Série - Le carré rouge #13

Publié le 22 avril 2026

Le carré rouge Marcel Cachin (13)

En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».

Marcel Cachin 1869-1958. Né à Plourivo près de Paimpol (22), breton il le sera jusque dans sa tombe, un bloc massif de granit breton. En 1892, professeur de philosophie à Bordeaux et membre du Parti ouvrier français de Guesde (87e division) il sort un journal clandestin et signe Le Breton. Les bretons guesdistes sont peu nombreux à Bordeaux, il est repéré et on lui retire sa bourse d’études. En 1941, dans la clandestinité, il sera Le Barazer (le pain sec).

En 1932 il fonde le groupement des « Bretons émancipés », objectif : « ...unir et rassembler les travailleurs bretons qui ont quitté notre petite patrie... » pour s’organiser et s’émanciper des images arriérées, de ploucs et de Bécassine, de l’obscurantisme religieux, des travers nationalistes et prendre conscience de leur exploitation. En 1937 il édite le n° 1 de War sao ! (debout), premier mot de l’Internationale. Il est un fervent défenseur de sa « ...vieille et belle langue, libre et barbare » et de la culture bretonne.

En 1904, il est délégué au Congrès de la IIe Internationale socialiste à Amsterdam en tant que représentant du Parti socialiste de France, né de la fusion en 1901-1902 des blanquistes et des marxistes guesdistes. C’est là que, grâce à Paul Lafargue (76e division), il fait la connaissance de Marguerite David Von-Wien, déléguée du Parti socialiste américain, qui deviendra sa femme.

De 1912 à 1914, il sera conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine, puis député de la Seine en 1914, et sera régulièrement réélu en 1919-1924 et avril 1928.

En 1920, il est l’un des grands acteurs du congrès de Tours et de la naissance du Parti communiste. Pour l’histoire, la motion victorieuse porte son nom.

De janvier 1936 à 1940 il est sénateur. (Le 1er juillet 1939, Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères, assure l’ambassadeur d’Allemagne de mettre les communistes à la raison). Le 13 septembre il devient ministre de la Justice. Le 25 septembre 1939, les publications du PCF sont interdites ; le 26, dissolution de toutes les organisations communistes ; début octobre les élus sont emprisonnés. En janvier 1940, ils sont déchus de leurs mandats, ce qui sera le cas de Marcel Cachin le 29 février 1940.

Il sera député de la Seine en 1945, et régulièrement réélu jusqu’en 1958.

Dans ses responsabilités politiques, Marcel Cachin sera membre de la commission administrative permanente de la SFIO : suppléant (1905), titulaire (1907-1909, 1912-1920). Il sera directeur de l’Humanité de 1918 à 1958, puis membre du Comité directeur du Parti communiste (décembre 1920-1924), du Comité central (1925-1958), du Bureau politique (1922-1958).

Marcel Cachin, décède le 12 février 1958. Des centaines de milliers de personnes l’accompagnent du siège de l’Humanité, boulevard Poissonnière (9e arrond.), au Père-Lachaise où il est inhumé le 15/02/1958 auprès de son épouse, Marguerite David Von-Wiem, inhumée le 20/11/1956.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.

Les dernières actualités

Je m’inscris à la newsletter