Ce lundi 13 octobre 2025, La Marseillaise inaugurait ses nouveaux locaux, dans les anciennes rotatives du journal, cet endroit pris par les armes en 1943 à un journal collaborationniste, Le Petit Marseillais.
Plusieurs centaines de personnes (lecteur·trices, ami·es, camarades, anciennes directions et équipes avec les équipes actuelles, influenceurs, consuls, élu·es, une délégation de l’équipe du CN, etc.) se sont réunies pour découvrir l’aménagement de cet humble hectare de bureaux qui accueillera également le public, et pour vivre ce moment riche en émotion, en fraternité, en faveur d’une presse libre.
Ont pris la parole : le préfet Georges-François Leclerc, qui n’a pas manqué de rendre hommage à notre cher camarade Jean-Charles Nègre (qui nous a quittés en 2020 ), rencontré dans la Seine-Saint-Denis qu’il affectionnait tant, lui qui a énormément œuvré pour La Marseillaise ; Audrey Garino, adjointe PCF représentant le maire Benoît Payan ; Martine Vassal, présidente DVD du département ; Jérémy Bacchi, sénateur PCF, qui, avant de venir au rassemblement, recevait le prix de la « personnalité politique de la région PACA » délivré par le Trombinoscope.
Le tout animé par Pierre Guille, avec une émotion communicative, lui qui a débuté à La Marseillaise il y a 30 ans aux équipes d’entretien et en est aujourd’hui l’administrateur.
Le peintre Claude Luca a offert à l’assemblée une performance en direct, et les incroyables élèves du collègue Jean De Bernardy, du nom d’un des fondateurs de La Marseillaise tombé face aux nazis, une brillante interprétation musicale, en fanfare, du Chant des partisans, et par une prouesse en canon de la Marseillaise.
« Nos finances sont de porcelaine, mais notre volonté est d’acier et nos lecteurs en or » L.P.
En 2020, suite à la crise COVID, une « option prédatrice de reprise » du quotidien était proposée au tribunal de commerce, prévoyant notamment la suppression de 80 % des emplois. Les salariés de La Marseillaise se sont mobilisés pour monter leur propre projet. Aujourd’hui, le journal a augmenté ses ventes papier de 10 % et ses effectifs - paritaires - de 40 %. Il est de nouveau distribué dans le Vaucluse et, lors de l’inauguration, a été dévoilé la sortie d’une application mobile (à télécharger sur Google Play, Apple Store).
La Marseillaise, c’est aussi des événements comme le « Mondial La Marseillaise à pétanque » qui a battu le record de participation cette année avec près de 17 000 joueurs.
Tout ceci sans trahir ni travestir sa ligne éditoriale.
Comme l’a dit Jérémy Bacchi : « Dès ses premières lignes, elle s’est inscrite dans une tradition : celle du courage, de la vérité, et de l’engagement au service du peuple. (…) La Marseillaise est née d’un combat - celui pour la liberté, pour la justice sociale, pour la dignité humaine. À travers ses colonnes, elle a défendu les travailleurs, les syndicalistes, les militants, les habitants des quartiers populaires, les paysans, les enseignants, les artistes, tous ceux qui font vivre ce territoire et qui refusent la résignation. (…) Ces nouveaux locaux symbolisent cette continuité entre l’héritage et l’avenir. »
La presse émancipatrice en danger
Par les temps qui courent, la presse est menacée partout dans le monde. Déjà, partout où l’extrême droite avance, les libertés reculent et il en est de même pour la liberté de la presse. La France n’en est pas exemptée puisqu’en 2025, elle est devenue 25e au classement de la liberté de la presse par RSF, notamment par la concentration des médias (dont la plupart de la PQR) aux mains de milliardaires.
Léo Purguette, président et directeur éditorial qui, il y a cinq ans, se tenait à la barre du tribunal de commerce pour arracher un prêt refusé, était également à la barre il y a 15 jours, avec le journaliste Tristan Arnaud, attaqués en diffamation par le député d’extrême droite gardois Alexandre Allégret-Pilot. Il figure également dans la liste des journalistes menacés d’une « balle dans la nuque » publiée par un journal d’extrême droite.
Ainsi, soutenir La Marseillaise, c’est soutenir la presse, libre de surcroît. Comme l’a dit Jérémy Bacchi : « La Marseillaise n’est pas un simple titre de presse. C’est un bien commun. Un patrimoine vivant de la gauche, du mouvement ouvrier, de la mémoire et de la résistance. »
Rachel Ramadour
NB : Le projet a été mené par les architectes Sophie Baldassari et Charlotte Beraha, et l’aménagement par la coopérative CPMM qui aménage également la loge présidentielle de l’OM.
Crédit photo : Mohammed El Hamzaoui
Article publié dans CommunisteS, numéro 1058 du 15 octobre 2025.