Bien qu’historiquement plus ancien, le 1er Mai trouve racine en France en 1891 à Fourmies. Le symbole de l’églantine (rouge de préférence) naît alors en hommage au sang versé de tous ces militants. Mais les années passant, avec des gouvernements sévères à l’égard de la gauche, le muguet a su prendre place et devenir une référence. Le cueillir est alors une forme d’hommage, pour ne pas oublier toutes ces luttes sanglantes. La patience et l’esprit de camaraderie subsistent à travers ces instants d’échange et de partage.
Se lever à l’aube, enfiler de vieilles chaussures et aller crapahuter en forêt… Pour beaucoup ça ressemble à tout sauf à un jour de repos. Pourtant, c’est un évènement annuel pour les militantes et militants de la section de Villeurbanne.
La dernière semaine d’avril est en effet l’occasion de se retrouver en pleine nature pour la cueillette du muguet. Pendant quelques heures, on marche, on respire, on profite du frais de la forêt. C’est un ensemble de petits détails et de discussions entre camarades qui rendent la cueillette si intéressante.
Cette année, plusieurs jeunes militant·e·s participaient pour la première fois. Et comme pour les coins à champignons, les clairières à muguet se transmettent de génération en génération. Les anciens ont ainsi guidé les nouveaux vers les endroits fleuris trouvés les années précédentes. Du trajet en voiture à la fin de la cueillette, les playlists se mélangent, les anecdotes s’échangent et les militants apprennent à mieux se connaitre.
Une fois les cueillettes terminées, les paniers sont vidés dans les coffres. Le muguet laisse alors la place aux bouteilles et aux sandwichs. S’ensuit une balade le long d’un ruisseau, qu’on remonte tranquillement jusqu’au coin de pique-nique traditionnel, au pied d’une cascade.
De retour en ville, tout le monde se retrouve chez des camarades pour trier les brins et confectionner les bouquets. Ceux qui n’étaient pas disponibles en journée se joignent aux cueilleurs autour de la grande table. On continue de parler et de rire en partageant l’apéritif. Le Parti, c’est aussi ça : des mains qui travaillent ensemble, sans que ça ressemble à du travail.
Mais le muguet, c’est aussi dans la rue.
Deux jours plus tard, les bouquets sont vendus dans les rues de Lyon. Si la cueillette est l’occasion de se retrouver au sein de la section, la vente nous permet d’aller à la rencontre des gens. Vendre du muguet, c’est tenir un bout de trottoir, croiser les habitants, parler à ceux qui ne viendraient pas d’eux-mêmes. C’est aussi financer les activités de la section, mais c’est surtout rappeler que le PCF est présent.
Les grandes causes ont besoin de grandes luttes. Mais elles ont aussi besoin de ces matins en forêt, de ces pique-niques au bord de l’eau, de ces tablées conviviales où l’on trie des fleurs en trinquant. C’est dans ces moments-là que la motivation se regonfle et que l’envie de se retrouver, année après année, se renouvelle.
Zoé Varenne-Burri et Florent Moulon
Article publié dans CommunisteS, numéro 1085 du 6 mai 2026.