PLF : Barnier sacrifie aussi le climat !

Publié le 14 octobre 2024

Le Premier Ministre multiplie les discours sur la "dette écologique" mais sacrifie le climat !

Avec un projet de loi de finances qui prévoit 19,5 milliards d’euros pour l’écologie, c’est une baisse des aides de 1,9 milliards d’euros qui est annoncée. La hausse en trompe l’œil du budget n’est due qu’au mécanisme de rachat obligatoire d’électricité renouvelable (du fait de la spécificité des contrats) qui fait mécaniquement augmenter le montant des dépenses.

Pourtant, 2023 a été une des années les plus chaudes jamais enregistrées.

Alors que le dernier rapport du HCE (Haut Conseil pour le Climat) nous intime d’accélérer la transition climatique, le gouvernement de Michel Barnier s’apprête au contraire à appuyer sur la pédale de frein avec les deux pieds.

La rénovation énergétique des bâtiments ? 1 milliard d’euros d’économies sur le dispositif Ma Prim’rénov, alors qu'il faudrait 3 milliards supplémentaires !

La voiture électrique ? Elle restera un produit de luxe avec 500 millions d’euros d’aides en moins que prévu alors qu'il faudrait 2 milliards de plus !

Le soutien écologique aux projets des collectivités territoriales ? Le « fonds vert » est amputé de 1,5 milliard d'euros alors que là aussi plusieurs milliards supplémentaires seraient nécessaires !

Les réseaux de chaleur urbains ? L'Ademe voit son « fonds chaleur » passer de 1,37 à 0,9 milliard d’euros !

La recherche et l'enseignement supérieur ? Ils sont amputés de près d’1 milliard d’euros alors que le climat, la biodiversité, ont plus que jamais besoin de recherche, d’une jeunesse bien formée, pour se donner toutes les chances de surmonter les grands défis. Rappelons qu’un collectif d’éminents scientifiques avait lancé un plaidoyer l’an dernier pour créer un centre de recherches et d’innovation mobilisant les scientifiques et l’industrie, doté pour cela d’un budget d’1 milliard d’euros.

L'électrification des usages ? Elle est contrariée par la taxe sur l’électricité visant 3 milliards de recettes supplémentaires, soit une augmentation de 240 à 540 euros pour les ménages !

Notons aussi les grands absents de ce PLF : le transport !

Le secteur qui est pourtant le plus gros émetteur de gaz à effet de serre n’est quasiment pas mentionné alors que de grands chantiers pour la rénovation du réseau ferroviaire ou celui des RER métropolitains appellent à des dépenses nouvelles importantes : où sont passés les 25 milliards d’euros d’engagements de l’Etat pour une période couvrant de 2023 à 2027 pour le ferroviaire ?

Quant au volet adaptation au climat, c'est encore le parent pauvre des politiques climatiques, alors que les inondations récentes et ses graves conséquences nous rappellent que l’adaptation au climat est une urgence.

Au total, avec ce PLF, en baisse de 10% au global, alors que même les économistes les plus libéraux, parlent de dépenses qui devraient se situer autour de 60 à 80 milliards d'euros par an pour le climat, dont une moitié devant venir des pouvoirs publics, c’est toujours loin du compte !

L’écologie, le climat, sont des défis bien trop sérieux pour être arbitrés par des agences de notation.

C’est une toute autre orientation qu’il faudrait prendre, en planifiant les dépenses, en les sanctuarisant avec une vision sur plusieurs décennies.

Le PCF quant à lui a pris ses responsabilités : avec son plan climat Empreinte2050 (consultable ici), présenté en novembre 2023, dont le sérieux a été salué par nombre de scientifiques et de spécialistes du climat, il détaille poste par poste, dans tous les secteurs, le bâtiment, le logement, l’industrie, l’agriculture, les dépenses à engager, estimées à près de 186 milliards d’euros par an, pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Les montants sont tels que la nécessaire réforme de la fiscalité, pour que les plus riches paient plus, ne suffira pas : c’est une toute autre logique économique que nous promouvons, avec une dynamique à l’échelle européenne, en réorientant la création monétaire massivement vers l’écologie, avec un tout autre rôle pour la BCE, et des pouvoirs nouveaux pour les salariés dans les entreprises, pour plus d’efficacité afin de s’affranchir de l’agenda des actionnaires. C’est en changeant cette logique économique, et non pas par des politiques austéritaires, que nous ferons face durablement à la crise sociale et écologique.

Parti communiste français

Le 14 octobre 2024

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