Manuel Valls est un homme audacieux, c’est bien connu. Hier il partait à l’assaut de la mairie de Barcelone (où il n’est pas revenu en deuxième semaine), aujourd’hui il se permet d’adresser une remarque critique à son mentor, Emanuel Macron. Interrogé par Le Parisien (samedi 24 mai, p. 4), lui qui incarne, pense-t-il, « la gauche républicaine », évoque en effet le récent débat sur TF1 du Président. Et il émet un reproche (un seul) au chef de l’État. Macron, dit-il, n’aurait pas dû y inviter Sophie Binet de la CGT. Texto. Quelle hardiesse de sa part : corriger son gourou. Inviter la CGT ? Pourquoi la CGT ? Pauvre Valls. À quoi bon lui dire que l’échange entre Binet et Macron était le seul moment de l’émission présidentielle qui valait le détour. Mais après tout son propos n’est pas étonnant. Lui qui annonçait (en 2018) quitter la France pour toujours donne un peu l’impression de ne pas être complètement revenu de son déplacement, on n’ose pas écrire : de sa délocalisation.
Gérard Streiff