1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
6/12 avril 1936 (14) Espagne, en avant !
Les Cortes destituent le 7 avril le président de la République Zamora (Niceto Alcala-Zamora y Torres) ; il sera remplacé par Manuel Azana, qui était chef du gouvernement du Frente popular depuis février. C’est une grande figure du républicanisme espagnol.
L’enjeu espagnol passionne le public français et l’Humanité vient de consacrer vingt longs reportages à ce pays sous le titre « Espagne, en avant ! » Cette série se termine (11 avril) sur un entretien avec le leader socialiste (de gauche) Alvarez del Vayo. Celui-ci estime que le Frente popular est à l’avant-garde de la lutte pour la paix. Le journaliste (Laurent Darnar) rebondit sur ce terme et conclut ainsi ses enquêtes : « À l’avant-garde ! Tel est le mot qui clora cette enquête. À l’avant-garde dans la lutte contre le fascisme (…), voilà l’Espagne ! À l’avant-garde dans les mesures sociales et économiques qui libèrent le paysan, lui donnent le sol, améliorent le sort de l’ouvrier, défendent le petit commerçant contre l’usure et la haute finance, voilà l’Espagne ! (…) La meute réactionnaire peut hurler chez nous. Elle regrette qu’on ne puisse plus en Espagne abattre les travailleurs au coin des rues. Elle hait l’exemple de liberté donné par le Front populaire d’Espagne. C’est pourquoi nous, nous exaltons cet exemple. »
Un débat traverse le monde politique et sportif : faut-il participer aux prochains Jeux Olympiques de Berlin ? « Nous nous sommes prononcés, écrit l’Humanité, il y a plus d’un an contre la tenue à Berlin des Jeux Olympiques. Un mouvement populaire est né qui s’est assigné cette tâche d’honneur. (…) Nous communistes approuvons ce mouvement qui, loin de tout chauvinisme, ne vise au contraire qu’à soutenir de toutes ses forces la lutte que le peuple allemand mène contre ses bourreaux. Avec tous les amis de la paix, avec tous les ennemis du fascisme, nous crions : Pas un sou, pas un homme pour les Jeux Olympiques de Berlin ! »
Le 12 avril, le quotidien communiste publie son bilan financier. Son tirage serait passé de 211 000 en 1934 à 217 000 en 1935 et à 234 000 pour les six derniers mois et une vente qui dépasserait largement les 200 000 exemplaires par jour.
Dans le cadre de la campagne électorale, la radio occupe une part de plus en plus importante. On se rappelle que l’État avait racheté en 1933 « Radio-Paris » pour en faire le « Poste national ». Le quotidien communiste annonce ainsi que le 17 avril prochain, le représentant du PCF parlera de 20 h à 20 h 30 « au micro du Poste national. (…) C’est avec la plus grande satisfaction, nous en sommes persuadés, que les sans-filistes ont appris cette nouvelle et nous sommes persuadés qu’ils seront par dizaines et centaines de milliers à l’écoute pour entendre la voix de notre grand parti. »
Gérard Streiff
Article publié dans CommunisteS, numéro 1081 du 8 avril 2026.