Travailler le 1er Mai : la réponse de Karl Marx

Publié le 29 avril 2026

Chaque année, à l’approche du 1er Mai, la même offensive revient. Cette année plus fort que d’habitude, la droite et le patronat tentent de supprimer le seul jour férié obligatoirement chômé de l’année. Pour ce faire, rien de plus simple pour eux : instrumentaliser la « liberté de travailler ». Derrière ce discours, il faut remettre les choses à l’endroit.

On nous explique que des salariés seraient « volontaires » pour travailler le 1er Mai. Évidemment qu’il y en a. Pourquoi ? Parce que les salaires sont trop bas. Parce que finir le mois est devenu un défi. Parce que beaucoup n’ont pas d’autre choix que de saisir chaque heure supplémentaire pour boucler leur budget. La vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut permettre de travailler plus un jour férié, mais pourquoi travailler autant ne suffit plus à vivre dignement.

C’est là qu’il faut être clair : on n’améliore pas le pouvoir d’achat en faisant reculer les droits des travailleurs. On l’améliore en augmentant les salaires et en sécurisant l’emploi. La question du salaire et du temps de travail est au cœur de l’affrontement social. Quand le rapport de force est favorable aux travailleurs, les salaires augmentent et le temps de travail diminue. Quand il bascule du côté du patronat, c’est l’inverse. Rien de nouveau sous le soleil : c’est une réalité historique.

On l’a déjà entendu, ce discours. Quand il a fallu interdire le travail des enfants, certains expliquaient déjà que les familles étaient « volontaires ». En réalité, elles étaient contraintes par la misère. Aujourd’hui, c’est la même logique qui est à l’œuvre.

Quant au « volontariat », il faut arrêter l’hypocrisie. Dans le monde du travail, il n’existe pas de relation égalitaire entre un salarié et son employeur. Le lien de subordination est inscrit dans le contrat lui-même. Quand on est en CDD et qu’on espère un CDI, quand on attend une augmentation, quand on craint un licenciement, peut-on vraiment parler de libre choix ? Non. Il s’agit d’une contrainte déguisée.

Le 1er Mai n’est pas un jour comme les autres. C’est une conquête, arrachée par les luttes. C’est une journée pour se rassembler, pour revendiquer, pour rappeler que les droits sociaux ne tombent jamais du ciel.

Face à ceux qui veulent banaliser cette date, il faut au contraire en réaffirmer le sens : celui de la dignité, de la solidarité, et du combat pour la dignité au travail.

Assan Lakehoul

Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.