Le conseil national du PCF, réuni le 15 octobre, a adopté une déclaration importante sur les dramatiques évènements en Israël et en Palestine appelant à une large action pour la paix au Proche-Orient. C’est en effet d’une alarmante nécessité.
Un large rassemblement pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens est nécessaire.
Il importe d’être clair sur trois questions.
Premièrement : Les actes commis par le Hamas à l’encontre de la population civile israélienne doivent être condamnés comme relevant d’un terrorisme intolérable. Le Hamas est une organisation islamiste qui ne peut pas être considérée comme une expression du mouvement national de libération palestinien. La violence qu’il exerce à l’encontre des populations gazaouies, comme la liquidation de tous ses opposants laïcs et démocrates sont connues. Son histoire plonge dans celle des Frères musulmans. Sa charte fondatrice de 1988 fait référence aux « Protocoles des sages de Sion », faux antisémite forgé par la police tsariste pour encourager les pogroms auxquels se livraient les Cent Noirs à l’encontre de la population juive de l’Empire russe. Cela en dit également long sur les racines idéologiques nauséabondes des assassinats et des enlèvements de civils israéliens du 7 octobre. Un nouveau document, datant de 2017, nie toujours aussi frontalement l’existence de l’État d’Israël en soi. C’est remettre en cause toute perspective de paix juste et durable.
Deuxièmement : La condamnation des actions entreprises par le gouvernement d’extrême droite suprémaciste de Benyamin Netanyahou. En visant délibérément la population civile de Gaza, elles violent le droit international et constituent des crimes de guerre. Elles ne peuvent en aucun cas être considérées comme une riposte légitime aux abominations commises par le Hamas le 7 octobre. Gaza vit sous blocus depuis 2007. Sa population de plus de 2 millions d’habitants vit dans des conditions sociales et humanitaires insupportables. Le gouvernement de Netanyahou a été jusqu’à couper l’eau (maintenant rétablie dans le sud du territoire), l’électricité et les vivres. C’est une ignominie. Ses injonctions à évacuer le nord de la bande de Gaza place plus d’un million de personnes, d’hommes, de femmes, d’enfants dans une précarité et une insécurité insupportables alors que les bombes de l’armée israélienne s’abattent sur Gaza. Et que dire des déclarations honteuses du ministre de la Défense Yoav Galant qui ose comparer les Palestiniens à des « animaux humains » ?
Troisièmement : L’objectif de la paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens sur la base des résolutions de l’ONU ne peut pas être évoqué sans se trouver concrétisé par la demande de reconnaissance de l’État de Palestine par la France, dans la perspective d’une solution à deux États. L’appel à un cessez-le-feu, à la libération des otages, à l’arrivée de l’aide humanitaire et à la levée du blocus contre Gaza sont des mesures urgentes à prendre immédiatement. Ceux qui ont prétendu que la question palestinienne était une question secondaire et ne faisait plus partie des priorités diplomatiques ont commis là une faute majeure. Portent une lourde responsabilité ceux qui ont laissé sans rien faire les accords d’Oslo être enterrés par Ehud Barak et Ariel Sharon, la colonisation se poursuivre et se renforcer, puis qui n’ont pas réagi suite à l’arrivée au pouvoir de la coalition d’extrême droite lancer un processus d’annexion de la Cisjordanie, ceux qui n’ont rien trouvé à redire quand le gouvernement de l’État d’Israël a imposé un blocus sur Gaza en 2007 et qui n’ont rien fait pour qu’il soit levé.
Quelle déchéance depuis la visite de Jacques Chirac en Israël et en Palestine en 1996, qui amorçait concrètement le processus de la reconnaissance de l’État de Palestine ! Nul n’avait alors entendu les paroles visionnaires et inquiètes de Yasser Arafat exhortant à « donner une impulsion nouvelle et à sauver le processus de paix ». Les gouvernements français qui ont suivi ont fait le choix de laisser lettre morte cette reconnaissance, pourtant demandée par une déclaration votée par l’Assemblée nationale en 2014. La France peut et doit cesser sa politique d’abandon et de capitulation en prenant une initiative diplomatique pour un cessez-le-feu et pour la paix. Il y a urgence alors que le risque d’embrasement régional, s’étendant au Liban, à la Syrie, à l’Irak est extrêmement présent.
Pour le PCF ces trois impératifs sont indissociables et nécessaires pour construire les larges rassemblements pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.
Vincent Boulet
responsable des relations internationales
Jeudi 19 octobre 2023