Série - Le carré rouge #23 & #24

Publié le 24 juin 2026

En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».
Le carré rouge  Une sépulture avec deux plaques de marbre sur lesquelles sont gravés en lettres dorées  (23-24)

Symbole de la Brigade Fabien devenue le 151e d’infanterie (23)

Ici repose à côté de leur chef
Celui qui croyait en Dieu*
Le sergent Pierre Provost
FFI, tombé à Gravelotte (Moselle), le 26 septembre 1944, à l’âge de 25 ans, dans les rangs de la brigade Fabien.
Celui qui n’y croyait pas
Le 2e classe Albert Bodéré
FTPF, tombé au passage du Rhin, le 3 avril 1945, à l’âge de 18 ans, dans les rangs du 151e RI.

*Adaptation libre du premier vers « Celui qui croyait au ciel » du poème de Louis Aragon « La rose et le réséda »

Sur la dalle en calcaire sont sculptés l’emblème de la Brigade Fabien « Vaincre et vivre » et celui du 151e Régiment d’infanterie « On ne passe pas-151 ».

Brigades Fabien Katz-Dax-Fabien-Lebon (24)

Monument en calcaire à l’effigie des quatre héros

Paris libéré, le colonel André (Albert Ouzoulias) pour les FTP et le colonel Rol-Tanguy pour les FFI, demandent au colonel Fabien de rassembler un millier de combattants pour : libérer la France, intensifier l’aide aux FFI dans les régions, recruter, récupérer des armes et mettre sur pied une grande armée nouvelle par l’incorporation de FFI à l’armée française en qualité de soldats réguliers, « l’amalgame pour Fabien ».

Tels « les va-nu-pieds superbes » des soldats de l’An II de Victor Hugo, ils viennent des barricades, sous-équipés, avec des moyens logistiques dérisoires (véhicules, essence, vêtements, vivres, argent…), la désapprobation de de Gaulle et de son serviteur zélé le général Koenig, ne leur facilitera pas la tâche. Ils constitueront la « Brigade Fabien », 1er Régiment de Paris, et passeront de la guérilla à des opérations militaires classiques.

Rattachée à la 3e armée de Patton, le 12 septembre, la Brigade fait face aux lignes allemandes à Metz. En chemin Fabien recrute des FFI volontaires pour rejoindre la brigade, malheureusement un certain nombre d’entre eux sont anticommunistes, trois seront jugés pour indiscipline, l’un d’eux se retrouvera en Alsace, responsable du dépôt de munitions, au côté de Fabien. La brigade, forte de 2 400 combattant·es devient le Groupe tactique de Lorraine (GTL).

Le 10 décembre 1944, le général de Lattre de Tassigny intègre le GTL à la 1re Armée. Fabien est à Habsheim (68) où il installe son PC à la mairie.

Le 27 décembre 1944, il explique à son état-major le fonctionnement d’une mine connue de lui et normalement désamorcée, la mine explose. Neuf blessé·e·s, le colonel Fabien, le colonel Dax-Pimpaud, Gilberte Lavaire (Nicole) et le capitaine Lebon sont tués, le capitaine Katz décédera quelques jours plus tard. La question se pose : qui a tué Fabien ?

Gilberte Lavaire est inhumée chez elle, à Port-sur-Saône. Fabien, Lebon, Dax et Katz, sont inhumés au Père-Lachaise le 3 janvier 1945, accompagnés par un immense cortège. Le colonel Fabien (Pierre Georges) figure dans le répertoire des inhumations de la Ville de Paris, sous le nom de Fabien Georges.

Le 12 janvier 1945, la Brigade est intégrée au 151e RI. Le 7 mars, l’Assemblée nationale vote à l’unanimité la demande d’intégration dans l’armée des cadres et des formations FFI « l’amalgame ». Début avril, le 151e traverse le Rhin.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1092 du 24 juin 2026

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