Contre les fermetures de classe

Publié le 15 avril 2026

Dans tous les départements, la réalité du budget de l’État 2026 concernant l’Éducation nationale éclate au grand jour avec des milliers de postes d’enseignants supprimés. Ce sont des milliers de classes et de postes dans le second degré qui sont sacrifiés sur l’autel de l’austérité.

Le ministre de l’Éducation et le gouvernement s’appuient sur une baisse démographique annoncée avec 1 million 700 000 élèves en moins à l’horizon 2035. Cette baisse, brandie comme un argument massue pour éteindre toute discussion, serait entendable si, durant la période de boom démographique, le nombre de postes avait suivi l’augmentation du nombre d’élèves et si l’école publique était dans une autre situation que celle que nous connaissons.

Ce n’est bien entendu pas la réalité, la France est dans le peloton de queue des pays de l’Union européenne s’agissant du taux d’encadrement en étant 3 à 4 points plus élevé que le taux moyen des pays de l’OCDE, avec près de 23 élèves par classe contre une moyenne se situant entre 18 et 19 élèves par enseignant en moyenne pour les pays de l’OCDE.

L’école est pourtant dans un moment historique où s’affrontent les intérêts du capital d’un côté, qui poussent à la baisse de la dépense publique, la réduction des moyens de l’éducation, tout en favorisant de fait l’enseignement privé qui veut éviter des baisses d’effectifs afin de maintenir un taux de rentabilité acceptable pour les tenants de l’école privée.

De l’autre côté, les mobilisations des élus, des parents d’élèves fleurissent partout sur le territoire pour défendre l’école publique, notamment dans les quartiers populaires urbains ou les territoires ruraux.

Chacun perçoit que cette baisse démographique peut être l’occasion d’améliorer les conditions d’enseignement des élèves et des enseignants, avec notamment la réduction du nombre d’élèves par classe. L’offensive idéologique à l’œuvre depuis des années contre l’école publique montre ainsi un objectif clair : soumettre l’État aux intérêts capitalistes, y compris le service public d’éducation, ou répondre aux attentes et aux aspirations des familles de travailleuses et de travailleurs qui veulent le meilleur pour leur enfant, en considérant toujours que l’école doit être le lieu de l’émancipation de toute la jeunesse.

Les communistes, les élus et les fédérations sont engagés dans ces batailles contre les fermetures de classe. Il s’agit non seulement d’améliorer les conditions d’enseignement mais aussi de créer les conditions de la transformation de l’école en améliorant les conditions de travail des personnels de l’éducation, en redonnant à l’école publique les moyens d’accomplir ses missions, de répondre aux besoins de tous les élèves, permettre l’élévation du niveau de connaissance de toutes et tous, engager de manière nouvelle la bataille contre les inégalités sociales de réussite scolaire en se basant sur les besoins de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre. C’est aussi un levier pour recréer un véritable service de remplacements des enseignants quand on sait que ce sont les territoires les plus populaires qui pâtissent de ce manque de personnels.

Il s’agit dans les semaines qui viennent de faire grandir ces milliers de batailles contre les fermetures en ouvrant une perspective de changement de politique en rupture avec les politiques libérales menées depuis une quinzaine d’années.

Il s’agit enfin d’ouvrir une perspective de reconquête de temps de classe après 15 années de régression où les élèves de France ont perdu l’équivalent de 2 années de classe sur tout le temps de la scolarité obligatoire, et ce sans alourdir le temps de service des enseignants. Au contraire même, il s’agit de faire respirer les classes, et comme le propose le projet communiste pour une école émancipatrice, libérer du temps pour la pédagogie, la concertation, la préparation de la classe et le travail en équipe.

Cette baisse de la démographie, à moyens constants ou mieux, en récupérant le point de PIB supprimé au ministère de l’Éducation est un véritable levier si un mouvement large s’en empare pour remédier aux inégalités et permettre l’élévation du niveau de connaissances, un véritable développement des savoirs dans la société.

Cette bataille appelle une mobilisation et des réponses concrètes à court terme, mais elle exige aussi de faire grandir l’exigence d’une alternative politique, en rupture avec les politiques menées, avec la visée de transformer l’école, pour une école émancipatrice.

Sébastien Laborde

Article publié dans CommunisteS, numéro 1082 du 15 avril 2026.

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