Après 8 000 visiteurs en 2024, on a approché les 11 000 cette année.
« Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin ». Si pour certaines et certains venir au siège du PCF peut être l’occasion d’un pèlerinage, comme cette femme qui a retrouvé sur le mur d’images (visible cette année) des événements qu’elle a vécus et heureuse que nous les ayons évoqués dans nos conférences, globalement il est clair que la jeunesse des visiteurs ne pouvait laisser penser à un retour aux sources.
Samedi matin, avant même l’ouverture, sous la pluie, commençait à s’étirer une file d’attente qui ne cessera de croître, même après l’ouverture des portes. Même phénomène le dimanche où, à 16 h, la file d’attente s’étirait sur 200 mètres le long du boulevard de la Villette. Il n’est même pas exclu qu’à leur insu, les visiteurs stationnent devant le n° 100, là où avait habité le colonel Fabien.
À quoi tient ce phénomène ? Oscar Niemeyer, l’éternel, est toujours Oscar Niemeyer. Le siège du PCF reste le même au fil des ans, le seul siège d’un parti politique, construit spécialement pour lui, dont il est toujours propriétaire et qu’il occupe depuis 54 ans.
Certes les journées européennes du patrimoine, placées cette année sous le signe de l’architecture, il était peut-être logique de venir visiter la seule réalisation à Paris d’un des grands maîtres de l’architecture dite moderne.
Il y avait également la belle et militante exposition des Amis de l’Humanité qui a connu un certain succès. Plusieurs estampes ont été vendues, véritables trésors pour celles et ceux qui les ont acquises, comme me l’ont expliqué les deux camarades qui tenaient le stand.
Avec mon pote Jean-Philippe Gillet, postier élu communiste de Paris et formateur à la CGT, nous avons tenu, sur les deux jours, 11 conférences de ¾ d’heure à une heure, voire plus, dans une coupole de 200 places. Oui, cette année il y avait des sièges. Nous avons joué cartes sur table, ni historiens, ni architectes, nous avons précisé que nos propos seraient marqués de notre engagement et de notre expérience militante. Nous avons, sans tabou, abordé l’histoire de ce bâtiment et de son architecte, qui est aussi celle de notre parti en prise avec l’Histoire de notre pays et de ce quartier révolutionnaire, populaire et cosmopolite, mais aussi les recettes du Parti, et la dernière trouvaille de Retailleau sur la parité, les Brigades internationales, 1939, la clandestinité, la Résistance, la libération de Paris, les doutes sur la mort du colonel Fabien... Pas de problème, chaque conférence s’est terminée par des applaudissements sincères et chaleureux.
La place était donnée aux questions, toutes marquées de l’envie d’apprendre ou de témoigner, comme ce petit-fils (déjà âgé) d’un déporté au camp d’internement de Gurs et fier de faire un parallèle avec le parcours de Pierre Georges. Ou cette architecte qui avait rencontré Oscar Niemeyer et à laquelle j’ai dû dédicacer la brochure sur la Maison des communistes, que nous avons vendue à plus de 40 exemplaires. Et puis cette femme qui me demande s’il est possible d’adhérer au PCF, chose également vécue à l’accueil. Et ce jeune travailleur du BTP qui au cours d’un échange me dit : « Je pense qu’il va falloir que je m’organise si je ne veux pas perdre pied dans cette situation. » Bon raté, je n’avais pas de bulletin d’adhésion dans ma poche. Comme quoi, toujours avoir un bulletin sur soi est important.
Puis, les visites terminées, avec Jean-Phi, autour « d’une » mousse, nous nous sommes dit que nous venions de vivre durant ces deux jours un de nos instants militants des plus remarquables, et pourtant, nous avons l’un et l’autre bourlingué, avec un point commun : notre militantisme en entreprise. Nous nous sommes posé la question, est-ce un prolongement du succès de la Fête de l’Huma et/ou un nouvel intérêt porté à notre parti ? En tout cas, nous nous sommes aussi posé la question : Pourquoi aujourd’hui encore des camarades continuent à se flageller alors que semble souffler un vent porteur.
Gérard Pellois et Jean-Philippe Gillet
Article publié dans CommunisteS, numéro 1055 du 24 septembre 2025.