Série - Le carré rouge #4

Publié le 18 février 2026

Le carré rouge (série) Henri Barbusse (4)
En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».

Henri Barbusse 1873-1935. Le 7 septembre 1935, Barbusse est le premier membre du PCF à être inhumé dans cet espace.

Au front, durant la guerre de quatorze-dix-huit, il écrira en 1916 son roman Le Feu, journal d’une escouade, le martyre des soldats des tranchées face aux horreurs de la guerre ; roman pour lequel il obtiendra le prix Goncourt et par lequel, dira Marcel Cachin, « ...il avait déshonoré à jamais la guerre impérialiste ».

Pacifiste et humaniste convaincu, en 1917 il fonde l’ARAC (l’Association républicaine des anciens combattants) avec Paul Vaillant-Couturier et Raymond Lefebvre. En 1919, toujours avec Vaillant-Couturier et Lefebvre, il anime le Mouvement Clarté, et son journal éponyme, Mouvement pacifiste et humaniste.

Il adhère au PCF en 1923 ; en 1926 il est directeur littéraire du journal l’Humanité. Avec Romain Rolland, en 1932, il lance un appel pour un Congrès mondial contre la guerre ; le premier se tient à Amsterdam et le second, en 1933, Salle Pleyel à Paris, d’où le nom de ce mouvement Amsterdam-Pleyel. Beaucoup d’intellectuels rejoignent le mouvement comme Einstein, Heinrich Mann, John Dos Passos, Upton Sinclair, Bertrand Russel, Maxime Gorki.

Toujours en 1932, et encore avec Romain Rolland, il ouvre la première université ouvrière, université dans laquelle professeront, entre autres, Politzer, Langevin et Wallon. Barbusse souscrit totalement à la Révolution d’Octobre et à l’URSS, il y séjournera à plusieurs reprises, de 1927 à 1929. Il assistera au VIe congrès de l’Internationale communiste, au Xe anniversaire de la Révolution d’Octobre et au congrès fondateur des « Amis de l’URSS » qui deviendra en 1945 « France-URSS ». En 1934, il participe également au premier congrès de l’Union des écrivains soviétiques et au Congrès international des Écrivains pour la défense de la culture. En 1935 il participe au VIIe congrès de l’Internationale communiste et c’est durant ce séjour qu’il décède d’une pneumonie, le 30 août 1935.

Un comité d’organisation est mis sur pied pour ses obsèques, avec Maxime Gorki et Romain Rolland. C’est un cortège de 300 000 personnes qui l’accompagnera au Père-Lachaise. Une foule rassemblée, portée par l’unité contre le fascisme des forces du Front populaire, ce combat que menait sans relâche Barbusse, comme ses combats pour la paix.

Le 13 septembre 1936, 50 000 personnes assisteront à l’inauguration de son monument réalisé en marbre de l’Oural et offert par les travailleurs de l’URSS. Deux plaques, l’une en russe, l’autre en français, évoquent ce don ; sur la dalle, une urne avec de la terre de la cote 1342, immortalisée dans son livre Le feu, terre ramenée lors d’une cérémonie au Chemin des Dames en 1949. La dalle est surmontée d’une stèle, avec en médaillon le profil d’Henri Barbusse. Il est à noter qu’en 1939, le Guide Bleu de Paris, de Hachette, inclut le plan du cimetière du Père-Lachaise et que la tombe d’Henri Barbusse n’y figure pas.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1074 du 18 février 2026.