L'évolution de la situation au Sénégal est préoccupante.
Grace à une mobilisation populaire importante Macky Sall, président sénégalais sortant, avait fini en juillet dernier par céder en annonçant qu’il ne briguerait pas de troisième mandat et ce en cohérence avec la constitution du Sénégal. Il a également déclaré qu’il remettrait le pouvoir au président élu à l’issue de l’élection fin février.
Dans une région où fleurissent les coups d’État civils et militaires, c’était un signe positif même si l’élection présidentielle ne se présentait pas sous les meilleurs auspices puisque notamment deux ténors de l’opposition ont été exclus du scrutin.
Mais Macky Sall vient de rompre sa parole en décidant de reporter sine die l’élection présidentielle, ce qui est une première au Sénégal. Tous les démocrates de ce pays sont sous le choc et lui demandent de renoncer à ce qui s’apparente à un coup de force.
Le PCF partage leur consternation et leur exprime sa solidarité. Mais il n’est pas trop tard. Macky Sall peut encore revenir en arrière. Son mandat présidentiel s’arrête officiellement le 2 avril prochain. Si d’ici le 2 avril il ne renonce pas, le coup de force s’apparenterait alors à un coup d’État.
Les relations entre le Sénégal et la France sont étroites et multiformes et les rencontres entre les responsables politiques des deux pays fréquentes. Le Sénégal est le seul pays d'Afrique subsaharienne avec lequel la France tient chaque année un séminaire intergouvernemental. De multiples occasions pour aborder toute sorte de sujets avec franchise et respect existent donc.
Par conséquent le PCF appelle le gouvernement français à se faire le relais des très nombreux appels à la raison au président sortant sénégalais.
Parti communiste français
Paris, le 4 février 2024