Une délégation du PCF, conduite par Fabien Roussel et composée de Charlotte Blandiot-Faride, de Philippe Rio et de Vincent Boulet, s’est rendue dans l’État d’Israël et en Palestine du 3 au 6 mars dernier.
Elle revêt une importance politique cruciale car elle fut la première représentation de parti politique français et européen à se rendre dans la région depuis le 7 octobre. Elle y a rencontré des acteurs palestiniens, en premier lieu le Premier ministre de l’Autorité Palestinienne, mais également les comités populaires et les habitants des camps d’Aida (jumelé avec Grigny) et de Jalazone, ainsi que le Parti Populaire Palestinien.
A Jalazone, nous sommes arrivés alors qu’était organisée une veillée funèbre à la mémoire d’un jeune de 13 ans assassiné trois jours auparavant par une incursion militaire israélienne.
En Israël, nous avons échangé avec la direction et les députés du Parti communiste d’Israël, dont Ofer Cassif, toujours menacé de poursuites judiciaires, et avec Standing Together. Nous avons également rencontré des familles des victimes des attaques terroristes du Hamas du 7 octobre qui campent devant la Knesset pour exiger la démission du gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou.
Nous avons aussi été reçus par l’UNRWA, qui vit sous la menace de se retrouver sans financement à partir d’avril. Enfin, nous avons échangé avec l’Ambassadeur de France à Tel-Aviv et avec le consul général de France à Jérusalem sur les positions de la France et les initiatives que notre pays doit prendre.
Cette visite est évidement marquée par le massacre de masse en cours à Gaza par l’armée israélienne, avec la famine et les épidémies qui s’y installent, alors qu’environ 200 000 Gazaouis sont laissés sciemment sans ressource au milieu des ruines de Gaza et que l’aide humanitaire est bloquée par l'armée israélienne. Une offensive sur Rafah de la part de Netanyahou constituerait une intention génocidaire avérée alors que 1,7 million de Palestiniens y sont enfermés ; par ailleurs, en Cisjordanie, la politique de nettoyage ethnique de la part de l’armée et des colons s’aggrave, de même que les assassinats et les arrestations (plus de 400 morts depuis octobre !). L'enquête de la CIJ doit pouvoir se poursuivre et l’État d'Israël se conformer aux mesures exigées pour prévenir le risque génocidaire.
Cette délégation et ces rencontres ont été permises par les prises de position du PCF depuis le 7 octobre, exigeant, comme il l’a toujours fait, une solution politique à deux États vivant en paix et en sécurité côte à côte, en ayant condamné sans ambiguïté les attaques terroristes du Hamas, et exigeant que les dirigeants de l’État d’Israël répondent de leurs crimes devant la justice internationale.
L’urgence d’un cessez-le-feu permanent est soulignée par tous nos interlocuteurs qui demandent également une action concrète de la France pour :
- Reconnaître l’État de Palestine. Contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron, la France ne resterait pas isolée, alors que d’autres pays européens ont annoncé leur intention de le faire, à l’image de l’Espagne et de l’Irlande. Ce serait un acte politique majeur qui changerait la situation politique générale, afin de reconnaître aux Palestiniens leurs revendications légitimes pour la réalisation de leurs droits nationaux, dans la perspective d’une solution de paix dans la justice avec deux États.
- Rétablir le financement de l’UNRWA, dont dépendent 2,5 millions de Palestiniens qui vivent dans des camps de réfugiés depuis 1948 et dont le droit au retour selon les modalités de la résolution 198 de l’ONU est reconnu par le droit international. La France a doublé sa contribution à l’UNRWA en 2023, ce qui est bienvenu. Il faut qu’elle débloque urgemment la tranche annuelle de 2024 alors que l’UNRWA n’a plus de ressources à partir du mois d’avril.
- La libération des otages détenus dans la bande de Gaza.
- La libération des prisonniers politiques palestiniens, en particulier de Marwan Barghouti.
- Augmenter le niveau des sanctions contre le gouvernement israélien et ses alliés. Si la suspension de l’accord d’association avec l’UE tant que le droit international n'est pas respecté est une revendication importante, il faut également des sanctions par la France contre les associations de colons.
Vincent Boulet
membre de l'exécutif national du PCF
chargé des relations internationales