À l’occasion du 8e congrès du Parti de la gauche européenne, qui s’est tenu à Bruxelles les 17 et 18 avril 2026, une délégation du Parti communiste français a pris une part active et déterminante aux travaux. Dans un contexte marqué par la crise du capitalisme, le durcissement des politiques autoritaires en Europe, la montée des extrêmes droites et l’accélération des logiques de guerre, ce congrès a constitué un moment politique important pour les forces progressistes du continent.
Notre intervention s’est inscrite dans une ligne claire : porter les luttes des peuples européens, défendre la paix, combattre les politiques d’austérité pour construire des réponses communes à la hauteur des défis actuels. Les politiques menées depuis des années par l’Union européenne continuent d’aggraver les inégalités, d’affaiblir les services publics et de fragiliser les droits sociaux, avec des effets particulièrement graves pour les travailleurs et les travailleuses, et pour les femmes en particulier ; ces politiques portent en elles la montée de l’extrême droite, la xénophobie et la guerre.
Dans ce contexte, la délégation du PCF a rappelé la nécessité de rompre avec ces logiques d’austérité et de réorienter les politiques économiques et sociales vers les besoins fondamentaux des peuples : santé, éducation, logement, écologie et égalité. Nous avons également insisté sur l’urgence de construire une alternative fondée sur la justice sociale, la démocratie et la solidarité.
Un temps fort du congrès a été l’événement public auquel a participé Fabien Roussel. Cette séquence a permis de porter publiquement l’exigence d’une alternative politique face aux politiques libérales et aux logiques de militarisation. Fabien Roussel y a affirmé avec force la nécessité, face à la montée de la droite et de l’extrême droite, et face aux dynamiques de guerre et de militarisation, de construire une alternative fondée sur la paix, la souveraineté des peuples et une transformation sociale et démocratique profonde.
Le congrès, se tenant à Bruxelles, a également été l’occasion de nouveaux échanges approfondis entre le Parti communiste français et le Parti du Travail de Belgique. Fabien Roussel et Peter Mertens ont notamment pu échanger de manière approfondie autour des luttes de la classe travailleuse, des conditions d’organisation du monde du travail et des convergences nécessaires pour renforcer les combats sociaux.
La délégation française était composée de camarades engagés sur différents champs d’intervention, permettant de porter une contribution collective riche et cohérente.
Amar Bellal est intervenu sur les enjeux d’écologie et d’industrie, en défendant une stratégie de réindustrialisation au service de la transition écologique et de la justice sociale, fondée sur l’intervention publique.
Sylvie Vinceneux a porté les questions des services publics et du logement, soulignant l’ampleur de la crise du logement en Europe et les effets destructeurs des politiques de réduction des dépenses publiques. Elle a été élue au sein du bureau exécutif du PGE.
Charlotte Balavoine, en tant que responsable Europe du PCF, a contribué à structurer les échanges avec de nombreuses délégations européennes et à renforcer les positions du PCF au travers des textes de motions du PGE.
Alain Rouy a pris part aux discussions sur les enjeux de paix, dans un contexte international marqué par les conflits armés, les tensions géopolitiques et la montée des logiques de militarisation que nous combattons.
Frédéric Boccara a présenté des propositions concrètes pour lutter contre les politiques d’austérité, en avançant des pistes économiques alternatives visant à réorienter les investissements vers les besoins sociaux, écologiques et productifs.
Vincent Boulet a joué un rôle central dans l’organisation en tant que responsable international du PCF, dans un contexte de crise du capitalisme et de durcissement autoritaire en Europe. Il a été élu au bureau exécutif du Parti de la gauche européenne, pour continuer d’y porter les enjeux internationalistes et de paix.
Les échanges internationaux organisés dans ce cadre ont été particulièrement riches, notamment avec plusieurs délégations étrangères. Ils ont permis de confronter nos analyses sur les évolutions du capitalisme contemporain, les dynamiques sociales et les résistances progressistes à l’échelle internationale.
Un moment important de ces échanges a été la rencontre avec des représentants progressistes venus des États-Unis, issus du Parti démocrate et de la gauche américaine, dans l’environnement politique d’Alexandria Ocasio-Cortez. Ces discussions ont permis d’ouvrir des perspectives de coopération et de convergence.
Dans le même esprit, la question féministe a occupé une place importante des débats. Nous avons collectivement constaté la montée d’un backlash antiféministe à l’échelle internationale, porté par des courants réactionnaires et masculinistes. Ces dynamiques s’inscrivent dans un mouvement plus large de remise en cause des droits sociaux démocratiques et des libertés fondamentales.
Dans ce contexte, Fabien Roussel a porté la candidature d’Hélène Bidard à la vice-présidence du PGE. Cette candidature, portée par le PCF, a également été affirmée comme une candidature féministe, ce qui revêt une importance particulière dans la période actuelle. Elle s’inscrit dans la nécessité de renforcer la place des femmes dans les directions politiques européennes et de résister au backlash contre les droits des femmes, organisé par des courants masculinistes qui sont également porteurs de logiques de guerre, de domination et de régression sociale.
Au-delà des constats, ce congrès a permis de dégager des perspectives politiques claires : renforcer les mobilisations sociales, construire des campagnes coordonnées à l’échelle européenne, développer des solidarités internationales et structurer une alternative politique capable de répondre à la crise sociale, écologique et démocratique.
Enfin, ce congrès de Bruxelles aura confirmé une conviction forte : face à la crise du capitalisme, aux politiques d’austérité, à la montée des extrêmes droites et aux logiques de guerre, il est plus que jamais nécessaire de construire une gauche européenne offensive et ancrée dans les luttes des peuples.
C’est dans cette perspective que s’inscrit notre engagement collectif au sein du PGE, avec la volonté de porter une alternative de transformation sociale écologique, féministe et pacifiste.
Hélène Bidard
Vice-présidente du PGE
Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.