1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
27 avril /3 mai 1936 (17) La victoire !
Outre la tenue d’un Premier Mai très offensif « pour le pain, la paix, la liberté », toute cette semaine est tendue vers le second tour des législatives du 3 mai. On note dans le quotidien communiste du 1er mai un article, à la Une, de Maurice Thorez (réélu à Ivry), intitulé « Les projets des communistes ». Le groupe communiste à la Chambre, dit-il, va proposer dès la semaine suivante une résolution « pour faire payer les riches » et il déposera cinq demandes précises : 1) Un vaste programme de grands travaux et un rajustement des salaires ; 2) La suppression des décrets-lois (de Laval) socialement injustes ; 3) La protection de l’enfance, des familles (nombreuses) ; 4) Une grande politique d’éducation physique et de sport ; 5) La revalorisation des produits agricoles. En outre, le groupe exigera « une commission de moralité » pour vérifier l’origine des fortunes des politiciens (comme Laval par exemple…).
Faisant suite à un premier tour très prometteur, la victoire est au rendez-vous le 3 mai : le PCF compte 72 élus (contre 12 en 1932), le PS 149, les radicaux (en recul) 110. Les élus du Front populaire emportent la majorité de la Chambre, 386 députés sur 610. Parmi les nouveaux élus communistes, on signale : Jacques Duclos, Gabriel Péri, François Billoux, Ambroise Croizat, Georges Cogniot, Charles Tillon, Etienne Fajon, Waldeck Rochet, Virgile Barel, Prosper Mocquet, Jean Catelas. Dans la Seine, sur 60 circonscriptions, le Front populaire détient 39 sièges dont 32 communistes.
Marcel Cachin (le 4 mai) fait part de « sa grande joie », non seulement du succès communiste et des candidats du Front populaire mais, dans le même temps, de la défaite des candidats fascistes « et des chefs les plus insolents des factieux » comme Gignoux, « l’homme du Comité des forges », ou Marcel Déat, ministre de l’Air. Les réactionnaires, écrit-il, « vont répéter que c’est la Révolution, que c’est la fin du pays et que ce sera demain le désordre et le chaos. Ils vont reprendre leurs propos menteurs sur l’Espagne et les prétendus excès du Front populaire dans la péninsule ibérique. Le peuple de notre pays conservera tout son sang-froid devant ces absurdes violences de langage, il se préparera avec calme à faire passer dans la réalité le programme du Front populaire. »
À l’international, ces jours de la fin avril 1936 en Palestine mandataire marquent le début de « la grande révolte arabe », un mouvement de rébellion des territoires sous mandat britannique, qui va durer plusieurs années et qui demande notamment la création d’un État arabe indépendant.
Gérard Streiff
Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.