Publié le 08 décembre 2023

La rupture de la trêve à Gaza, qui s’accompagne du choix fait par le gouvernement de l’État d’Israël d’étendre les opérations militaires dans la partie méridionale de la bande de Gaza, et des actes d’expulsions de Palestiniens par les colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupées, entraîne une reprise des crimes de guerre et du massacre de masse.

La trêve aura démontré que seule la cessation des combats permet la libération des otages capturés par le Hamas et d’autres forces lors de leurs actions terroristes du 7 octobre. Cette démonstration s’impose y compris au sein d’une société israélienne plus fracturée que jamais.

La nécessité de la paix, juste et durable, n’est pas seulement une revendication théorique, lointaine, fondés sur des sentiments, si justes soient-ils. C’est un objet de bataille politique, sur du contenu politique. Dont la réalisation est l’objet d’un rapport de force social, politique et diplomatique. Posons donc les trois questions : celui des objectifs, celui des moyens et celui de la lutte.

L’objectif est clair : un cessez-le-feu permanent et général permettant la mise en œuvre des résolutions de l’ONU, c’est-à-dire la solution à deux États, impliquant la reconnaissance de l’État de Palestine sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. Donner au peuple palestinien la possibilité d’exercer sa souveraineté dans un cadre propre, aux côtés de l’État d’Israël, permettra de régler toutes les autres questions, y compris celle des colonies et du droit au retour. C’est surtout le cadre pour permettre un processus long de réconciliation. Cette solution est la seule possible concrètement. Nulle alternative crédible n’existe. Comme le dit fort justement le Parti communiste d’Israël, la crise actuelle remet justement la perspective et la nécessité des deux États sur la table.

Les moyens passent par l’imposition d’une pression diplomatique et politique internationale sur le gouvernement suprémaciste israélien. La France peut et doit y jouer un rôle. Il faut entendre les appels dans ce sens émanant des associations humanitaires qui crient la tragédie de la population civile gazaouie. L’activation de l’article 99 de la charte des Nations unies par le secrétaire général de l’ONU, démarche rare et forte, est un nouveau signal d’alarme. La lettre ouverte adressée par MSF au président de la République en est également un exemple. L’exigence d’une conférence internationale pour la paix se renforce. Des parlementaires français issus d’un large spectre politique relaient cette demande, ainsi que des acteurs de la société civile tels que Via Campesina, et des gouvernements à l’image de celui de la Chine. Notre pays doit les appuyer et, pourquoi pas, faire la proposition de l’héberger. Par ailleurs, un conseil européen se tiendra prochainement, les 14 et 15 décembre. La France doit proposer d’augmenter concrètement la pression sur le gouvernement israélien en demandant la suspension de l’accord d’association UE-Israël tant que le droit international n’est pas respecté. Ce serait un acte fort marquant l’engagement de notre pays pour la sécurité commune et le droit international.

Enfin, les luttes. L’élargissement du mouvement pour la paix de sorte qu’il puisse faire pression sur les gouvernements est un impératif. Il ne peut se faire que sur des mots d’ordre permettant aux forces de paix, aux forces progressistes de s’y retrouver. C’est-à-dire sur un contenu politique contre les logiques de haine et de guerre qui ont trop ensanglanté le Proche-Orient, pour faire prévaloir l’exigence d'une paix dans la justice et la démocratie entre les peuples palestinien et israélien. C’est dans ce sens que les communistes français, ses militant.e.s, ses élu.e.s se mobilisent pleinement.

Vincent Boulet,
membre de l'exécutif national du PCF
chargé des relations internationales