Mémoire, résistance, engagement
« Paix, planète, peuple ». C’est sous cette bannière que s’est ouverte, début juillet 2025, l’université d’été du Parti de la gauche européenne (PGE), accueillie au siège du Parti communiste français à Colonel-Fabien.
Dans un contexte européen marqué par la montée de l’extrême droite, les reculs démocratiques, les guerres et les offensives contre les droits des femmes et les LGBTQIA+, cet événement a rassemblé plus de 300 participants issus de 18 partis politiques européens, ainsi que de nombreuses fondations, mouvements sociaux, syndicats et personnalités engagées, dont 18 membres de la direction nationale du PCF engagés dans cet événement.
Dès l’ouverture un cadre clair est posé : « Nous ne sommes pas ici pour commenter, nous sommes ici pour construire. »
Nous avons rendu hommage aux résistances passées, salué l’engagement féministe, dénoncé l’autoritarisme techno capitaliste, et affirmé la nécessité d’un nouveau projet démocratique européen et internationaliste, féministe et écologique, des peuples est possible.
Une organisation collective au service de la pensée et de l’action
La réussite de cette université d’été n’aurait pas été possible sans l’engagement d’une pluralité d’acteurs : camarades bénévoles, technicien·nes, traducteur·trice·s, salarié·es, du PCF, de toutes les délégations européennes et des fondations et revues partenaires grâce à Stéphane Bonnery (Transform, Rosa Luxemburg, Espace Marx, Gabriel-Péri…), élu·es et militant·es, toutes et tous réunis pour créer un espace d’échange et de travail politique à la hauteur des enjeux.
Au total, ce sont 28 temps de travail (tables rondes, plénières, masterclasses, workshops), avec 86 intervenant·es venu·es de toute l’Europe - à parité - qui ont animé ces trois jours d’intense réflexion.
Les grands axes des débats : penser une stratégie commune face aux crises
1. Contre l’extrême droite, un contre-projet européen : Face à l’accession au pouvoir de l’extrême droite dans plusieurs pays et à sa normalisation médiatique, les participants ont affirmé la nécessité d’une réponse collective, et que rien n’est écrit par avance !
Avec Bora Yilmaz, Patricia Tejas, nous nous sommes engagés auprès de nos camarades européens pour réfléchir à un contre-projet, ne pas céder au repli en France comme en Europe, et construire des politiques concrètes, populaires et inclusives. La lutte antifasciste est aussi européenne.
2. Démocratie, féminisme et stratégie. La démocratie est menacée, pas seulement par les extrêmes, mais aussi par un capitalisme autoritaire et technocratique.
Shirley Wirden l’a rappelé : Le féminisme doit être un nouveau pilier internationaliste : non une simple parité, mais une transformation radicale de l’organisation politique, des rapports sociaux, de l’économie.
3. Paix et coopération contre la guerre comme projet politique. Dans un monde où la guerre devient un outil électoral, le PGE porte l’alternative d’un multilatéralisme des peuples et d’une diplomatie fondée sur le droit, la solidarité et la souveraineté populaire.
La guerre, nous le savons, tue les enfants des classes populaires, jamais ceux des oligarques. Contre cela, nous devons affirmer un internationalisme de paix active. En plus de la plénière sur les enjeux de défense, Vincent Boulet a organisé un évènement de solidarité avec le peuple palestinien, et Charlotte Balavoine avec Cuba.
4. Écologie populaire, sociale et planifiée. Amar Bellal a pu intervenir pour rappeler que la crise climatique n’est pas qu’un enjeu environnemental, mais un enjeu de classe, de pouvoir et de démocratie, et que là aussi l’échelon européen est fondamental.
Refuser une écologie de marché, dénoncer l’accaparement des biens communs (eau, semences, territoires) et construire des alternatives basées sur les communs et la justice sociale est aujourd’hui une priorité pour la gauche européenne.
Une université d’été au service de l’unité et des mobilisations futures
Au-delà des débats, ce rassemblement a été un moment d’unité politique. La diversité des délégations (Espagne, Allemagne, Slovénie, Grèce, Portugal, Italie, etc.), la présence de nombreux élu·es et l’implication des mouvements sociaux témoignent d’une gauche européenne en reconstruction, consciente des défis à relever, et désireuse de travailler à des campagnes communes.
Avec Philippe Rio et la coopérative nationale des élu.es, nous nous engageons pour construire une assemblée européenne des élu.es européens, nationaux mais aussi locaux, en résistance face à l’austérité et à l’extrême droite.
De nombreuses pistes de travail ont été évoquées pour les mois à venir : campagne européenne pour la démocratie et les droits fondamentaux, initiative sur les services publics, l’industrie, Action commune pour une Europe de la paix, renforcement du travail de formation politique populaire sur les enjeux de mémoire avec Guillaume Roubaud-Quashie, initiative pour les services publics avec Muriel Ternant et pour le droit au logement avec Sylvie Vinceneux.
Résister, penser, agir… ensemble et en Europe
Ce que cette université d’été nous a permis de confirmer, c’est que face au désordre établi par les tenants de la bourgeoisie, il existe une alternative. Y compris économique, portée par Frédéric Boccara. Cette alternative est à construire, elle est diverse, mais le chemin existe. Elle se construit dans les échanges, dans les contradictions assumées, dans les solidarités transnationales, dans le féminisme, dans les luttes.
Colonel-Fabien a une nouvelle fois prouvé qu’il était bien plus qu’un bâtiment : c’est un symbole vivant d’une gauche qui refuse le renoncement, et qui choisit de bâtir.
Hélène Bidard
membre du Comité exécutif du PCF
représentante du PCF au secrétariat du PGE
Article publié dans CommunisteS, numéro 1050 du 20 août 2025.