L’espoir de lendemains qui chantent

Publié le 22 octobre 2025

Malgré une pluie battante, ce dimanche 19 octobre 2025, plus d’un millier de personnes ont participé à l’hommage rendu comme chaque année depuis 84 ans à la carrière de Châteaubriant, aux 27 otages, fusillés le 22 octobre 1941, dont Guy Môquet ou Jean-Pierre Timbaud.

En présence du préfet de Loire Atlantique, du président du département, du maire, président de la Communauté de communes Châteaubriant-Derval, de sénateurs et députés, du vice-président de Nantes Métropole et de nombreux élus, visiteurs, militants associatifs ou de la CGT et du Parti communiste français, un vibrant hommage a été rendu. Plus de 100 jeunes qui ont participé au projet pédagogique de collecte de terres de lieux d’internement, de résistance ou de déportation, venus de Nantes, d’Angers, d’Aubervilliers ou Gennevilliers avec leurs enseignants ont été mis à l’honneur.

Puis Carine Picard-Nilès, présidente de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt a insisté : « N’oublions pas que derrière ces noms que nous honorons et qui jalonnent nos rues et nos bâtiments publics, il y eut des hommes, des hommes dont les noms ont été choisis par des ministres, des préfets et hauts fonctionnaires français, aux ordres du gouvernement de Vichy et à la botte des Allemands pour écraser des indésirables. » Pour finir, elle a rappelé le besoin de continuer à transmettre leur combat contre le fascisme, l’antisémitisme, la haine pour que leur mort serve à quelque chose. C’est pourquoi une grande souscription est lancée pour rénover le site et agrandir le musée. « Cela doit être notre combat dans leurs pas, car un présent sans passé n’a pas d’avenir. Le fascisme et la haine, nous les avons déjà essayés et ils n’apportent que misère, guerre et mort. Alors résistons encore et encore pour être dignes d’eux et d’elles. »

Dans la foulée, Stéphane Peu, député et président du groupe Gauche démocrate et républicaine à L’Assemblée nationale, représentant le PCF, a repris que « dans chacune des lettres qu’ils écrivent ce 22 octobre à leur famille, il y a l’amour de la France, la fierté de la justesse du combat mené, la fidélité à leurs idéaux révolutionnaires et l’espoir de lendemains qui chantent, pour leurs familles, pour leurs camarades, pour leur pays. » Puis, après s’être félicité du rétablissement d’une réalité historique sur la résistance communiste, avec l’entrée de Missak et Mélinée Manouchian dans le temple de l’honneur de la patrie, le Panthéon. Il a ajouté : « Martha Desrumaux, Marie-Claude Vaillant-Couturier et tant d’autres femmes résistantes communistes y auraient aussi largement leur place aux côtés de Geneviève Anthonioz de Gaulle et Berty Albrecht. » Le public a salué cette proposition par de vifs applaudissements. Il a conclu en disant que les propos et les attitudes des députés du RN à l’Assemblée le motivent à ne rien leur céder en mémoire de tous ces élus et militants communistes qui ont payé de leur vie pour que vive la France. Car, « qu’ils le veuillent ou non, ils sont les héritiers politiques de ceux qui ont désigné les otages, qui ont arrêté les juifs, qui ont fait honte à la France. »

Pour conclure ce temps d’hommage, les chorales Chœur et Mouvement 93, Echosonora et Méli-Mélo, accompagnées d’une classe de CM2 de l’école La rose des vents d’Erbray, ont chanté la victoire de 1945, mêlant lettres de fusillés et poèmes en apportant une touche d’ensoleillement et surtout d’espoir pour un monde meilleur.

Carine Picard

Article publié dans CommunisteS, numéro 1059 du 22 octobre 2025.

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