Université d'été 2025 - Discours de Fabien Roussel

Publié le 26 août 2025

Chers camarades,

Qu’est-ce qu’on est bien ici à Montpellier ! Merci à Guillaume Roubaud-Quashie et à toute l’équipe, pour l’organisation,
Merci pour l’accueil de la fédération de l’Hérault, merci à Nicolas, à Clara, à Romain pour cette belle réussite.
Merci à Mickaël Delafosse, le maire pour nous permettre de travailler dans de si bonnes conditions.

Merci à tous les intervenants qui nous ont fait l’amitié de venir partager avec nous leurs réflexions et leurs propositions et, enfin et surtout, merci à vous toutes et à vous tous, d’être présents, toujours plus nombreux et motivés à ces universités d’été du Parti communiste français.


Plus de 900 inscrits venant de toute la France, étudiants, élus, associatifs, salariés, retraités, toutes et tous militants du PCF, déterminés à défendre des Jours Heureux pour chaque être humain comme pour la planète, à promouvoir la Paix, la justice, le progrès social.

Alors oui, ça fait du bien de se retrouver, d’être ensemble pour ces Universités d’été.

Parce que la situation – chacun ici le sait – est grave. La vie est dure pour nos concitoyens. De plus en plus dure. Qu’ils soient retraités, étudiants ou salariés. Ca commence à peser lourd sur le moral.

Et quand nous ouvrons le poste pour découvrir l’actualité, là c’est l’horreur. L’horreur des violences, des haines, des guerres, des massacres d’êtres humains, des famines organisées.

Je pense à la Palestine bien sûr. Mais aussi à ces images de Trump, Poutine ou encore celle la Présidente de la Commission européenne dans le bureau ovale qui illustrent ce XXIè siècle dans lequel l’impérialisme, comme processus de domination sur les peuples et les nations n’a jamais autant dominé.

Et ils font tout pour nous convaincre d’accepter une économie de guerre devenue indispensable pour nous imposer encore plus de sacrifices et nous prendre encore beaucoup d’argent et d’années de vie. Et bien en cette rentrée, nous allons leur dire NON à ces choix-là,
Non à la guerre et à la vie chère,
Oui à la paix et à l’amitié  entre les peuples !
Les Jours Heureux nous les voulons toujours et nous ne les lâcherons pas !

Mes chers camarades, une guerre idéologique, une lutte des classes, a bel et bien lieu dans notre pays.

N’oubliez jamais ce chiffre. Répétez-le partout, dans toutes vos conversations ! Le patrimoine des 500 familles les plus riches, totalisait 570 milliards d’euros en 2017. Il est de plus de 1200 milliards aujourd’hui !

Quand nos porte-monnaies sont à sec, les plus riches n’ont jamais gagné autant d’argent. Quand une journée de travail ne permet plus de s’acheter un beefsteak, de payer son loyer, ou la cantine de ses enfants, les ministres roulent sur l’or, le Président fait du jet ski et les grandes fortunes se payent des yachts.

Quelle indécence ! Quelle arrogance ! Et ils en veulent toujours plus.

Leurs richesses, c’est un vol en bande organisée, des millions d’ouvriers et de salariés qui travaillent dur dans leurs usines à travers le monde.

Les financiers d’aujourd’hui sont les négriers des temps modernes. Et ce président de la République a fait de la France le paradis fiscal des milliardaires. La France est devenue un paradis fiscal, une milliardocratie, soutenue par le Rassemblement national qui s’oppose à toute hausse de salaires, aux cotisations sociales et à toute imposition nouvelle sur les plus riches.

Comme je l’ai écrit dans mon livre "Le parti pris du travail", ces grandes fortunes sont de vraies sangsues qui pompent notre sang, nos vies, notre argent, avec un gouvernement à leur botte, composé d’une vingtaine de millionnaires qui protègent d’abord leur capital comme ils défendent leur classe.

La suppression de l'ISF c’est eux ! La baisse des impôts sur les dividendes, c’est encore eux ! La baisse des impôts sur les revenus financiers, toujours eux !

Les 211 milliards d’aides publiques versées sans contrepartie aux entreprises, la privatisation de pans entiers de nos services publics c’est toujours eux !

Avec eux, tout devient marchandise !


Même le ventre des femmes doit se monnayer quand j’entends Gabriel Attal proposer la GPA, la gestation pour Autrui. Jamais nous ne participerons à un tel choix de société pour notre pays. Le corps des femmes ne sera jamais une marchandise, que ce soit pour la prostitution ou pour la GPA. La GPA, on n’en veut pas !

Pour leur résister, nous avons l’action et l’union dans l’action.
Nous avons aussi nos groupes, au Parlement.

Et si la copie du budget présenté par le Premier ministre ne bouge pas, et s’il entend encore une fois le passer en force avec le 49-3, alors il n’y aura pas de suspens : il faudra censurer ce gouvernement et le faire tomber !

Mais l’action, c’est aussi celle du peuple, justement.

Et c’est à lui, aux salariés, qu’il revient de se mobiliser comme jamais.

Et les sujets ne manquent pas : vie chère, budget Bayrou, offensive américaine sur notre économie, soumission de la commission européenne.

Nous appelons les Français à s’engager, à résister pour se défendre face aux milliardaires et retrouver du pouvoir d’achat.
Nous les appelons aussi à refuser l’économie de guerre et défendre la diplomatie de la paix ;
Nous refusons de nous laisser humilier par Madame Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne qui sans aucun mandat démocratique est allée signer la capitulation commerciale, climatique et stratégique des nations européennes et donc de la France à Washington.

Elle est revenue ici avec une ardoise de 1 300 milliards d’euros à payer aux Américains et 15 % de droits de douanes sur nos exportations. Même le vin, qui devait en être exempté, sera taxé à 15% !

Nous refusons ce déni démocratique aux conséquences gravissimes pour les peuples, pour les travailleurs et travailleuses américains comme européens !
Nous demandons la tenue d’un conseil européen exceptionnel.
Nous appelons à convoquer les parlements au plus vite. Chaque nation de l’UE, comme pour la ratification d’un traité, a le pouvoir de dire NON !
La France s’honorerait même de convoquer un référendum sur ce sujet. Redonner la parole au peuple pour défendre sa souveraineté, son indépendance, c’est le seul moyen pour reprendre la main sur nos choix politiques. Face à cette situation, la rentrée sociale sera déterminante !
Le PCF soutient et soutiendra toutes celles et ceux qui se mobiliseront en cette rentrée pour mettre un coup d’arrêt à ce braquage inédit de nos richesses nationales.

Nous serons aux cotés des énergéticiens le 2 septembre,
Nous serons aux cotés des personnels de l’APHP et des personnels de santé le 4 octobre,
Nous soutiendrons l’appel de l’intersyndicale qui se réunit le 1 septembre prochain,

Et nous serons bien sur aux cotés de toutes celles et ceux qui proposeront des actions contre ce budget, pour défendre nos salaires, nos emplois, notre pouvoir d’achat, que cela vienne des syndicats, de salariés ou de simples citoyens comme certains le proposent le 10 septembre prochain.

Et je vois bien toute la tempête médiatique qui s’organise autour du 10 septembre, comme si tout était fait pour mettre de côté les autres mobilisations que je viens de citer.
Le seul sujet pour nous, c’est de partir du réel, de ce que vivent les Français aujourd’hui.
Le réel, c’est des salaires gelés, des retraites de misère, des emplois précaires, des factures qui augmentent et nous ne supportons plus de vivre au rabais alors que nous travaillons !

Et nous partageons pleinement la révolte de celles et ceux qui travaillent dur et ne récoltent que du mépris de la part de ministres qui émargent à 10 000 euros par mois, ne payent pas le train, l’avion (le métro, ils ne le prennent pas), l’essence, électricité, la nourriture mais qui nous donnent des leçons de vie : Il y a 20 millionnaires parmi les ministres : qu’ils vivent avec un smic, et payent leurs factures et on en reparlera !

Dans le respect de chaque organisation, de chaque mouvement, notre seule volonté, est de grossir les rangs, de convaincre largement les Français à sortir de chez eux, à exprimer leurs colères et leurs attentes.

Oui, nous appelons à soutenir toutes les mobilisations, d’où qu’elles viennent, quand elles exigent de la justice sociale, de la justice fiscale et du respect pour le monde du travail.

Travailleuses et travailleurs de France, étudiants, retraités, dans chaque usine, dans chaque entreprise, faculté, faisons converger nos forces, unissons-nous, mobilisons-nous, pour les faire reculer, pour nous faire respecter ! Voilà notre état d’esprit en cette rentrée !

Un mot sur un secteur qui tire la sonnette d’alarme et dont on parle peu :

C’est le mouvement associatif qui se retrouve asphyxié par les coupes budgétaires successives et qui risque, si rien n’est fait, de connaître l’un des pires plan social de l’histoire de France avec 186 000 emplois menacés.

Là aussi, dans ce combat particulier, nous devons nous unir très largement et tout faire, ensemble, pour conserver ce tissu indispensable :
16 millions de bénévoles,
1,8 millions de salariés,
qui nous permettent de vivre ensemble dans nos villes et nos villages.

Notre devoir est de tout faire pour empêcher, ensemble, la catastrophe qui se dessine.

Dans le sport, la culture, dans nos communes, auprès des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap, pour nos enfants, pour la solidarité, pour l’éducation populaire, le rôle des 2 millions d’associations en France est essentiel et unique en Europe.

Elles sont pourtant mises en grave danger. Je le répète : 186 000 emplois sont menacés et des associations vont disparaître à cause de politiques d’austérité dures et injustes.

Nous appelons à agir ensemble. Et je lance cet appel, à l’ensemble des forces de gauche, aux élus locaux, au monde associatif à nous unir pour empêcher cette catastrophe sociale.

Sauvons le monde associatif, sauvons nos associations, elles sont indispensables à la République !

Enfin, quand nous additionnons 186 000 emplois menacés dans la vie associative et les 300 000 dans l’industrie, comment croient-ils là-haut qu’il serait possible de redresser la France avec une telle hémorragie d’emplois ?

Quand une personne est anémiée, il faut lui donner des vitamines, il ne faut pas lui couper un bras. C’est pourtant ce que fait ce gouvernement avec son budget, ses politiques d’austérité et la vente à la découpe de notre industrie.

Comment produire de la richesse et garantir la cohésion sociale quand les usines partent à l’étranger et que nos associations, nos communes, reculent dans les quartiers ?

Je me souviens des ministres, à l’Assemblée nationale en 2017, dès l’élection d’Emmanuel Macron dénonçant « l’État Providence », « le coût de l’État », « le coût des dépenses publiques » pour mieux taper dedans, pour mieux privatiser, vendre les bijoux de famille, les parts de l’État dans des grandes entreprises, casser des services publics, faire reculer l’État partout dans le pays.

Regardez le résultat : l’État recule, disparaît toujours plus. Ce qui relève du régalien, comme la sécurité, l’emploi, la santé, l’économie, la solidarité… tout cela est de plus en plus transféré aux communes, aux agglos, aux départements aux régions et en les mettant en concurrence.

Sur la question de la sécurité : alors que ce sujet est une préoccupation majeure de nos concitoyens, que les trafics prospèrent là où l’État recule, nous avons un gouvernement et un ministre de l’intérieur qui invitent les communes à investir dans les polices municipales, dans la vidéo surveillance et bien sur, à tout payer !

Mais que fait l’État ? C’est à lui de garantir partout, dans chaque ville, dans chaque village, dans chaque quartier, le droit à la tranquillité !

Les maires se sentent perdus, abandonnés, obligés d’augmenter leurs dépenses dans la sécurité alors que c’est à l’Etat d’assumer cette responsabilité.

M Retailleau et tous ses prédécesseurs parlent beaucoup de sécurité mais ne font rien ! Depuis Nicolas Sarkozy, c’est la droite au pouvoir qui a désarmé la police, déshabillé nos communes, ouvert les frontières aux truands et aux trafiquants !

La vie devient impossible dans un grand nombre de nos villes, les points de deals se multiplient, les balles perdues tuent des personnes innocentes, les parents ont peur pour leurs enfants, tout cela parce que l’État recule, parce que les associations et les collectivités sont privées de moyens, parce que le chômage et la pauvreté deviennent des terrains propices aux trafics.

Nous ne voulons pas d’une République abandonnée, une République de racketteurs, et nous voulons retrouver un État fort, solidaire et juste !

Oui, l’État providence, au service du peuple, pour le peuple et par le peuple !

Oui, nous voulons un État fort, puissant mais juste et au service du peuple, de tout le peuple, dans sa grande diversité, dans les grandes villes comme à la campagne et ce sera au cœur de notre combat pour cette rentrée !

Fini les orgies de subventions publiques pour les grands groupes et les cures d’austérité pour les services publics, les communes, les associations.

Fini l’obscurantisme et toutes les formes de fondamentalisme qui se développent quand les services publics reculent.

Faisons vivre une belle République laïque et sociale partout dans le pays, dans chaque rue, dans chaque immeuble, dans chaque village.

Nous voulons un État qui revient en force, qui revient dans les villes, ré installe des services publics, planifie et organise la production, et qui fait respecter les droits et les règles de chaque citoyen !

C’est le meilleur moyen de faire reculer les intégrismes et les extrémistes qui s’amusent tous les jours à jeter de l’huile sur le feu, à enflammer chaque sujet, à attiser la haine quand tout doit être fait pour rassembler, unir, fédérer.

Je suis révolté par le niveau du débat politique médiatique, et encore plus par celui, sur les réseaux sociaux, qui libère une parole et des actes qui auraient été impensables il y a encore quelques années.

Regardez ce jeune homme, torturé et décédé en direct, sur une plateforme numérique. Il était regardé en train d’être insulté, frappé, torturé. Du voyeurisme barbare suivi par des milliers de personnes qui payaient pour se délecter de ses souffrances. Où va le monde ? Et personne en face pour interdire ces horreurs.

Les réseaux sociaux portent une responsabilité lourde dans les dérives de notre société qui viennent de tous ceux qui les utilisent pour véhiculer la haine, la violence, le terrorisme, la prostitution, le nazisme, les trafics.

Là-aussi, à la tête de ces réseaux sociaux, il y a des grands groupes, des milliardaires qui se nourrissent de la misère du monde et de la haine en ligne.
Tout ce qu’ils veulent, c’est exploiter nos données et rien d’autre qu’importe le moyen même le pire, le plus abject, le plus inhumain.

Nous demandons que ces réseaux soient contrôlés, encadrés et fermés s’ils ne sont pas capables de faire respecter nos lois républicaines !

C’est avec la même fermeté que l’Etat doit combattre ce qui se passe hors des réseaux sociaux, dans la rue : je pense aux groupuscules d’extrême-droite, à la montée du racisme, de l’antisémitisme, aux fondamentalistes religieux de tous bords qui se sentent pousser des ailes. Ils se nourrissent l’un et l’autre de leur haine réciproque.

Cette France-là est incandescente. Tout doit être fait pour retrouver du sens, des repères, des valeurs, du débat, de la nuance. Et normalement, l’Histoire est là pour nous y aider.

Malheureusement nous vivons aussi dans un monde où un certain révisionnisme aime bien remettre en cause notre idéal communiste, notre rôle en France comme c’est le cas à Saint-Raphaël dans le Var, où le maire inaugure en ce moment même dans sa commune une stèle dans le plus pur style de l’anticommunisme primaire, nourri par l’extrême droite.

La dernière fois qu’une telle stèle fut inauguré en France, ce fut sous Pétain. Pas étonnant donc de retrouver une telle initiative de la part d’un individu qui soutient Marine Le Pen et les descendants du Front National, parti fondé par Jean-Marie le Pen et Pierre Bousquet, ancien Waffen SS, membre de la division Charlemagne.

Ce parti d’extrême droite a été créé pour l’essentiel à l’initiative d’Ordre nouveau dont le but était de, je cite, 'tuer les métèques' et 'assassiner les communistes'.

Voilà les pas dans lesquels s’inscrit le maire de St Raphaël du Var dont les habitants ne doivent pas bien comprendre l’intérêt d’investir de l’argent communal dans une telle entreprise surtout quand on connaît le rôle de la Résistance dans la libération du Var pendant la guerre.

Je vous propose que nous adressions un salut fraternel à tous nos camarades du Var, à Ian Brossat qui nous représente pour dénoncer cet acte indigne qui en réalité ne sert qu’un objectif : celui de faire oublier le passé collaborationniste de l’extrême droite française.

Vive la Résistance française, vive le Conseil national de la Résistance et le programme des Jours Heureux à l’origine de notre modèle social !

C’est pourquoi, chers Amis, chers camarades,
Il est indispensable d’être très lucides sur l’état du monde, sur la situation de notre pays, pour pouvoir faire grandir une aspiration populaire forte, puissante et la rendre enfin majoritaire.

C’est la condition pour retrouver le chemin du peuple et construire la majorité politique dont le pays a besoin pour relever les défis qui sont devant nous.

C’est dans cet esprit et dans cet objectif que le PCF met dans le débat public et à la disposition des forces de gauche et de tous les Français, une proposition de « Pacte pour la France ».

Ces propositions tiennent compte de la gravité de la situation.

L’heure n’est plus aux atermoiements. Il nous faut agir dans un esprit de résistance et de conquêtes. Sans ambiguïté sur les contenus.

Il faut reconstruire un État fort, planificateur, juste, au service du peuple, du travail, de la paix. Il faut oser remettre en cause le capital qui asphyxie notre pays.

Notre projet, c’est la renaissance de la République, de la nation, au service du peuple tout entier, une République fondée sur la démocratie sociale, car c’est du monde du travail, des salariés dans l’entreprise que viendront les réponses aux grands défis de notre siècle.

Et pour y parvenir, nous prenons le parti de l’être humain, du travail et de la paix.

C’est le sens de notre pacte pour la France et de nos propositions que nous mettons en partage.

Nos priorités pour le pouvoir d’achat, c’est d’augmenter les salaires et les retraites, de baisser les taxes sur les produits de première nécessité, de baisser le prix de l’électricité de 30 à 50%,

Nos priorités pour le climat c’est la construction de 200 000 logements par an, c’est la sortie du marché européen de l’électricité et la production de 20 nouvelles centrales nucléaires, c’est un plan d’investissements dans le réseau ferré et la baisse du prix des trains ;

C’est adapter la France et le monde du travail aux risques de canicules, au sécheresse, aux catastrophes naturelles et donner des moyens à la protection civile et à celles et ceux qui nous protègent.

Nos priorités pour les services publics, c’est de planifier l’embauche et la formation, sous statut de centaines de milliers d’enseignants, de soignants, de travailleurs sociaux, de douaniers, de policiers, d’agents territoriaux car nous voulons le retour de l’Etat dans nos villes, nos quartiers, nos villages.

Nos priorités aussi c’est de garantir à chacun de manger sain et à sa faim et de garantir autant notre souveraineté alimentaire que la santé de chacun !

Quand 2 millions de personnes disent non à la loi Duplomb et à l’acétamipride, il faut l’entendre et être cohérents jusqu’au bout : c’est à dire qu’il faut interdire aussi l’importation de tous les aliments, noisettes ou betteraves cultivés à l’étranger avec ce pesticide ! Il faut donc protéger nos agriculteurs de la concurrence déloyale des pays qui n’adoptent pas les mêmes règles que nous.
Protéger notre agriculture, notre santé, c’est s’attaquer aux règles de la concurrence libre et non faussée dont personne ne parle !
C'est le sens du courrier que j'ai adressé à François Bayrou lui demandant l'interdiction de faire entrer ces produits dans notre pays et j'invite chacun à soutenir nos agriculteurs, nos producteurs de betteraves et de noisettes. Arrêtez le Nutella, mangez du pain perdu!

Je ne décline pas ici l’ensemble de nos propositions contenues dans ce pacte concernant la jeunesse, l’égalité femme-homme, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, mais j’ajoute un mot essentiel:

Si nous voulons – comme nous le disons - protéger le climat autant que notre industrie et notre agriculture, développer nos services publics, augmenter les salaires et les pensions, rétablir une république laïque et sociale,

Nous aurons besoin, là aussi, de mettre sur la table des moyens considérables. Ce n’est pas un simple ISF ou une taxe Zuckman qui financeront ces investissements

Nous avons besoin d’une véritable politique de relance et planifiée.

C’est d’ailleurs le choix que font les Allemands en ce moment même quand ils décident de sortir le « bazooka financier » et de consacrer 850 milliards d’euros à un grand plan d’investissements dans les secteurs stratégiques.

C’est donc tout à fait possible ! Et les 500 milliards que nous proposons – nous - de mettre sur la table, participent de cette logique positive. Ils en sont même la clef !

C’est pour cela aussi que nous revendiquons la nécessité de nationaliser certains établissements bancaires privés, comme cela a déjà pu se faire dans le passé.

Il y a besoin de cette révolution, incontournable, qui consiste à mettre une partie du capital au service du travail, de la production, du climat et donc du redressement du pays.

C’est le socle concret et pratique du projet que nous portons – nous communistes - pour redresser le pays.

J’invite les Françaises et les Français à en prendre connaissance et à se faire leur avis.

Je vous invite toutes et tous à le diffuser le plus largement possible lors de vos porte-à-porte, dans les prochaines journées de mobilisations et, bien sûr, dans les allées de notre grande et belle fête de l’Humanité.

Dans ces priorités, l’économie de guerre, les menaces de guerre occupent bien sur une place importante.

La guerre, ce n’est pas nouveau, c’est une opportunité pour le capital et toujours une plaie mortelle pour les travailleurs et pour le progrès social.

Et le constat est sans appel.

Le nombre de conflits explose dans le monde. On en recense plus de 60. C’est un record depuis 1946 !

Jamais les dépenses militaires n’ont atteint de pareils sommets.

La course à l’armement est relancée.

C’est 2 700 milliards de dollars investit en 2025, en une année dans les armes ; 2 700 milliards qui auraient pu être mis au service de la lutte contre la faim, l’accès à l’eau, à l’école à la santé, aux vaccins, pour le climat.

La France n’est pas en reste. Emmanuel Macron nous a annoncé le doublement du Budget de nos armées. Il passera de 32 milliards d’euros en 2017 à 64 mds dès 2027 avec une rallonge de plus de 6 milliards dans les deux prochaines années.
6,4 de plus exactement pour produire des armes ! Mais où vont-ils aller chercher cet argent ?
Dans nos poches, dans nos communes ! C’est à nous qu’ils demandent de payer cette surenchère guerrière et les aventures impérialistes de Trump.

Il va falloir hausser le ton contre ces choix mortifères. Comme l’a écrit Anatole France, « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ».
Et que ce soit bien clair: nous n’aurons jamais peur de mourir pour la patrie, pour la défendre, pour vivre libres, ici, en république, comme l’ont fait ceux qui demeurent au Panthéon, Jean Moulin, Missak Manouchian, et tant d’autres.

Mais nous refusons de mourir pour des guerres étrangères à la patrie, impérialistes à souhait pour dominer et écraser d’autres peuples, alimentant l’industrie de la guerre pour le plus grand bonheur de la finance.

Nous refusons l’alignement derrière Donald Trump et nous disons
Non à l’OTAN, Oui à la paix et l’amitié entre les peuples

La France doit sortir du commandement intégré de l’OTAN. C’est la condition de notre souveraineté stratégique. C’est la condition de notre liberté et de la paix en Europe.

C’est pourquoi il est grand temps de changer de logiciel, de travailler à un nouveau traité européen garantissant la paix et la sécurité des peuples, intégrant tous les pays du continent européen de Brest à Vladivostok. Les bases d’un tel traité ont été posées lors des accords d’Helsinki de 1975 pour sortir de la guerre froide. Cet accord consacrait l'inviolabilité des frontières européennes, rejetait tout recours à la force et toute ingérence dans les affaires intérieures, il écrivait, noir sur blanc, les mécanismes diplomatiques pour désamorcer toute tension, tout conflit. Il pourrait être repris mot pour mot. C’est à ce niveau-là que nous plaçons la barre.


C’est dans cet esprit que nous avons dit, très tôt, que cette guerre en Ukraine n’aurait pas d’issue militaire, qu’il fallait négocier au plus vite et accepter la neutralité de l’Ukraine et sa non intégration dans l’OTAN. C’est aujourd’hui sur la table mais que de temps perdu, que de morts inutiles !

C’est pourquoi nous continuerons de nous battre de toutes nos forces pour construire les chemins de la paix en Europe, au nom de toutes les jeunesses sacrifiées, pour toutes les centaines de milliers de vies volées.

L’autre conflit qui traumatise les consciences de notre jeunesse et bien au-delà de celles de l’humanité toute entière, c’est le génocide du peuple palestinien, sous nos yeux, avec des massacres quotidiens de familles, d’enfants, de personnes âgées, avec la famine utilisée comme arme de guerre, reconnue par l'ONU.

L’horreur, l’horreur absolue. Et la colère.
La colère devant des chefs d’Etat européens qui se disent prêts à envoyer des troupes en Ukraine pour protéger les Ukrainiens mais qui laissent faire le gouvernement criminel de Netanyahou et ses ministres racistes.

Le deux poids deux mesures en matière de droit international est insupportable. Comme si les enfants palestiniens n’avaient pas le même cœur que les enfants ukrainiens.

Et aujourd’hui, ce gouvernement israélien envisage d’occuper totalement Gaza, d’y envoyer 100 000 soldats de plus mais aussi d’accélérer l’occupation de la Cisjordanie et notamment de couper la Cisjordanie en deux, avec une nouvelle colonie qui conduit à expulser 5000 palestiniens de leur terre, de leur maison.

Je salue la délégation palestinienne présente ici et notamment la présence de mon ami Qassem Awad, dirigeant de l'OLP, avec qui nous travaillons depuis plusieurs mois, avec qui nous travaillons beaucoup pour pousser la France à reconnaître l'Etat de Palestine.
Mais Emmanuel Macron va reconnaître la Palestine bien tardivement. Il risque de reconnaitre un cimetière.
Nous appelons à ce que la France, dès maintenant, prenne des mesures plus fortes, à la hauteur du génocide et des massacres actuellement en cours en Palestine.


Si la France doit œuvrer pour que l’Union Européenne suspende l’accord d’association avec Israël, elle peut, unilatéralement, décider de rompre toute relation commerciale avec Israël et mettre fin à l’importation de produits provenant des colonies et des territoires occupés.
Nous appelons au boycott militaire et commercial dès maintenant avec ce régime raciste, criminel !

Comme beaucoup de pacifistes israéliens qui se mobilisent contre ces massacres, contre ce gouvernement, nous appelons les soldats israéliens à résister, à ne pas devenir complices d’un génocide, à refuser de participer à cette guerre.

Et si des militaires se rendent complices de crimes, la France doit annoncer qu’elle enverra au tribunal tout soldat franco-israélien qui participent à ces crimes contre l’Humanité, que ce soit à Gaza ou en territoire occupé.
Pas de Paix pour les terroristes du Hamas,
Pas de paix pour les criminels israéliens non plus!

Et si nous exigeons la libération des otages encore détenus par le Hamas, nous exigeons aussi la libération des prisonniers palestiniens et notamment celle de Marwan Barghouti, emprisonné depuis 27 ans et récemment menacé par le ministre de La Défense israélienne !
Libérez Marwan Barghouti, liberté pour le peuple palestinien !

Je m’adresse à l’ensemble des forces de gauche, aux syndicats, aux associations et je leur demande qu’ensemble, rapidement, nous organisions une grande mobilisation, une grande marche, pacifique pour l’arrêt des massacres pour la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens et une solution à deux Etats comme le réclament nos amis de l’OLP !

Comme nous l’avons toujours fait depuis 60 ans, soyons à l’initiative, faisons grandir la solidarité avec le peuple de Palestine !

Amis, camarades,

Mesurons la force que nous sommes :

Avec nos groupes parlementaires, avec nos 600 maires
Avec nos 5 000 élus, municipaux, intercommunaux ou métropolitains, notre maillage territorial est l’un des plus importants du pays. Le second en importance à gauche.

Partout où ils sont en responsabilité, nos camarades sont implantés et respectés. C’est un socle précieux, utile pour nos concitoyens.

Nous sommes à six mois maintenant des municipales.

C’est l’occasion de rappeler ce que nos maires savent faire avec des listes ouvertes, larges, rassembleuses.

Il y a, dans toutes nos villes, dans toutes les majorités auxquelles nous participons, mille exemples à retenir pour démontrer concrètement ce que les élus communistes font au quotidien pour améliorer la vie des gens, être utiles, accompagner nos enfants, investir dans la culture, le sport, soutenir le développement économique, la vie associative, l’écologie.

Ces élections sont importantes pour nos concitoyens car la commune reste le dernier lieu de démocratie où ils se sentent encore entendus.

Mettons toute notre énergie à répondre à leurs attentes. Ce qui compte, c’est d’abord cela et surtout pas la cuisine politicienne en vue de 2027.


Nous aurons bien le temps de nous projeter vers ces prochaines échéances.

Amis, camarades,

Je voudrais terminer ce propos avec quelques notes de bonheur.

Dans cette actualité morose, nous avons quand même eu l’occasion de partager des moments de joie, des plaisirs que seul notre pays peut nous donner.

Je pense aux 40 000 enfants qui ont pu visiter Paris et découvrir la Tour Eiffel en affichant des grands sourires de bonheur et de joie grâce au secours populaire français. Pour toutes celles et ceux qui y ont participé, cette action de solidarité redonne du tonus, confirme pourquoi on s’engage à défendre le droit aux vacances, le droit au bonheur. Nous partagerons toujours ce slogan de Julien Laupretre, ancien Président du Secours Populaire Français qui disait : « tout ce qui est humain est nôtre ».

Saluons tous ces militants du Secours Populaire Français qui organisent toute l’année la solidarité concrète !


Je pense aussi au Tour de France qui a encore une fois fait vibrer nos cœurs avec ses héros, ses héroïnes, ses foules aux bords des routes, et les sites remarquables que notre pays offre au monde entier. Mais je garde en mémoire cette victoire éclatante d’une héroïne, Pauline Ferrand-Prévost, qui, avec son équipe, a offert à la France un maillot jaune que nous n’avions pas eu depuis 1985 !

Bravo à elle et au Tour de France féminin !

Je pense aussi aux belles victoires lors des championnats du monde de natation, avec 4 médailles d’or pour Léon Marchand et Maxime Grousset, qui nous rendent fiers d’entendre chanter la Marseillaise quand ils montent sur le podium.

Oui, le sport ça nous rassemble, ça nous fait vibrer et c’est pour cela que ce secteur doit bénéficier d’une véritable politique, avec des moyens au niveau, permettant à tous nos enfants d’y accéder.

À ce titre, quand je lis que 60% des enfants ne savent pas nager en France, provoquant des noyades, je tire la sonnette d’alarme. Cela indique bien que la France recule dans les pratiques sportives.

Plutôt que de baisser le budget du sport, plutôt que de couper dans le pass sport comme le fait le gouvernement, investissons dans le sport et dans des équipements sportifs pour nos communes, pour nos écoles.

Enfin, du bonheur, nous en produisons nous-mêmes. Partout dans toute la France, avec nos banquets, nos fêtes départementales et dans 15 jours, avec la grande fête de l’Huma, cette fête exceptionnelle, unique en Europe qui garantit à ses 350 000 visiteurs du bonheur en barre, concret, visible.

Et c’est à nous, militantes et militants du PCF, avec les équipes de la fête de l’Huma, que je salue, que revient de faire vivre cette ville du bonheur, au cœur de l’Essonne.

Entre deux concerts, entre deux entrecôtes ou plateau d’huîtres, c’est à nous qu’il revient aussi de faire de cette fête un grand rendez-vous politique et de réaliser des milliers d’adhésions et être très offensifs sur le renforcement de notre parti.

Alors, mes camarades, rendez-vous les 12, 13 et 14 septembre à Brétigny sur Orge pour redonner au peuple de France l’horizon des Jours Heureux, l’espoir de Paix et l’envie de mener le combat à nos côtés.

Partageons, le plus largement possible, notre rêve commun d’une humanité fraternelle et solidaire, libérée de ses chaînes.

Soyons fiers de ce que nous sommes. Arborons toutes nos couleurs. Le Bleu, le Blanc et surtout le Rouge ! Sans modération !

Portons notre projet et menons le combat ! Partout et pour toutes et tous.

Vive la France,
Vive la République laïque et sociale,
Vive le Parti communiste français.