Pour la souveraineté démocratique du peuple iranien

Publié le 18 février 2026

Rencontre entre le PCF et le Parti Toudeh d’Iran

Les représentants des directions du PCF et du Parti Toudeh d’Iran se sont rencontrés lundi 16 février. À l’issue de cette rencontre, les deux partis ont publié une déclaration conjointe (Déclaration du Parti Toudeh d’Iran et du Parti communiste français). Le Parti Toudeh d’Iran, fondé en 1941, est un acteur historique majeur de la lutte du peuple iranien pour la transformation démocratique et sociale de l’Iran et la souveraineté de la nation. C’est un ferme défenseur du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est au nom de ces principes qu’avec le Parti communiste israélien il avait publié une déclaration commune au moment de la « guerre de douze jours » contre les entreprises violant le droit international de Trump et de Netanyahou qui eurent pour conséquence de nourrir la propagande de la dictature théocratique au pouvoir à Téhéran. C’est un parti communiste qui paya lourdement le prix du sang durant la dictature (massacres de 1988). C’est un parti qui, à l’inverse d’autres organisations soi-disant d’opposition, ne bénéficie pas du soutien politique et financier des États-Unis, de l’Arabie Saoudite ou de l’État d’Israël. Le parti est interdit et militer dans ses rangs est passible de se retrouver pendu au bout d’une grue. Ses militants sont actifs en Iran et dans la diaspora.

Il est donc d’autant plus important d’échanger avec nos camarades iraniens qui nous ont fait part de quatre éléments :

  • Le soulèvement actuel n’est pas le fruit d’un complot. C’est une lutte de classes qui procède de la situation sociale catastrophique dont souffre le peuple iranien du fait de la politique néolibérale de la dictature et des sanctions imposées par les États-Unis et l’UE. 14 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté sur 91 millions d’habitants. L’inflation atteint 48 %. Depuis plusieurs années, les mobilisations sociales se multiplient en Iran, malgré l’absence de structures syndicales indépendantes légalement établies et la répression exercée par les Gardiens de la révolution, qui contrôlent par ailleurs 30 à 50 % de l’économie. Les syndicats et les organisations indépendantes sont interdits.
  • La répression atteint un niveau inédit de toute l’histoire de la République islamique. Le Parti Toudeh n’est pas en mesure de donner des chiffres précis, faute d’information réellement fiable. Mais les victimes se comptent en milliers. Des dizaines de milliers de personnes sont emprisonnées. Les familles doivent payer pour récupérer les corps de leurs proches.
  • Des tentatives d’infiltration et de provocations existent, venues tant du régime que des États-Unis ou du gouvernement israélien. L’objectif pour les États-Unis serait à l’heure actuelle d’opérer un changement de régime à « moindre frais », peut-être par une option « à la vénézuélienne » sans avoir à l’occuper militairement, ce qui représenterait un risque bien trop important.
  • Le régime n’est pas réformable. Les tentatives réformistes ont fait long feu. Il faut se débarrasser de la dictature par la mobilisation du peuple iranien, et non par une ingérence extérieure. Le Parti Toudeh d’Iran, depuis plusieurs années, propose pour cela aux organisations progressistes et patriotiques de constituer un front commun sur trois principes : la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des politiques néolibérales et un nouveau régime séparant l’État de la religion.

Le Parti Toudeh d’Iran montre qu’une alternative progressiste, démocratique, indépendante, est possible en Iran pour rendre au peuple iranien la voix souveraine dont les islamistes comme les relais de l’impérialisme (tels que les monarchistes) l’ont si souvent privé.

Article publié dans CommunisteS, numéro 1074 du 18 février 2026.