Série - Le carré rouge #5

Publié le 25 février 2026

Le carré rouge (série) Paul Vaillant-Couturier (5)

En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».

Paul Vaillant-Couturier 1892-1937. Le 16 octobre 1937, il est le premier dirigeant du PCF inhumé dans cette 97e division. Né Couturier, il accolera à son patronyme le nom de sa mère, Vaillant. En 1916 il adhère à la SFIO. Mobilisé à la guerre de 14-18, il y sera blessé par deux fois. En 1917, sous le titre de « Chanson de Lorette », d’un auteur anonyme, il publiera cette chanson, plus connue sous le nom de « La chanson de Craonne » entonnée après le Chemin des Dames par les soldats mutinés. La même année, avec Henri Barbusse et Raymond Lefebvre, il créera l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants).

En 1920 il participe à la création du PCF. Journaliste, rédacteur en chef de l’Humanité de 1926 à 1929, puis de 1935 à sa mort, Marcel Cachin dira qu’il était « un maître du journalisme français... capable à lui seul de pourvoir aux exigences de toutes les rubriques de l’Humanité ». En 1935 il est au Bureau politique du PCF.

Il est élu à Villejuif, au premier tour, aux municipales de 1929 et 1935, puis conseiller de la Seine.

Issu d’une famille d’intellectuel·les : cantatrices, peintres, directeurs de théâtre, journalistes, il s’adonne à plusieurs de ces disciplines et fonde en 1932 l’Association des artistes et écrivains révolutionnaires (AEAR) ; il en deviendra le secrétaire. Avec Aragon et Jean-Richard Bloch, il créera la première Maison de la culture.

En 1932, à sa création, il met le Groupe Octobre en relation avec Jacques Prévert.

En 1935 il est à l’origine de la chorale de l’AEAR, qui deviendra en 1936 la Chorale populaire de Paris.

En 1936 et 1937 il réalise pour l’Humanité deux grands reportages sur la guerre d’Espagne.

En 2012, dans un numéro hors-série de l’Humanité sur Vaillant-Couturier, la rédaction évoque « un homme curieux, un poète qui brûlait la vie par les deux bouts, riait, peignait, écrivait des rimes, jouait des mélodies, filait le week-end en Ariège ripailler et chasser avant de revenir dare-dare le lundi matin prendre son poste au journal l’Humanité. » Sans oublier ses talents d’orateur.

Il meurt subitement à 45 ans. Plus d’un demi-million de personnes l’accompagnent, de la Maison Henri Barbusse, siège de l’ARAC (51, avenue Simon Bolivar, Paris 19e), au Père-Lachaise, en présence de représentants du Front populaire comme Blum, de nombreux représentants du gouvernement, certains présents, d’autres s’étaient fait représenter, comme Chautemps président du Conseil. D’autres comme l’infâme Georges Bonnet, alors ministre des Finances, s’étaient inscrits pour une garde d’honneur.

Les honneurs militaires lui seront rendus par deux compagnies de gardes mobiles. Les obsèques seront radiodiffusées, un seul discours, celui de Marcel Cachin, des haut-parleurs seront installés sur les boulevards de Ménilmontant et de Belleville, soit sur près d’un kilomètre. Sur la dalle de sa tombe, son masque mortuaire.

Formé en catastrophe en mars 1938 devant l’offensive rebelle sur le Front d’Aragon, le 10e bataillon des brigades internationales portera son nom de Paul Vaillant-Couturier.

Comme pour Barbusse, sa sépulture n’apparaît pas sur le plan du Père-Lachaise du Guide Bleu de Paris, Hachette 1939.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1075 du 25 février 2026.