Un brulot circule dans les milieux économiques proposant de « moderniser le syndicalisme français ». Il se dit déjà que les suggestions qu’il contient pourraient s’inviter dans le débat de la future présidentielle. Le texte part de l’idée qu’il y trop de centrales syndicales en France, que la barre des 8 % pour assurer leur représentativité est trop basse, qu’il faudrait la mettre à 15 %. Ce qui éliminerait la CGC, la CFTC, FO. Un détail… Il serait bon, ensuite, d’« interdire aux partenaires sociaux toute prise de position politique d’ordre général ». Carrément. Sinon quoi ? Le pilori ? C’est ce que les auteurs du pamphlet appellent « sauver la démocratie sociale ». Jolie inversion de sens. Un peu comme la guerre c’est la paix. Le brulot plait bien au Figaro qui toutefois ne se fait pas trop d’illusions. La dominante aujourd’hui, regrette-t-il, c’est plutôt des syndicats qui veulent « taxer les riches » et une CGT qui « recommence à parler de lutte des classes ». En somme, voilà une « modernisation » qui commence mal.
Gérard Streiff
Article publié dans CommunisteS, numéro 1076 du 4 mars 2026.