Face à Trump : reprendre en main les outils de la souveraineté démocratique des peuples

Publié le 18 février 2026

La soirée consacrée au « Défi Trump : Faire Face » organisée par la Fondation Gabriel Péri et le PCF le lundi 16 février a permis de réunir autour de deux tables rondes chercheurs, responsables de revues et politiques.

La première table ronde a fourni l'occasion d’affiner le constat de la nature du pouvoir à laquelle les peuples ont désormais à faire. Au-delà du personnage Trump, se développe une politique cohérente de réaction aux évolutions mondiales qui échappent en grande partie désormais au capitalisme et à l’impérialisme étatsuniens. C’est ce qu’ont développé les intervenants (Charlotte Balavoine, administratrice de la Fondation Gabriel Péri ; Vincent Ortiz, rédacteur en chef adjoint de Le Vent Se Lève ; Anne-Cécile Robert, directrice adjointe du Monde diplomatique ; Despina Sinou, maitresse de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord et membre de l’Institut Nicos Poulantzas ; Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS). Le focus porté par chacun des intervenants a permis de développer les différents aspects de la contre-offensive trumpiste : contre le droit international et l’ONU, contre la souveraineté des peuples de l’Amérique Latine et Caraïbes, contre Cuba, ou par l’utilisation de l’outil des sanctions.

La seconde table ronde, composée de Frédéric Boccara, économiste, membre du CESE ; Vincent Boulet, responsable international du PCF ; Daniel Durand, président de l’Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix (IDRP) et de Natacha Polony, directrice de la revue l’Audace!, portait sur les alternatives possibles. On pourrait les résumer en disant qu’il est temps de renouer avec la dialectique jaurésienne : la souveraineté démocratique des nations, y compris dans les domaines industriels, commerciaux, militaires, comme levier pour construire de nouvelles coopérations mutuellement bénéfiques dans les intérêts des peuples. Cela impose de livrer des batailles politiques concrètes : pour la sortie et le démantèlement de l’OTAN, pour la rupture avec les traités européens qui organisent la désindustrialisation du continent et sa soumission aux intérêts étatsuniens, pour une nouvelle construction européenne, fondée sur les principes d’Helsinki et sur une union de peuples libres, souverains et associés, pour le soutien aux initiatives de dédollarisation dans la perspective d’une monnaie commune mondiale de compte.

La rencontre a permis de faire une démonstration : il existe un espace intellectuel et politique pour reprendre en main la question de la souveraineté, dans tous les domaines, comme outil pour de nouvelles coopérations internationales. Cet espace porte une exigence : celle de développer une riposte qui soit à la hauteur du moment de basculement historique mondial, qui est en train d’emmener les peuples à la catastrophe. Mais des alternatives existent, au niveau international, en Europe même, pour faire émerger un autre ordre du monde de peuples et de nations libres et solidaires. Le rapport de force à établir se situe à un niveau très élevé. Mais l'histoire a montré que les peuples et que les forces du mouvement ouvrier (dans leur diversité) et les forces démocratiques peuvent être à la hauteur.

Article publié dans CommunisteS, numéro 1074 du 18 février 2026.