L’émancipation comme méthode
Depuis 1935, Bonneuil avance dans une dialectique de luttes et de conquêtes. Fidèle à son histoire de gestion communiste, la ville fait du savoir, de la culture et du service public des outils contre l’aliénation et l’exploitation. Cette ambition se concrétise : faire de Bonneuil une Université populaire à ciel ouvert, où chacun transmet, chacun apprend, chacun s’émancipe.
Une ville qui apprend ensemble
Dans cette Université sans murs, le savoir circule entre enfants, familles, retraités, associations et agents. Les Échiclasses, les ateliers citoyens, les centaines d’ateliers artistiques, le sport et la culture, le devoir de mémoire, la culture de paix et des valeurs de la République, développent l’esprit critique et renforcent la conscience collective.
Dès la petite enfance, on apprend à vivre ensemble, même quand on porte un handicap, en s’initiant par exemple à la langue des signes à la crèche. La prise en compte du handicap et de la différence devient une richesse.
Ici, la création produit de la valeur humaine, pas de la plus-value marchande.
L’action collective comme pédagogie
La transformation de la RN406 l’illustre : 4 000 camions par jour traversaient le centre-ville. Son prolongement, arraché par la mobilisation populaire, va réduire les nuisances, va renforcer la sécurité et créer des emplois grâce au transport multimodal – fluvial, ferroviaire, logistique propre. Quand un peuple s’organise, il transforme son territoire.
Se loger dignement : maîtriser le foncier
Bonneuil défend la diversité des logements sociaux, intermédiaires, libres, accession sociale pour protéger les habitants de la spéculation.
La maîtrise publique du foncier est essentielle : sans elle, la rente immobilière expulse, fracture et crée une nouvelle forme d’exploitation. Construire et rénover devient un acte d’émancipation, garantissant que chacun puisse vivre ici, sans exclusion.
Le TPI : corriger l’injustice
Le nouveau taux de participation individuel (TPI) protège les couches moyennes, les retraités modestes et les familles monoparentales, premières victimes du coût de la vie et du transfert de richesses vers les plus aisés. En modulant les tarifs des prestations municipales selon les revenus et les charges, Bonneuil réduit l’exploitation qui pèse sur les foyers.
La santé : un droit face au désengagement de l’État
Alors que l’État se retire et force les communes à assumer des missions régaliennes – santé, sécurité, prévention – pour des coûts écrasants, Bonneuil refuse l’abandon.
Nouveaux médecins, centres de soins, permanences : la ville garantit l’accès égal aux soins, contre la privatisation qui exclurait les plus précaires.
L’écologie populaire
Bonneuil mène une transition écologique engagée : renaturation des écoles, jardins pédagogiques, parcs, squares, cours Oasis. Ces espaces enseignent une autre relation au vivant, réduisent les îlots de chaleur et renforcent la biodiversité. Le port multimodal limite la dépendance au camion et diminue les émissions.
Culture, sport, associations : les salles de classe du peuple
La culture est une arme de désaliénation. Le sport, une école de solidarité. Les associations, des forces populaires qui transmettent et rassemblent. Toutes participent à cette Université populaire et à une ville qui grandit par l’apprentissage partagé. Cela jusque dans le choix, avec les habitants et les associations, de dizaines de noms de femmes qui font de Bonneuil la seule ville de plus de 10 000 habitants qui compte plus de femmes que d’hommes sur les panneaux de ses rues !
Bonneuil 2035 : la ville audacieuse !
Bonneuil veut rester une ville où le service public protège malgré les reculs de l’État, où la participation populaire guide les décisions, où chacun retrouve du pouvoir sur sa vie.
Avec une conception nouvelle de la fonction publique
Parce que tout ce qui précède ne peut s’entreprendre sans des agents du service public que l’on respecte, que l’on défend, à qui l’on donne des droits nouveaux, Bonneuil a innové en 2024, en intégrant au temps de travail, une heure trente hebdomadaire d’ateliers dédiés à l’épanouissement personnel ou collectif (sport, culture, santé, détente, découverte des projets municipaux...).
Bonneuil, une ville où l’émancipation est la méthode et la dignité la finalité. Lorsqu’un peuple apprend, il devient invincible. Bonneuil continue. Ensemble.
Denis Öztorun
Maire de Bonneuil-sur-Marne
vice-président de l’EPT Grand Paris Sud Est Avenir
vice-président de l’Association des Maires de France
Article publié dans CommunisteS, numéro 1065 du 3 décembre 2025.