Relance du nucléaire durable : exigeons un financement ambitieux !

Publié le 18 mars 2026

Le Conseil de politique nucléaire du 12 mars a décidé de relancer la filière française nucléaire à neutrons rapides, dite aussi « nucléaire durable », de façon à ce que notre pays puisse s’affranchir de toute importation d’uranium dès le début du siècle prochain.

Le Parti communiste français se félicite de cette décision qui opère un revirement salutaire après la fermeture de SUPERPHÉNIX en 1997 et l’abandon du projet ASTRID en 2019. Cela répond à ce qu’il avait porté, notamment par la voix du député André Chassaigne dans une tribune transpartisane de décembre 2024 « Pour la relance d’un projet de réacteur rapide refroidi au sodium » et lors de notre initiative nationale de juin 2025 au siège du PCF « Energie nucléaire : une filière durable pour le 21ème siècle. », moment du débat sur son plan-climat « EMPREINTE 2050 ».  

Dans le cadre de l’indispensable action mondiale pour l’atténuation du changement climatique, notre pays doit réduire sa consommation de combustibles fossiles jusqu’à s’en passer à l’horizon de 2050. Cela demande une forte électrification des usages et le développement de tous les moyens de production d’électricité décarbonée, nucléaires, hydrauliques, solaires et éoliens. Sur tous les continents, beaucoup de pays en viennent au même constat : le recours au nucléaire en tant qu’énergie pilotable et décarbonée est incontournable. La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, jusqu’à présent connue pour son opposition à l’énergie nucléaire, vient de déclarer que sa réduction en Europe a été « une erreur stratégique ».

Dans le contexte de relance mondiale du nucléaire, la demande d’uranium va s’accroître dans les prochaines décennies, faisant courir le risque à moyen ou long terme de fortes tensions sur le marché mondial de ce minerai. Or la France avait commencé à développer et à maîtriser la filière à neutrons rapides, dite « surgénératrice », qui permet de transformer un rebus du cycle du combustible actuel, l’uranium appauvri, en matière fissile, le plutonium, composant le combustible des réacteurs. Grâce à cette technologie, le stock de 400.000 tonnes d’uranium appauvri constitué dans notre pays devient un gisement d’énergie quasiment inépuisable durant des dizaines de siècles. Les études à reprendre à partir de l’expérience acquise et la transition du parc nucléaire actuel vers un parc surgénérateur demandant de longues décennies, il faut prendre la décision de les engager sans délai. C’est un devoir à l’égard de la génération à venir et de sa sécurité énergétique. Trop de temps a déjà été perdu.

Il est toutefois à regretter que le Conseil de politique nucléaire, placé son l’autorité du Président de la République, soit resté obscur sur le mode de financement du programme de relance, s’en remettant à des « partenariats européens et internationaux ainsi qu’aux contributions des industriels ». 

Le PCF exige un financement ambitieux indispensable aux travaux de recherche et d’ingénierie pour développer la filière du nucléaire durable. Cela passe par une autre utilisation de l'argent public, des banques et des entreprises.

Paris, le 18 mars 2026

Parti communiste français.

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