Comme chaque année, nous avons manifesté, partout en France le 28 septembre, Journée internationale pour le droit à l’avortement, pour exprimer notre solidarité avec les femmes du monde entier qui n’ont pas accès à ce droit et pour porter nos revendications pour un meilleur accès à ce droit sur l'ensemble du territoire, malgré les atteintes au service public de la santé.
Aux USA, en Pologne, en Hongrie, en Italie, le non-accès à ce droit fondamental tue des jeunes femmes. Des médecins ont peur d’être poursuivi·e·s pour complicité d’avortement illégal. Trump veut depuis cet été détruire en France un important stock de contraceptifs basé en Belgique et destiné aux pays du Sud via l’UsAid démantelée.
Si nous avons réussi à conquérir ce droit dans la Constitution, c’est parce que nous le savons fragile.
En France, la politique du pouvoir est toujours de réduire le nombre d’hôpitaux et de maternités de proximité. Des centres de santé sexuelle de proximité, sous prétexte d’ « effort budgétaire », voient leurs portes se fermer par des collectivités territoriales (Drôme par exemple). Dans le Loiret, le Planning familial subit une baisse de subvention du conseil départemental de 10 %. En même temps, c’est toujours un seul et même labo, Nordic Pharma, qui possède le monopole de fabrication des médicaments nécessaires à la réalisation des IVG médicamenteuses. Ceci le rend très vulnérable à la pression des anti-avortements. Les femmes ne peuvent toujours pas choisir la méthode pour avorter. La double clause de conscience est toujours un frein. La fermeture de la Maternité des Lilas, lieu emblématique autour des droits des femmes, est la preuve qu’en matière de santé publique seule la ligne budgétaire compte.
Nous avons manifesté le 28 septembre 2025 pour la défense et l’application effective du droit fondamental à l'avortement partout dans le monde. Nous savons qu’en France, si l’extrême droite arrivait au pouvoir, les premières mesures prises seraient de restreindre les droits des femmes en général et plus particulièrement le droit à l’avortement, malgré l’inscription de la « liberté garantie » dans la Constitution. Ce seraient des moyens réduits d’exercice professionnel (lieu, matériels, pénurie de médicaments) pour les soignants, un accès restreint à ce droit pour les femmes ayant choisi d’interrompre une grossesse. Ce serait également une vague de désinformation pour culpabiliser et déstabiliser les femmes dans leur choix, et menacer les professionnel·les.
L'accès libre et gratuit à la contraception, sous toutes ses formes et sur tout le territoire, doit être garanti. La France doit s'aligner avec les pays européens les plus progressistes, en vertu de la « clause de l'Européenne la plus favorisée ».
Nous exigeons toujours l’augmentation des budgets consacrés à la santé et l’accès aux soins pour toutes sur tous les territoires avec la réouverture des CICG fermés, des maternités et des hôpitaux de proximité, ainsi qu’une politique publique de production des médicaments, comprenant les produits nécessaires à l’IVG.µ
Shirley Wirden, membre du CEN
Article publié dans CommunisteS, numéro 1056 du 30 septembre 2025.