Publié le 23 novembre 2023

Les évolutions de la crise internationale, de la recomposition des rapports de domination, de l’exacerbation des tensions impérialistes et des guerres illustrent le changement de période qui a cours sous nos yeux.

Le conflit à Gaza, suite aux attaques terroristes du Hamas, les crimes de guerre et massacres de masse commis par l’armée de l’État d’Israël s’inscrivent dans cette recomposition globale, les crises internationales successives et l’émergence de puissances régionales.

Le mouvement national palestinien est confronté au danger de se faire broyer d’une part par l’hégémonie que cherchent à prendre les acteurs qui mettent en avant la question religieuse, tels que le Hamas et le gouvernement suprémaciste de Netanyahou, et d’autre part par l’affrontement des politiques impérialistes de force, régionales ou internationales.

L’urgence d’un cessez-le-feu permanent (et pas simplement d’une trêve précaire), de la libération des otages, et de l’application des résolutions internationales pour une solution à deux États et de la reconnaissance de l’État de Palestine est d’autant plus brûlante. La libération de Marwan Barghouti, qui porte la légitimité et la continuité des luttes pour un État palestinien laïc et démocratique, doit être mise à l’ordre du jour.

Pour ce faire, une pression politique sur le gouvernement israélien est nécessaire : par la suspension de l’accord d’association avec l’UE tant que le droit international n’est pas appliqué, et par la suspension de la coopération militaire. Le CN du PCF a décidé d’éditer un matériel d’intervention pour la libération de Marwan Barghouti et de renforcer les initiatives pour un mouvement large pour la paix, la justice et le droit. L’appel des partis de gauche PCF-EELV-PS, à l’initiative du PCF, est inédit sur la question palestinienne, en exigeant la levée du siège de Gaza, la fin de la colonisation, et une solution politique incluant la reconnaissance de l’État de Palestine. C’est une base pour construire le rapport de force nécessaire.

En Ukraine, l’échec de la contre-offensive de Kiev est désormais reconnu par tous, en dépit de nouvelles tentatives sur le front du Dniepr. La fébrilité au sein de l’appareil politico-militaire ukrainien est visible. Une initiative pour la paix est là encore nécessaire.

Dans les deux cas, la France pourrait et devrait être force de proposition franche et résolue, au lieu des atermoiements, des contradictions et in fine de l’illisibilité de la politique étrangère de Macron. Le « en même temps » n’est pas possible. C’est en faveur de la paix, de la sécurité collective et du droit des peuples que la France doit s’engager.

Les évolutions politiques, inquiétantes, montrent l’ampleur des combats à mener à gauche et du travail nécessaire de reconstruction. La victoire du candidat d’extrême droite en Argentine, qui veut annihiler l’État social, va avoir des conséquences majeures pour le peuple argentin, la région et le monde, à l’heure où Trump affiche ses ambitions pour les élections présidentielles américaines. En Europe, des forces de gauche importantes sont fracturées par des crises d’orientation majeures. Les scissions de Die Linke et de Syriza, sur des bases et dans des contextes très différents, vont avoir des conséquences importantes pour la gauche européenne et les élections européennes. La percée de l’extrême droite raciste aux Pays-Bas, après plusieurs années de yeux doux que la droite et le centre faisaient à l’extrême droite, est un autre coup de semonce.

C’est la raison pour laquelle l’investiture du gouvernement de gauche en Espagne est une bonne nouvelle, en dépit des circonstances difficiles et des attaques venant de la droite et de l’extrême droite. L’accord de coalition conclu entre Sumar et le PSOE inclut la diminution du temps du travail sans perte de salaires et l’augmentation du salaire minimum à 60% du salaire moyen (et non médian). C’est un point d’appui en Europe, auquel s’ajoute l’annonce du lancement du processus de reconnaissance de l’État de Palestine par Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol. Nous félicitons nos camarades de la Gauche Unie et du PC d’Espagne qui ont mené une bataille politique dure pour parvenir à ce résultat qui montre qu’il est possible de déjouer les plans de la droite et de l’extrême droite.

Vincent Boulet,
membre de l'exécutif national du PCF,
chargé des relations internationales

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