Le carré rouge Une sépulture commune d'intellectuels et de militants communistes (9)
En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».
Arthur Dallidet 1906-1942, fusillé au Mont-Valérien le 28-05-1942 dirigeant du PCF et CGTU des usines Renault, responsable national aux cadres du PCF clandestin.
Jacques Solomon 1908-1942, fusillé au Mont-Valérien le 28-05-1942 physicien, membre du PCF et de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement (ITE), il enseigne à l’université ouvrière d’Henri Barbusse et Romain Rolland et dans les écoles du parti, rédacteur avec Politzer de la revue clandestine L’Université libre.
Félix Cadras 1906-1942, fusillé au Mont-Valérien le 30-05-1942, dessinateur en dentelles, secrétaire de la Région Nord du PCF, et fédéral du Pas-de-Calais, secrétaire à l’organisation au comité central, fonction qu’il assumera dans la clandestinité en lien direct avec Duclos et Frachon.
Georges Politzer 1903-1942, fusillé au Mont-Valérien le 23-05-1942, juif roumain arrive en France en 1921, professeur agrégé de philosophie, adhère au Parti en 1929, il enseigne à l’université ouvrière d’Henri Barbusse et Romain Rolland et dans les écoles du parti, rédacteur avec Solomon de la revue clandestine L’Université libre.
Henri Lozeray 1898-1952 ouvrier typographe, dirigeant des Jeunesses communistes, membre du Comité central et du Bureau politique du Parti communiste, député de Paris (1936-1940, 1945-1946), puis du Cher (1946-1951). il est arrêté en 1939 et condamné en 1940 par un tribunal militaire, comme les autres députés communistes et déporté à la Maison-Carrée, dans la banlieue d’Alger.
Maurice Lurot 1912-1953, métallurgiste, responsable CGT du 13e arrondissement de Paris, militant communiste, tué par la police. Le 14-07-1953, il participe à la manifestation organisée par le Parti et la CGT pour célébrer les valeurs républicaines en ce jour de fête nationale, à l’appel du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratique (MTLD) 6 à 8000 algériens y participent également, Place de la Nation la police tire sans sommation, six algériens sont tués ainsi que Maurice Lurot. Pendant quatorze ans les manifestation du 1er mai et du 14 juillet seront interdites.
Georges Dudach 1914-1942, fusillé au Mont-Valérien le 23-05-1942, il adhère à la JC en 1933, suit une école centrale du PCF et les cours d’économie de l’université ouvrière d’Henri Barbusse et Romain Rolland. Dans la clandestinité, adjoint de Pierre Villon, secrétaire général du Front National, il organise la Résistance à l’Université, et dans les Facultés, en lien avec Georges Politzer, plus particulièrement des groupements des intellectuels et leurs journaux, Université Libre, Lettres Françaises à la constitution desquels il participa dès octobre 1940.
Une mention est portée sur la sépulture, à la mémoire de Maï (Marie) Politzer née Larcade, 1906-1943 décédée en déportation à Auschwitz 06-03-1943
A l’arrière de la sépulture un bloc en pierre de taille sur lequel il est inscrit :
« Résurrection La Rose de Ravensbrück à mon frère Georges Dudach et à ses camarades ». Marcelle Dudach-Roset, la sœur de Georges a été à l’initiative de la création de cette rose et c’est le rosiériste français Michel Kriloff qui crée la rose « Résurrection » en 1975.
Gérard Pellois
Article publié dans CommunisteS, numéro 1079 du 25 mars 2026.