de la souveraineté des peuples. Il est revenu sur le projet de loi Yadan voulant criminaliser toute critique de l’État d’Israël en affirmant que c’est un signe supplémentaire de la peur de celles et ceux qui soutiennent le génocide face à celles et ceux qui défendent le droit international. Dans un contexte international marqué par l’amplification des impérialismes dont les USA envers le Venezuela, le Groenland, Cuba..., Jérémy Bacchi a rappelé qu’Israël a toujours défendu les intérêts américains et leur impérialisme dans la région.
Cristine Hernandez a conclu la soirée avec la promotion de la campagne : 1 million d’oliviers pour la paix, qui a récolté 40 000 euros pour un objectif de 100 000 euros. La soirée a permis de récolter 325 euros supplémentaires.
Éric Cadoré, Guilhem Mirande, Cristine Hernandez
Article publié dans CommunisteS, numéro 1070 du 21 janvier 2026.