Série - Le carré rouge #12

Publié le 15 avril 2026

Le carré rouge Maurice Thorez (12)

En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».

Maurice Thorez 1900-1964

Après son certificat d’études, il entre à la mine, comme trieur de pierres puis administratif. En 1914, à la déclaration de guerre, il est évacué avec son grand-père ; la Creuse, puis la Somme, la Belgique où il retrouve ses parents, et en 1918, retour au pays à Noyelles-Godault (62). Comme tous à cette époque, il effectuera divers métiers. De 1919 à 1921 il sera mineur de fond ; l’interruption du service militaire ne l’empêchera pas durant ses permissions de retourner au fond. Il adhère à la CGT et à la SFIO. C’est donc sous les drapeaux qu’il apprendra la création du Parti communiste.

En 1922, militant actif à la JC et à la CGTU des mineurs, la mine refuse de le réembaucher à sa démobilisation. Il travaillera dans le bâtiment.

Permanent du PCF en 1924, il est en 1925 au Comité central et au Bureau politique responsable de l’organisation et de l’action contre la guerre du Maroc. Condamné à plusieurs reprises pour actions antimilitaristes, il échappe à la police et entre dans la clandestinité. Candidat aux législatives de 1928 à Ivry-sur-Seine, clandestin, il ne peut pas mener campagne. Arrêté en 1929, libre en 1930, il devient secrétaire général du PCF jusqu’en 1964 à sa mort. En 1932 il est élu député.

Dans ces années 1930 Maurice Thorez joue un rôle décisif en œuvrant au rassemblement des forces populaires, démocratiques et nationales contre le fascisme, aboutissant à la victoire du Front populaire en 1936. Il est réélu aux législatives.

En 1939, à la déclaration de guerre, Thorez est mobilisé. Répondant aux consignes de l’Internationale communiste, il déserte et se rend en URSS. Il sera condamné à six ans de prison pour désertion en temps de guerre, puis privé de sa nationalité française. En 1945 il retrouve, par décret, sa nationalité française, il entre au gouvernement comme ministre de la Fonction publique, avec quatre autres ministres d’État ; il devient vice-président du Conseil.

En 1947, les ministres communistes sont exclus du gouvernement pour avoir refusé les crédits de guerre contre l’Indochine et la confiance au gouvernement Ramadier. En 1950, le culte de la personnalité autour de Thorez, à l’image de celui de Staline en URSS, est à son apogée. De 1950 à 1953 Jacques Duclos remplacera Thorez qui, atteint d’une hémiplégie est parti se soigner en URSS. En 1956, Maurice Thorez admettra difficilement « le rapport Khrouchtchev » sur Staline, tout comme la déstalinisation.

En mai 1964, Waldeck Rochet devient secrétaire général. Maurice Thorez décède le 11 juillet 1964. Un million de personnes l’accompagneront le 15 juillet du siège du PCF, le « 44 Le Peletier », jusqu’au Père-Lachaise.

Jeannette Thorez-Vermeersch 1910-2001

Julie Marie Vermeersch travaille à onze ans. En 1927 elle adhère à la CGTU, à la Jeunesse communiste et au Parti communiste. Permanente du PCF en 1932. En 1936, durant la guerre d’Espagne, elle met sur pied un réseau de solidarité pour les républicains espagnols.

Membre du Comité central en 1947, du Bureau politique en 1950.

Députée de 1945 à 1958, puis sénatrice de 1959 à 1968. En octobre 1968, elle démissionne du Bureau politique et du Comité central, le Parti prenant trop de distance avec Moscou.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1082 du 15 avril 2026.