Le ton est donné dès le meeting d’ouverture le samedi midi, avec la sénatrice de Seine-Maritime Céline Brulin, et Fabien Gay, son collègue de banc et directeur du journal l’Humanité.
« Nous ne laisserons pas faire ceux qui veulent nous imposer l’austérité à tous les étages. Ils veulent nous supprimer un deuxième jour férié, représentant 2,5 milliards d’euros de travail gratuit, alors que Barnier et Macron refusent de taper dans les 80 milliards d’euros d’exonérations de cotisations des entreprises qui sont dilapidés chaque année sans contrepartie », tonne Céline Brulin. « Lorsqu’on donne autant d’argent, il est normal de pouvoir contrôler si cet argent a été utilisé pour l’emploi, pour investir dans les machines, ou alors pour verser des dividendes aux actionnaires », renchérit Fabien Gay sous les applaudissements nourris des 300 personnes venues écouter les deux élus.
Le soir, entre le concert de Tiken Jah Fakoly et Babylon Circus, les vieux de la vieille qui participent à la Fête depuis vingt ans côtoient les plus jeunes qui découvrent l’évènement pour la première fois. Bernard, militant communiste à Rouen, taille le bout de gras avec Victor. Ils ont assisté, ensemble, à la conférence donnée par Salah Hamouri et Jean-Paul Lecoq sur la Palestine. En face, au stand des cheminots de Sotteville, Sandra et Mathieu, infirmiers tous les deux, commentent la table ronde ayant rassemblé Victor Castanet (journaliste ayant révélé le scandale Orpea dans les Ehpad), Édouard Bénard et des militants de la CGT. Bien que venus prioritairement pour assister aux concerts, ces deux fans de reggae se sont laissés happer par l’ambiance politique des débats proposés.
Tony et Séverine, eux, sont militants de la CGT et ne louperaient pour rien au monde le débat avec Christophe Callay, secrétaire de l’UD-CGT, et Céline Brulin, autour des questions industrielles. « 150 000 emplois détruits cette année, autant l’année prochaine, ça va s’arrêter où ? », s’alarment-ils, à raison.
Lorsque nous retrouvons Chantal et Jocelyne boire un coup au stand de Saint-Etienne-du-Rouvray, c’est après avoir assisté au débat avec la secrétaire générale du Secours populaire. « Henriette Steinberg a été impressionnante », explique l’une. « Elle a raison, il faut faire monter la riposte face aux mauvais coups du gouvernement qui aggravent la pauvreté dans le pays », s’emporte l’autre.
Pierre, comme de nombreux visiteurs, se questionne sur la situation politique : « Prendre ma carte au PCF, eh bien pourquoi pas ? » glisse-t-il avec un sourire énigmatique. Cet habitant de la campagne havraise, venu « d’abord pour les concerts », a voté pour le Nouveau Front populaire aux dernières élections. « L’union est un combat, comme dirait l’autre, mais il faut tenir bon, même si les uns trouvent les autres insupportables et vice-versa. Les partis, c’est une chose, mais les gens sont en état d’urgence ! »
À quelques tables de là, entre les restos de Dieppe, de l’Eure, de la Manche et de l’Orne, face au bar d’Elbeuf et Oissel, le chef d’orchestre de la Fête, Arthur Scetbon, affiche une mine fatiguée mais satisfaite. 6 000 Normands ont participé à cette Fête de l’Huma Normandie. Un record depuis vingt ans.
Au nom des secrétaires départementaux du PCF et des militants qui, nombreuses et nombreux donnent de leur temps sans compter pour faire vivre ces moments de fraternité exceptionnels, marque de fabrique de la force communiste française,
Aurélien Lecacheur
secrétaire départemental du PCF76
PS : Cette vingtième édition de la Fête a marqué un véritable renouveau. Cela n’aurait pas pu être possible sans l’engagement sans faille de Roland Bernard, Céline Brulin, Gilbert Louvet, Gilles Croguennec, Patrick Le Hyaric, Olivier Valentin, Pascal Aubrée et Thibaut Weiss. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés, comme ceux qui ont, un jour ou un autre, participé à faire vivre ce grand barnum militant, festif et politique.
Article publié dans CommunisteS, numéro 1019 du 20 novembre 2024.