Le débat des communistes, échos de l'Orne

Publié le 20 novembre 2024

Dans le cadre de la conférence nationale, la fédération de l’Orne a organisé deux activités formatives pour alimenter la réflexion et les échanges entre les camarades lors des AG de sections et de l’AG départementale le 7 décembre.

La première activité, animée par Gérard Streiff, avait pour thème « Mieux connaître le Rassemblement national pour mieux le combattre », et la seconde aborde la question du « Pourquoi nous sommes communistes aujourd’hui ? » (animée par Daniel Cling, réalisateur du documentaire « Heureux qui communiste »).

Les militant·e·s de l’Orne prennent au sérieux la préparation de cette conférence nationale qui est un moment important pour notre parti dans cette période complexe. Je ressens chez les communistes de l’Orne une déception du résultat des deux dernières élections. La campagne n’a sans doute pas assez été relayée par les adhérents qui se sont peut-être trop reposés sur Léon et sur Fabien, en escomptant que leurs personnalités suffiraient à remporter des voix.

Pourtant : C’était une liste ouverte sur le monde du travail, qui incluait des représentants syndicaux. Lors de ses déplacements sur le terrain, Léon Deffontaines semblait être bien accueilli par la population. Il semble avoir bénéficié d’un temps d’antenne supérieur aux européennes de 2019. Dans les débats en direct comme dans ses meetings, Léon a réussi à mettre Bardella face à ses contradictions pour « déconstruire le mythe d’un RN défenseur des travailleurs français », en mettant la lumière sur la réalité des votes de l’extrême droite.

Sur notre territoire le manque de mobilisation s’explique en partie par la moyenne d’âge des militants qui n’ont plus l’énergie ni la santé pour s’impliquer comme par le passé dans les campagnes électorales, principalement dans les zones rurales mal desservies par les transports collectifs et où il est difficile de rejoindre les électeurs. La question des adhésions et du renouvellement des cadres va être cruciale pour l’avenir du Parti dans l’Orne. Il y a un trou de génération avec les jeunes, d’autant plus difficiles à rejoindre qu’une fois leurs études secondaires terminées ils quittent le département et n’y reviennent pas, faute d’emploi.

Je voudrais ici m’arrêter sur la question 2 : « Comment lutter plus efficacement contre l’extrême droite et les politiques capitalistes qui nourrissent sa progression et gagner des transformations révolutionnaires ? » C’est toujours le capitalisme qui appauvrit le peuple et amène l’extrême droite au pouvoir. C’est pourquoi je propose d’inverser la question : Comment lutter plus efficacement contre le capitalisme pour empêcher la progression de l’extrême droite ?

On constate une certaine individualisation dans la société. Lors des délocalisations, les salariés préfèrent négocier des primes de départ individuelles plutôt que de s’unir pour faire front contre l’entreprise. Il est donc important de travailler à rassembler autour de projets unificateurs pour le bien commun.

Plutôt que de chercher à démoniser le RN aux yeux de la population, mieux vaut comprendre les motifs des électeurs et écouter leurs préoccupations. Parlons avec les gens de ce qui les préoccupe dans leur quotidien. Montrons-leur que le PCF est à leur écoute, les comprend, et a des propositions sérieuses et réalisables face à la crise. Osons nous positionner clairement sur des sujets souvent tabous dans les discours de gauche, face aux événements qui surviennent : sentiment d’insécurité et besoin de sécurité, interventions policières, situation dans les banlieues, laïcité, immigration, port du voile dans l’espace public, attachement au fait national et à la souveraineté nationale. Recentrons notre discours autour de la dignité humaine. Dans nos discussions avec la population, désignons clairement ceux qui sont réellement aux commandes de l’Union européenne et démontrons les liens directs entre ces dirigeants et les choix économiques qu’ils imposent aux pays membres – et l’impact économique, social et environnemental de ces choix sur le quotidien des citoyens.

Il est temps que le PCF retrouve sa visibilité dans l’union avec ses partenaires de gauche et rallume les initiatives qui ont longtemps fait de lui le premier parti de la classe ouvrière.

Nicolas Ledentu

Article publié dans CommunisteS, numéro 1019 du 20 novembre 2024.

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